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samedi 23 août 2008

Les hommes, les champignons et moi

Quand j'étais petit, mon Papa m'emmenait aux champignons dans la forêt d'Argonne. Je détestais cela, d'une part, parce qu'en Argonne, il pleut tout le temps, il y avait aussi de grosses limaces rouges (les plus grosses limaces rouges que j'ai vues de toute ma vie, d'ailleurs), et surtout, je ne voyais pas la queue d'un champignon, ou alors, quand j'en trouvais, c'était des gros moches et pas bons, ou alors des tout pourris desséchés qui poussent sur les arbres, voire des dangereux pour la santé, et même des mortels...
Lui, il ramenait plein de pieds de mouton, des trompettes de la mort et des girolles, c'était vraiment énervant : alors, il me disait, pour me consoler : "c'est le métier qui rentre, tu verras, tu finiras par les voir, toi aussi." Bon, il est mort un jour, et je ne suis plus jamais retourné aux champignons...
Ce qui est vrai pour ces aimables végétaux eucaryotes sporophores l'est aussi pour l'homo sapiens sapiens sexualensis... Je discutais avec un de mes (comment dit-on ?...)"contacts" il y a quelques jours et il me disait : "quand tu cherches, le mec le sent, et il fuit, parce que ça effraie..."
Je ne me souviens pas trop comment mon Père trouvait ses champignons, mais je me souviens qu'il ne les cherchait jamais, justement : c'est vrai. Il se baladait, il regardait les oiseaux, il regardait le ciel, les arbres, trouvait des tas de trucs bien pourris comme on en trouve dans les forêts humides (des lichens, des écorces pleines de vers, des cailloux aux formes rigolotes), et puis, pouf ! de temps en temps, un champignon comestible, il le ramassait, et pensait à autre chose. A la fin de la journée, il y avait cinq omelettes...
Tout cela me rappelle aussi une histoire que racontait Edmund Hillary (le néo-zélandais qui a grimpé sur l'Everest pour la première fois) : il était au Népal et cherchait des sherpas. Il en déniche deux biens, musclés, solides, de rudes gaillards. Ceux-là lui proposent de l'accompagner sur quelque montagne, histoire de l'entraîner avant de faire le grand bon en avant : ils partent donc à l'aventure ; les sherpas avec de simples sandales, Hillary avec un solide harnachement d'alpiniste, des masques à oxygène et tout le toutim... Ils grimpent, grimpent, les sherpas gardent le sourire, tandis qu'Hillary suffoque. Ils arrivent finalement au sommet de la petite montagne ; notre brave Edmund est tout interloqué, limite colère : "m'enfin, c'est injuste, vous êtes affublé comme des véliplanchistes et vous n'êtes pas épuisés, moi, je suis bien équipé et je crache mes poumons !". Les braves sherpas, un tantinet bouddhistes sur les bords, lui répondent, goguenards : "Pendant que nous montions, toi, tu ne pensais qu'au sommet, nous, au chemin : nous avons regardé le ciel, les nuages, les roches, la neige, les rivières, bref, nous avons profité du parcours, et toi, tu n'as rien vu..." C'est bon, non ?
Les champignons et l'Everest me permettent de rebondir sur l'interrogation de mon "contact" : oui, c'est vrai, si tu cherches, tu vas tomber sur des machins bien pourris, des types tristes, des qui cherchent aussi, souvent des cas (j'en ai une belle collection à mon actif, mais ayant moi-même beaucoup cherché, je suppose que je dois traîner cette même réputation de boulet chez nombre de garçons sensibles...). Ces aventures nous sont arrivées à tous : on est au bar, en boîte, au bordel, et le premier mec qui se jette sur nous, c'est un aigle qui fond sur sa proie, la langue pendante et le regard hormonalement suggestif, avec un peu de malchance, en prime, il est totalement bourré. C'est normal, il est à l'affut : il fait partie des chasseurs, qui attendent et dévorent...
Je n'aime pas les chasseurs, ils tuent des bestioles innocentes, ils attendent, tapis dans leur abri, ils appâtent, ils jouent faux, ils se lèvent le matin pour tuer. Je préfère le mec qui va aux champignons ; il part en balade, ramasse éventuellement quelques spécimens s'il en trouve ou rentre chez lui le panier vide, conscient d'avoir passé un bon moment, malgré tout...

