Soulagement
Par Jérôme le mercredi 27 mai 2009, 02:08 - my men and me - Lien permanent
Je me souviens. C'était il y a environ trois ans, une conversation au
téléphone. Ce fut très simple. Je me souviens, je sortais d'un film que j'avais
trouvé mauvais, que j'avais quitté à mi-chemin. Ce film (La Môme), je le revis
depuis, chez des amis, il ne fut pas si mal. Je me suis évadé du MK2, j'avais
besoin de trouver un interlocuteur, et je n'avais personne. Alors, je t'ai
téléphoné. C'était la première fois depuis le fameux mail... Machinalement, ton
numéro s'est naturellement composé : formidable, cette technologie
nouvelle, qui brise d'une part, et rapproche de l'autre. Tu décrochas, aimable,
sans doute, même, souriant. La conversation dura peu de temps, mais il est une
phrase qui depuis, me hante : "je suis soulagé". Je vais être
franc, c'est moi qui ai introduit le thème : "Alors, soulagé ?", et ce
"oui", à peine murmuré, résonne encore.
Soulagement.
C'est donc ce que tu exprimas. Je le l'ai pas un seul moment envisagé. Je me
doutais que tout n'allait pas si bien à ton regard. J'avais bien perçu quelques
défaillances, mais pas une seule seconde j'ai pu envisager qu'elle fussent de
ma plus stricte responsabilité. Tu me l'accordas d'ailleurs, quelques temps
après : nous étions deux ; après tout, c'était d'une histoire dont il
était question, pas d'un règlement de compte. Cette histoire, il aura fallu
pourtant la "régler", et tu me fis comprendre que les responsabilités étaient
partagées. Pourtant, tu as employé ce terme : "soulagé". Il a
fait mal. On soulage la douleur. En ai-je été une ? On soulage d'un
fardeau. Fut-ce à ce point ? Il me semble que non.
Soulagé, pourtant... Les fins d'histoire sont rarement paisibles, c'est un
fait. Je l'admets. En tous les cas, elles ont cette fâcheuse tendance à
littéralement anéantir ce qui a pu être. Disons, pour rester modeste, avoir
été... Pourtant, tu le sais, sans doute, l'espérè-je en tout cas, j'ai fait en
sorte de... J'ai fait de mon mieux. Je t'avais rencontré, je me suis lié,
contre mon gré, c'est un fait, je me suis habitué, nous avons cohabité et je
maintiens que ce ne fut pas si mal. Nous avons même été un couple, c'est
dire... Tu as été soulagé, et pourtant, je le sais, nous ne fûmes l'un pour
l'autre simplement ni fardeau, ni douleur. Les écrivains d'aujourd'hui
appellent cela de la lassitude, quel mot de merde... Il ne veut rien dire, et
pourtant, il en dit tant.
Soulagement... Ce nom commun fait mal. Je n'ai pas pensé une seule seconde de
ma vie qu'être hors de portée de quelqu'un eût pu lui faire du bien, moi ne me
suis jamais vraiment jugé malfaisant. Voilà où mène parfois l'amour... Et
pourtant, ce fut l'amour, non ?
Tout cela est décidément bien compliqué. Les esprits étriqués diront que nous
n'avions pas été faits l'un pour l'autre, pourtant, ce fut le cas. Paradoxes,
paradoxes, encore et encore. De cette complexité naissent des royaumes, et à
admirer ce paysage, je suis, à mon tour, soulagé...
Bon vent !
"Personne n'allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le
boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la
lumière." Luc 11-33.


Commentaires
on peut aussi se sentir soulagé de ne plus être responsable du bonheur de l'autre, sans que ce dernier n'ait été une douleur ou un fardeau ;
j'ai ressenti ça parfois en quittant quelqu'un ;
très beau post comme d'hab
Si l'écriture est un soulagement...
Le soulagement à lui seul n'est-il pas une forme de bonheur et de gaieté... j'aime ce passage de l'inquiétude et du soulagement mutuel, ils sont une allégorie qui représente le caractère et les effets de l'amour.
"On peut aussi se sentir soulagé de ne plus être responsable du malheur de l'autre." bradshaw
Et dans la foulée on peut aussi se soulager d'une envie de jouir, être soulagé par un malentendu soudainement désamorcé ou encore d'une responsabilité injuste...
Quelque chose cloche dans ce billet, je ne sais sur quel ton le (re)lire. Comme si tu tenais dans l'urgence à nous faire partager une version trop honnête de ton point de vue sur cette rupture, comme si tu voulais te disculper. Le problème, avec ce genre de post, réside dans le manque d'informations : l'histoire, on ne la connait pas. Ce qui nous empêche de confronter le "soulagement" de cet ex avec tes arguments.
Ps : "Il ne veut rien dire, et pourtant, il en dit tant." : je n'ai pas compris cette phrase, avec ou sans le contexte...
Ps² : Tu vas me prendre pour un chieur, mais j'essaie de comprendre, hein ! ^^
Ah c'est marrant, je n'avais pas vu ça comme ça. Me disculper, non, il n'y a pas vraiment de faute, et puis c'est en partie fictionnel, en partie réel tout cela. L'idée était de poster sur le besoin de s'évader alors qu'on a aimé, sur ce paradoxe, mais j'ai mal dû m'y prendre...
Tu n'as jamais envisagé qu'il ait pu être soulagé d'avoir enfin réussi à te dire "Je pense que nos routes intimes doivent se séparer, même si je t'aime bien" et non d'être soulagé de ta personne ?
Hein ? :p
Crois un peu ce qu'on te dis quand on te dis que tu es adorable au lieu de n'entendre que les choses négatives que tu veux entendre pour te conforter dans une demie dépression latente, petit con ^^