Sans nul doute de tes yeux les larmes ont débordé
Les années, dis-tu, ont tes espoirs achevés
Vrai, à trop les entendre, tu as très vite compris
Que discours amoureux et sottes théories
Avaient sur ta nature, ton style et ta mémoire
Pour le moins transformé ta vision de l'histoire
Certes, par les idées d'autrui le monde est conduit
Mais ne néglige pas que toi aussi es instruit
Tes amours jugées mortes palpitent en ton giron
Et c'est ce livre écrit qui te donne la leçon
Alors n'écoute plus ces pisse-froid lymphatiques
Ces Pythies ou ces molles Cassandre sarcastiques
Que ces vers aient sur toi un effet bénéfique
Sache que de ton passé naît une âme authentique
Certaines rimes enclenchent de tristes habitudes
La solitude n'est pas encore décrépitude
Va, sors, souris, quitte ces compagnes oiseuses
Tu verras mourir tes craintes orageuses...

Bon vent !
"C'est au public maintenant à voir si j'ai bien ou mal réussi ; et je n'emploierai point ici (...) mon adresse et ma rhétorique à le prévenir en ma faveur. Tout ce que je lui puis dire, c'est que j'ai travaillé cette pièce avec le même soin que toutes mes autres poésies..."
Boileau-Introduction à la satire sur l'équivoque.