"Un âne, pour le moins, instruit par la nature,
A l'instinct qui le guide obéit sans murmure ;
ne va point follement de sa bizarre voix
Défier aux chansons les oiseaux dans les bois :
Sans avoir la raison, il marche sur sa route."
Boileau, Satires : à Monsieur Morel, Docteur en Sorbonne

Parfois, il nous faudrait être des ânes, surtout en amour...
Bon vent !

Je reprends le micro parce que Tony Duvert est mort. Il n'était pas très connu mais c'était un époustouflant écrivain, très gênant sans doute. Je ne connais que le Journal d'un Innocent : une bouffée bien anachronique aujourd'hui, le droit des adolescents à jouir de leur corps comme bon leur semble, très dérangeant, très incorrect, daté, et à n'en pas douter, totalement mis à l'index aujourd'hui. Duvert, c'est cette période des années 70 où tout semblait possible, même les pires âneries, mais lui, il les décrivait avec un talent et une sensibilité on ne peut plus respectables. Je vous conseille de lire pour vous faire une idée, c'est une langue belle, datée, et ça nous change des délires narcissiques de cette banane de Christine Angot ou des outrages de ce crétin de Houellebecq (dont il est le précurseur, mais ces ânes-là l'ignorent sans doute).

Tony Duvert

mercredi 6 août 2008

Les Nouveaux Romantiques (Merci Karen !)

Bon, cinq points de moins sur votre brevet de pédale si vous n'avez pas saisi la référence...
Dans les petites annonces, ou même lors du premier rendez-vous, on affirme, souvent : "je suis assez romantique", ou, au contraire : "non, moi, les mecs romantiques, ça me gave."
Quelle image avons-nous du mec romantique ? Passionnément amoureux, épris de sensations fortes, plaçant le sexe dans son acception la plus sentimentale qui soit : le romantique ne baise pas, il fait l'amour. Le romantique, on se moque souvent de lui, ou au contraire, on l'envie. Romantique, nous ne sommes un peu tous, en début de relation, mais nous ne pouvons pas le demeurer longtemps, il s'agit d'une conception littéraire somme toute assez récente, qui n'a pas grand chose à voir avec le couple et sa pérennité... Explications.
Le romantisme remonte au XIXème siècle, et il nous vient d'Allemagne (le jeune Werther, à lire !) : l'amour absolu, l'étreinte, la passion, le corps, le détachement des choses communes pour accéder au paradis avec l'autre, notre moitié, à une forme d'amour proche de l'absolu, quasiment divin. Ophélie, chez Shakespeare, Werther, Adolphe chez Benjamin Constant, sont des héros romantiques. Ils sont jeunes, ils souffrent (le romantique doit souffrir pour accéder à l'absolu), et ne tardent guère à mourir.
Il y a en effet du chrétien dans le romantique, et ce n'est pas un hasard si des Vigny, des Chateaubriand ou des Lamartine ("ô temps, suspends ton vol"), ces auteurs chrétiens, sont aussi rangés parmi les romantiques.
La meilleure définition du romantique nous vient à mon avis de Madame de Staël (De la Littérature, II, 5) qui nous parle de "L'Incomplet de la Destinée" :

"Ce que l'homme a fait de plus grand, il le doit au sentiment douloureux de l'incomplet de sa destinée. Les esprits médiocres sont, en général, assez satisfaits de la vie commune ; ils arrondissent, pour ainsi dire, leur existence, et suppléent à ce qui peut leur manquer encore par les illusions de la vanité ; mais le sublime de l'esprit, des sentiments et des actions, doit son essor au besoin d'échapper aux bornes qui circonscrivent l'imagination."

