Leurs bibliothèques
Par Jérôme le lundi 3 août 2009, 19:13 - my men and me - Lien permanent
Il y a ceux qui en prennent soin, la rangent consciencieusement,
l'actualisent, trient par thème et ordre alphabétique. Les romans, les essais,
les revues : chaque chose est à sa place. Vous glissez un doigt (sur les
rayons), pas de poussière. Les classiques sont là, j'ai remarqué qu'il y avait
beaucoup de littérature contemporaine. On y retrouve aussi, immanquablement,
quelques chroniques de San Francisco. Ces garçons-là sont ordonnés, calmes,
plutôt cultivés et prévisibles.
Il y a ceux qui ne rangent rien, mélangent, entassent et font tomber. Des
piles sur les cartons, de tout, des choses lues, d'autres ne le seront jamais.
Tout s'y côtoie, le pire comme le meilleur : des livres sur l'Antiquité,
des Philippe Roth, un Bernard Schlinck et un Ralf Köning. Ces garçons-là
risquent de vous surprendre, ils ne sont pas très rangés, ne savent pas trop
s'organiser, et sont assez peu sûrs d'eux.
Il y a ceux qui sont monomaniaques : récemment, j'étais chez un mec qui
n'avait lu que des livres en rapport avec la Révolution Française. Des
biographies, des essais, des romans : tout s'enchaînait autour d'un seul
thème. Ils sont fiers de leur érudition, mais et c'est heureux, n'en parlent
guère. Ce ne sont pas de grands lecteurs, vous risquez peut-être de vous
ennuyer.
Il y a ceux qui ne lisent pas mais ont tout de même une bibliothèque. Vous
les reconnaissez facilement, ne figurent que les romans et recueils enseignés
au lycée (pour l'instant en tout cas ; il paraît qu'Amélie Nothomb entre
au programme de Première). Du Flaubert, du Daudet, du Maupassant et les
Contemplations. Les tranches sont peu usées. Dans les deux derniers rayonnages,
il y a des DVD.
Et puis il y en a d'autres, et d'autres encore, qui ne regardent même pas
vos étagères, qui vous écoutent, et vous apprécient, simplement, pour ce que
vous êtes, dites et faites. Ceux-là sont légions, mais on les repère moins
facilement.
Bon vent !
"Reconnaître que l'âme de l'homme est inconnaissable est le suprême
accomplissement de la sagesse. Le mystère final est soi-même."
Oscar Wilde-De Profundis.
Commentaires
Bon, bon, bon. Nous, on sait dans quelle case tu nous as mis... mais toi.... tu es où, là-dedans?
Et quand on n'a pas de bibliothèque et que les bouquins traînent un peu partout (jusque dans la salle de bain), ça veut dire quoi ? C'est grave ?
Oups, merci à tous les deux. Vos questions montrent que j'ai mal fait passé mon propos. Il ne s'agissait pas de cataloguer, mais au contraire de montrer que le fond l'emporte sur la forme ; la citation en fin de billet est en général là pour guider sur la double lecture de chaque post. Je referai ça plus clairement, merci
Purée j'ai du mal avec l'iPhone, la faute d'orthographe qui précède est injustifiable, mais impossible de revenir en arrière
Il y a ceux qui croient que la qualité du papier utilisé par l'imprimeur est proportionnelle au talent de l'auteur, papier broché, papier collé. Il en va de même pour la couverture de l'ouvrage. Je fais partie de ceux-là... Pourtant nombreuses émotions littéraires m'ont été donné par la lecture d'un folio.
Il y a encore ceux qui traînent leurs guêtres à la bibliothèque municipale. Et puis il y a ceux qui aiment lire...
Il manque ceux qui n'ont pas de bibliothèque car toujours en vadrouille ou pour qui les livres sont à échanger, à partager, à donner.