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Tag - collection coucher avec...

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dimanche 7 décembre 2008

Champs-Elysées

C'était sur un réseau tout ce qu'il y a de plus réseau ; depuis deux ans que je fréquente ce machin auquel je ne comprends pas toujours grand-chose (entre les descriptifs ultra-perfectionnés que personne ne lit, les propositions et les items aussi proches de la réalité qu'un discours de Roselyne Bachelot sur le VIH, les payants pas vraiment payants et les gratuits pas toujours gratuits, je suis perdu dans mes repères...), bon, toujours est-il qu'il y a une fonction que j'apprécie particulièrement : qui est venu vous visiter ? C'est crétin, mais ça évite nombre de râteaux, au moins, vous avez la vague impression que le mec en face pourrait être intéressé si vous le contactez, ce que je ne manquai pas de faire ce soir-là.
Il me réponds, aussi sec, et rendez-vous est pris pour le lendemain. Mal à l'aise il était ce garçon, pourtant, j'avais bien rangé mon appartement tout repeint, tout joli, je lui propose un verre d'eau (c'est le seul truc qui me vienne à l'idée dans ces cas-là) et après s'être désaltéré, nous faisons plus intimement connaissance. Bon, il faisait partie de ceux qui m'ennuient prodigieusement : les mecs qui n'embrassent pas. Des fléaux, ces trucs-là. Il y en a deux sortes : ceux pour lesquels embrasser signifie mettre dans la partie de cul une once de sentiments, et là, c'est péché, ou (et mon visiteur appartenait à cette deuxième catégorie), ceux qui croient encore qu'ils vont attraper plein de maladies en mélangeant leur salive à celle d'un inconnu. J'explique vaguement qu'il ne risque pas la mort, mais bon, visiblement, il y avait un véritable chantier à entreprendre, donc, nous nous activons à la tâche. Le fait est, quand le mec n'embrasse pas, c'est embêtant, à part les tétons, quelques caresses, et deux trois bricoles, ça limite le champ des possibles (il se faisait sucer avec capote aussi...). Finalement, la chose se termine vaillamment et triomphalement, même s'il ne pouvait s'empêcher de me poser des questions sur mon boulot, ma vie, mon oeuvre tandis que mes yeux étaient face à son nombril (si vous voyez ce que je veux dire...).
Lorsqu'il but finalement son verre d'eau, il me demande mon âge. Bonne fille, je lui dis la vérité, après tout, on avait déjà baisé, et là, il me répond : "Mais c'est génial, tu as dû connaître Champs-Elysées" (pour les plus jeunes d'entre vous, c'était une émission de variétés très Carpentier dans l'âme présentée par Drucker, déjà...). Quelque part, je me dis que là, ça y est, les jeunes nous ont envahis, jusque dans nos maisons, il y a des gens qui n'ont pas connu ce que j'ai connu ; je passerai sous silence toutes formes de commentaires sur cette extraordinaire référence télévisuelle. Je suis bien obligé de lui répondre par l'affirmative, bizarrement, ça ne me fait pas drôle, au contraire, ça donne un début de respectabilité. Toujours est-il que ça m'a bien fait rire.
Bon vent !

dimanche 20 juillet 2008

Coucher avec un touriste

De temps en temps, au coin d'une rue, il existe des preuves tangibles que le monde gay existe, qu'il est solidaire, qu'il porte en lui une empathie, un partage...
Juillet est un mois merveilleux ; à Paris, les visages changent, de nouvelles têtes font leur apparition, on se surprend à reparler anglais, allemand, espagnol. Un flot de touristes pénètrent la Marais. On les reconnaît facilement : ils ont le même plan, ils fréquentent les mêmes lieux : Le Dépôt, le Central, l'Open, ces établissements qui sont dans tous les guides.
Ils prennent un verre, et nous regardent du coin de l'oeil. Hier, j'en ai rencontré un. J'aime bien les étrangers, je me suis toujours dit que mon prochain mari (oui, je suis contre le mariage gay, et pourtant je dis "mari", il y a une nuance...) ne parlerait pas ma langue. Il y a quelque chose chez ces mecs : de la douceur, la soif d'apprendre, le sourire, l'échange ; et puis, il leur manque cette musique névrotique très française dont il faudra que nous causions un jour.... On se sent également plus à l'aise avec eux, l'impression d'avoir moins de choses à justifier, à expliquer, je ne sais pas... Immédiatement, on sort des lieux communs, on parle de pays, de cultures, et dans le même temps -et c'est ce qui fait la magie de notre communauté- on se rend compte que nous avons eu la même vie, les mêmes questions, sur nous-mêmes, nos ex, notre tronche, notre estime de soi.
Ce touriste venait de Sacramento, il vote Obama, il était paumé, sans hôtel. Evidemment, je suis une tapette intégrale et triomphante ; pas sûr que s'il avait eu 60 balais, des cheveux blancs, une sale tronche, je lui aurais proposé de dormir chez moi, mais que celui qui n'a jamais péché etc. etc. Je l'ai raccompagné, on a parlé, un peu dîné. Ce qui est fascinant avec les touristes, c'est qu'on touche du doigt une véritable internationale gay, une communauté au sens le plus humain du terme. Il y a des gestes, des expressions, des mimiques, des sourires, des craintes, des complexes, qui montrent que nous sommes tous faits du même bois, qui montrent que le magnifique petit papillon arc en ciel nous a tous survolés quand nous étions dans notre berceau. J'ai passé une belle nuit, et cet inconnu aussi. Là est l'essentiel, mais il y a aussi le principal : chaque type est unique, mais chaque type est également membre d'une bien belle famille, qui est prête à nous accueillir les bras ouverts, pour peu qu'on se force un peu la main.

Nota bene : sur Adventice, Trouver un Mec en 10 leçons a enfin dépassé le Big Penis Book, l'amour dépasse la grosse queue, on est sur la bonne voie, non ? Merci à vous...

Bon vent !