Tout est dit dans cette simple phrase : le romantique ne peut se contenter de terre à terre, de quotidien ; selon lui, l'homme ne saurait créer que dans le sublime, au-delà du quotidien, sans quoi, sa vie serait vouée à demeurer morne et médiocre...
On devrait faire un procès à la de Staël, à cause d'elle, des tas de pédales pleines de bonnes intentions passent à côté de l'amour. Nous baignons, que nous le voulions ou non, dans ce magma culturel qui veut que l'histoire d'amour soit forcément sublime, presque divine, pratiquement détachée des choses terrestres. Alors, conformément à ce modèle, nous sommes démunis face à des choses très quotidiennes comme la lassitude, la routine, les habitudes, en gros, le "médiocre" aux yeux des romantiques...
N'oubliez pas : le héros romantique ne survit jamais dans la littérature, il est constamment insatisfait, et passe en général à côté de son destin. Je me demande si nous, surtout nous les pédés, nous n'avons pas dans nos gênes et notre éducation un conditionnement qui fausserait quelque peu notre image du couple... Bon, surtout surtout, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne généralise pas, mais chez beaucoup de jeunes, et de moins jeunes, on se paralyse un peu rapidement au nom d'une idée de l'amour qui n'est finalement qu'un petit délire littéraire...
Je laisse la parole à Chateaubriand, qui conclura mieux que moi (Les Martyrs, Génie du christianisme) :

"Cymodocée commençait à sentir une vivre frayeur, qu'elle n'osait toutefois laisser paraître. Son étonnement n'eut plus de bornes lorsqu'elle vit son guide s'incliner devant un esclave délaissé qu'ils trouvèrent au bord d'un chemin, l'appeler son frère, et lui donner son manteau pour couvrir sa nudité.
-Etranger, dit la fille de Démodocus, tu as cru sans doute que ce esclave était quelque dieu caché sous la figure d'un mendiant, pour éprouver le coeur des mortels ?
-Non, répondit Eudore, j'ai cru que c'était un homme.''"


Soyons tous des Eudore dans nos rencontres... ! Bon vent !

mercredi 23 juillet 2008

Etre et avoir...

Il existe une formule qu'on entend très couramment, que ce soit chez les hétéros comme chez les pédales : "je veux un mec". Accompagné parfois de ses variantes : je cherche l'amour, j'ai un mec, j'attends un mec, il me faut un mec.

J'ai, je veux, il me faut...

C'est sans doute là, dès l'origine, que le bât blesse. En effet, et c'est peut-être un des stigmates de notre époque, il semble qu'aujourd'hui, nous existions par ce que nous avons : on collectionne, on entasse, on empile ; des livres, des objets, des références culturelles, et des histoires d'amour aussi. Regardez notre président de la République : un magnifique spécimen de petit garçon qui veut, qui trépigne, qui désire, qui jouit de posséder. Il n'est que l'émanation sinistre de nos moeurs où l'avoir supplante l'être...
J'ai longtemps désiré avoir un mec et l'un d'entre eux me l'a reproché un jour. "Je ne suis pas ta chose...", m'avait-il dit. Que voulait-il signifier ? Nous entretenions apparemment une relation tranquille, claire, et où chacun semblait pouvoir s'exprimer sereinement, mais il se sentait malgré tout chosifié.
Tout cela m'a longuement interrogé. Je l'aimais, me semblait-il, l'écoutais, pensais à lui, lui téléphonais, on se voyait régulièrement. Alors ? Pourquoi "chosifié"... ? Quand on s'est séparé, je lui ai demandé là où j'avais failli, et il m'a redit : "je ne suis pas ta chose, tu n'as pas failli"
Effectivement : si vous utilisez mal un ordinateur, une voiture, une équerre à vapeur, un fer à repasser, il tombe en panne et vous "lâche" (on dit parfois aussi d'un mec qu'il nous a lâché, intéressant...) ; mais un mec ?? Ce n'est pas un objet, il ne se casse pas (se casser, comme une chose, encore) parce qu'on l'utilise mal, il est. Et vous, vous êtes. Point barre...

