C'est la rentrée !
Par Jérôme le vendredi 28 août 2009, 18:44 - my men and me - Lien permanent
Je ne sais pas vous, mais moi, je frétille comme un gamin une bonne semaine
avant la rentrée scolaire. Comme tous les profs qui se respectent, mon
calendrier est très différent de celui du commun des mortels. Les années
commencent en septembre, s'achèvent en juin. Les deux mois de vacances
scolaires sont "hors du temps", comme dans le calendrier maya : liberté,
frénésie, aucun horaire, aucune règle. On se lâche, au sens primal du terme.
Après ces deux mois de liberté, il faut rentrer, en même temps que l'automne.
Temps des bilans, des résolutions, ayant en ligne de mire le mois d'avril et le
printemps.
C'est sans doute pour cette raison que l'été connaît un développement hormonal
relativement hors du commun : en deux mois, soyons honnêtes, j'ai dû
niquer près d'une cinquantaine de mecs (partouzes comprises). C'est dingue
quand on y pense. Je raconte une anecdote, véridique, et je conclus
doctoralement, parce qu'il y a une morale, me dis-je.
C'était donc dans les dunes : petits groupes qui se reniflent, moyenne
d'âges d'environ 58 ans, pas franchement de mecs glamours. Bon, je ne suis pas
une bombe, non plus, mais j'ai encore mes exigences. Je repère LE beau type, le
suit, timidement (je précise, c'est nudiste, on est tous à poil là dedans) et
il m'ignore, copieusement. C'est souvent comme ça : on attire ceux qu'on
ne veut pas, etc. etc. Le jeu se met en route, ça tourne, ça mate, ça
transpire, ça s'excite trop pour ne pas tenter quelque chose. Le beau mec entre
dans un buisson, se fait sauter dessus par quatre types, franchement pas
terribles. Je me dis, insère-toi : tout se passe avec un succès non
démérité. Le type se fait prendre par quelques mecs (votre serviteur participe,
qui avait une capote sous sa casquette) et la chose se déroule dans la bonne
humeur.
Au moment de se rebraguetter (c'est une image) pour aller piquer une tête dans
la Méditerranée, un pépé, genre Tom Bombaldil assis sur une souche, me regarde
en souriant. "C'était bien" me dit-il (il me semble que ses propos
étaient affirmatifs), j'opine. Il poursuit : "Quand je pense que j'ai
60 ans, j'aurais dû en profiter un peu. Moi, je préfère les femmes, parce
qu'elles crient plus, mais là, franchement, j'ai aimé." Il était vraiment
touchant, d'honnêteté, de candeur, il avait envie de s'informer, il était open,
et on a causé. Il termine par : "Tu as remarqué, je ne vous ai pas
dérangés", ce qui vu le contexte, était vraiment drôle.
Bon, ben c'était un plan cul parmi d'autres ; vous avez échappé à la salle
de sport hétéro, aux Tuileries, à Jaurès, au jogging aux Buttes Chaumont, au
mec de 18 ans, aux plans Aka Aki et Grindr et à l'addiction qu'ils
engendrent.
Je vais cependant en tirer une leçon : nous avons des périodes de cul,
c'est normal et logique. Et nous en profitons, cela se fait dans la bonne
humeur, la prudence, la convivialité et le respect de chacun. Ce vieux mec, je
ne le connais pas, mais c'est un fait, j'aurais aimé qu'il eût ma chance. Il
avait l'air un peu dépité, et m'a vaguement fait comprendre, que nous autres,
pédales bientôt quadragénaires, nous connaissions peut-être notre chant du
cygne. Ces périodes hors du temps, il faut que chacun se les octroie :
être dans le non-jugement, lâcher-prise, aimer ce que nous sommes et
s'épargner. Ovide nous invitait à entr'ouvrir notre porte, je pense que la
leçon ne doit jamais s'arrêter de porter.
Profitez-en, protégez-vous et bon vent !