Avec le recul, j'ai compris ce qu'il voulait dire, ça m'a pris du temps : étant au centre de mes préoccupations, étant le coeur de mes attentions, étant l'objet de tous mes désirs, j'avais fini par oublier qui il était vraiment. Qu'il était lui aussi un garçon avec ses angoisses, ses envies, ses joies, ses troubles, ses peines, ses désirs. Etant à l'affût du moindre stigmate amoureux, du premier soupçon de je t'aime, j'en oubliais de le lui dire, et de faire attention à lui.
Ce n'était pas le garçon avec lequel je vivais, c'était MON mec, c'est-à-dire une sorte de tamagotchi rigolo et bien monté avec lequel j'allais au cinéma. Il est parti, il a eu raison.
Il ne faut pas chercher à avoir l'amour, il faut être amour. S'écouter et écouter l'autre, se rendre compte qu'il existe et exister. Etre amour, c'est bien plus difficile, cela demande une conscience aigüe de ses limites et de celles du mec qui partage notre vie (je ne dis pas "de son mec", bannissons l'adjectif possessif). Etre amour, c'est vivre normalement, sans soubresaut excessif, c'est écouter, interroger, sourire.
Tout cela est vague, je vais donner un exemple. Votre mec (purée, ces adjectifs possessifs..., appelons-le Arthur) n'est pas un bibelot. Le soir, quand vous lui téléphonez, si vous avez eu une sale journée, il doit le sentir, ce n'est pas interdit. Ne vous interdisez rien, ne vous contenez pas. Le pire, c'est se forcer, par exemple, je ne savais pas dire autre chose à Arthur que "ça va, tu as passé une bonne journée ?" ; c'en était rituel. J'effaçais ainsi deux personnes d'un coup par cette simple phrase : moi, qui m'oubliais, et lui, qui était forcé de répondre oui. Voilà comment le faux s'instille dans la relation.

Quand on veut quelque chose, et bien fatalement, on va avoir peur de le perdre. Alors on ménage, on chouchoute, on fait briller ; bref, on chosifie, on met sur un piédestal, on oublie l'autre, paradoxalement, alors que c'est exactement le contraire qui est recherché....
Je n'ai pas de recette à vous donner, d'ailleurs, je doute qu'elles existent. Soyez attentifs à vous-mêmes, c'est paradoxalement la seule clef, celle qui vous donnera accès à l'autre.

Bon vent !

"Mon âme, quand seras-tu persuadé que tu as tout en toi ?"
Marc Aurèle, pensées pour moi-même.

"Alors quoi ? Tu ne vas pas faire ton possible pour montrer que tout le monde perd son temps à courir après le superflu et que beaucoup d'hommes ont passé leur vie à rechercher les moyens de vivre ? ... Tu me demandes quel mal il y a ? Un mal infini : ils ne vivent pas, ils attendent de vivre. Ils remettent tout à plus tard. Même si nous faisons attention, la vie aurait toujours sur nous une longueur d'avance. Mais, comme nous nous attardons, elle passe comme si elle n'était pas à nous et, si le jour dernier l'achève, elle meurt un peu chaque jour."
Sénèque, lettres à Lucilius, Apprendre à vivre, lettre LII.

mercredi 9 juillet 2008

Trouver un mec en 10 leçons

Ce blog existe depuis maintenant cinq mois. Il parle d’amour pédé, de drague, des codes et de certains travers de notre communauté... Un blog à quatre mains, un projet à deux. A l'origine, et avant ce blog, il y a eu un autre projet, lui aussi à quatre mains : un livre, Trouver un mec en 10 leçons.