"Portier, toi que chargent, ô indignité ! de lourdes chaînes, fais
rouler sur ses gonds cette porte rebelle. Ce que je te demande est peu de
chose : entr'ouvre-la seulement, et que cette demi-ouverture me permette
de me glisser de côté ; un long amour m'a assez aminci la taille, et a
rendu mes membres assez maigres pour qu'ils puissent y passer ; c'est lui
qui m'apprend à m'insinuer sans bruit au milieu, des gardes, c'est lui qui
guide et protège mes pas. Autrefois je redoutais la nuit et ses vains
fantômes ; je m'étonnais qu'on pût marcher au milieu des ténèbres ;
alors Cupidon se prit à rire avec sa tendre mère, assez haut pour se faire
entendre de moi ; puis il me dit tout bas : "Toi aussi tu deviendras
brave." L'Amour vint me surprendre bientôt, et maintenant je ne crains ni les
ombres qui voltigent dans la nuit ni la main meurtrière armée contre moi."
Ovide-De l'Amour. Elégie VII.
Commentaires
sympa ton billet, pas besoin d'aller à san francisco ou bangkok pour les vacances, mais le chant du cygne j'y crois pas; quand on a été un peu addict du cul ,et qu'on a sa petite hygiène de vie, ça ne s'arrête pas vraiment, ça continue sur un mode plus modeste,et tout est relatif, c'est tout; mais c'est peut etre ça que certains acceptent mal, avec le fait de moins seduire ; Pour ne pas perdre la main il y a webcam pour les entraînements à distance,et la pilule bleue,véritable prothèse qui rassure les inquiets et leur donne la virilité qu'ils n'ont jamais eu. il parait meme qu'à l'heure de la toilette dans les maisons de retraite,les aides voient de belles érections,jadis aspergées à l'ether pour faire passer l'envie, les salopes!
Bonne rentrée
Toi, tu écoutes France culture...
Ah ! le soleil, la mer et le sable comme il était beau mon légionnaire... attention Jérôme une surdose de sexe "bleu" nous apportent l'amour éternel...
Oui, je sais Jérôme j'écoute trop de Gainsbarg!!!!
Qui est l'enculiste qui a éteint la lumière ? Je me suis pété la gueule dans les escaliers en arrivant ici ! (Bref, caca ton design noir :op)
Joli ta version du Crépuscule des Dieux (MOUHAHAHAHAHA, c'te référence).
Bisous et bon courage pour ta rentrée ma connasse favorite
Sérignan?
Dis donc, c'est laquelle de plage de gay que tu fréquentes ?
c'est étrange. touchant, mais dans un sens inverse que mon, mes expériences récentes.
cette année fut annus horribilis en terme de sexe pour moi : quatre, cinq mecs maxi ? d'abord parce que j'ai encore des pbs avec mon physique - j'y reviendrai. ensuite, et c'est surtout là le plus important, moi j'ai eu besoin de faire une pause : n'ayant quasiment de ma vie entière jamais dragué, ne m'étant quasiment jamais fait draguer (ou ne l'ayant pas vu), j'avais réduit ma sexualité à de pauvres, bien pauvres expédients - que je ne méjuge pas mais dont j'ai fait mon deuil cette année : parcs, extérieurs, bars à cul, saunas (etc.), le lit restant l'exception. les anti-d aidant + une pseudo-rupture fin décembre, j'ai décidé d'arrêter tout ça, de faire une pause. premier garçon : avril 2009. féérique. du cul, mais version luxe, haut de gamme. mais bon, il m'a - et moi aussi je me suis - réconcilié avec mon physique. lui et les qqs autres. pourquoi ? parce que nous nous sommes D-R-A-G-U-É-S. il me plaisait, physiquement - lui et pas un autre, je lui plaisais, physiquement - moi, et pas un autre. j'en savais sur lui avant, et lui en savait sur moi : ce qu'il aimait, ce que j'aimais. pas tout. juste assez pour avoir envie de finir la nuit ensemble. c'était le début de la réappropriation de mon corps.
ce sera long. et j'ai l'impression d'avoir perdu du temps, perdu mon temps à faire compliqué quand je pouvais faire simple alors que j'ai fait compliqué. m'enfin...
le truc (assez) rassurant : tous les mecs que j'ai voulus cette année, je les ai tous eus. et ceux que j'ai pas eus, c'est qu'entre temps ils s'étaient maqués en "couple stable (et distant...)". mais y avait eu moyen à un moment.
désolé de la place que j'ai prise. ^^ en espérant que tu ne m'en veuilles pas