Ce bouquin, c'est à la fois une méthode infaillible pour trouver un mec, le guide destiné à toute pédale qui ne souhaite plus vivre seule, une démystification de la drague et de ses codes... Pour le dire en deux mots, un livre indispensable :-D . Nous avons voulu écrire un vrai guide, drôle, qui aide le débutant, rassure le trentenaire, encourage les autres. Nous avons voulu vous faire part de nos expériences, nous les avons étudiées, parfois un peu brocardées, et ce livre est né, aux éditions Textes Gais.

Nous espérons que les lecteurs s’amuseront à le lire autant que nous nous sommes amusés à l’écrire, et que, qui sait, ils trouveront l’homme de leur vie. Et si c'est le cas, nous les invitons à venir nous le raconter ici. Parce qu’évidemment, le blog continue. L’amour est un vaste sujet, infini, et des idées, nous en avons des milliers.

Pour les parisiens, il est disponible aux Mots à la Bouche. Et pour les autres, on le trouve ici, , et .

Nous attendons vos réactions, vos critiques, vos déclarations d'amour, vos numéros de téléphone :-D , et … vos histoires, évidemment !

Jérôme & Philippe

trouver un mec en 10 leçons

samedi 19 avril 2008

des goûts et des couleurs

Rimbaud, dans Voyelles, s'était amusé à associer sensations, couleurs et lettres, et force est de constater qu'il avait vu juste, le bougre. Les sentiments, les souvenirs, se teintent, avec le temps, d'une nuance, d'une ligne directrice plus ou moins monochrome. L'idée de ce blog permet parfois de poser des mots sur les choses, et d'illustrer quelques idées qui partiraient au gré des vents sans être jamais fixées. Donner une couleur à ses ex, quelle drôle d'idée. Et pourtant, avec le temps, ce sont des couleurs qui reviennent. Moi, j'ai eu l'ex vert, l'ex rouge et l'ex bleu. Le vert, le premier amour, où tout était improvisé, ou chacun découvrait une nouvelle vie, de nouvelles identités, de nouvelles sensations. Avec l'ex vert, les choses étaient neuves, les visites, les bars, les boîtes, les sorties, les amis. L'ex vert, comme un fruit à peine éclos, était un peu acide, était pétri de fougue et de jeunesse, se cherchait autant qu'il me cherchait. L'ex vert a fini par mûrir, et s'en est allé, un jour. Je sais qu'il va bien. Quelques années plus tard, après désillusions, faux espoirs, enthousiasmes débridés, soirées arrosées, arriva l'ex rouge, rencontré dans un bordel. L'ex rouge, était un sanguin, un vif, un vrai lion (c'était d'ailleurs son signe astrologique). L'ex rouge, il était forcément gay ou triste, hésitant ou sûr de lui, il ne connaissait pas la nuance. Il était empreint de sauvagerie et d'animalité. L'ex rouge, c'est le mec parfait avant trente ans, il est blindé d'énergie, de désirs, d'envies de tous ordres ; il est reparti un jour, sans regarder en arrière, et son énergie souffle encore. Et puis il y a l'ex bleu. La couleur des sages, des calmes, des tranquilles. L'ex bleu n'élève pas la voix, il attend, écoute, pense sans doute beaucoup mais laisse venir. L'ex bleu est forcément plus mature, il en a vu autant que vous, il est à la frange entre l'espoir, forcément l'espoir, et la désillusion. L'ex bleu lit beaucoup, s'informe, partage, enrichit autant qu'il s'enrichit. Lui aussi, s'en est allé, et doit décorer d'autres vies, calmement, à son habitude... Vert, rouge, bleu, quelques couleurs qui ont coloré une vie, et qui, avec le temps, dessinent une bien jolie fresque.