Oui, facile. Pas ou peu d'inspiration depuis près d'un mois, des morceaux d'idées mal structurées, quelques vagues impulsions pour évoquer telle ou telle chose, mais finalement, du rien, du néant, nada, peau d'balle ! Ce blog arrive, je pense, à son acmé, voilà notre entrée dans sa troisième période. Après le travail conjoint à quatre mains, après les interrogations, règlements de compte et autres réflexions à l'esprit adolescent mal dissimulé, voici la nouvelle étape et avant dernière. Celle, sans doute, d'un vague (ré)équilibre. Dans la recherche amoureuse s'édifient de petits échafaudages qui, à mesure que le temps passe et que la confiance et conscience de soi recupèrent un peu de terrain, disparaissent, recouverts par d'autres constructions. Une chose est claire, ne pas faire part ici des dérives de l'esprit et autres DDC (déprime dominicale du célibataire, sans traitement connu à ce jour) mais, sans cesse, construire et reconstruire. Le couple gay n'a pas sa vérité, il en existe autant que de mecs : être bien dans sa tête, avoir des occupations, des plaisirs, des centres d'intérêt, oui, c'est une évidence, et les échanges longuement élaborés dans ces pages sont la preuve que tout cela doit un peu fonctionner. Ne plus attendre, faire comme si l'emprise du sentiment amoureux avait progressivement desserrer ses liens tenaces, liens directement issus des douleurs et des pages mal tournées du passé. Ne plus rien attendre, tout simplement, regarder de la rive les flots qui se succèdent avec une grande tranquillité tout en creusant leur lit, insidieusement et avec douceur, sculptant ainsi de nouveaux paysages. Ne plus attendre signifie ne plus orienter ses projets de vie dans la constitution d'un couple dont personne n'a une idée vraiment commune. Ne plus chercher, mais sentir, progressivement, qu'une enveloppe ancienne, une mue parsemée de trous et d'escarres git à côté de ce que nous sommes peu à peu devenus et prend la poussière.
Certains psychologues recommandent, par exemple une fois dans le mois, de décrire ce que nous sommes en quelques lignes, sans jugement, avec spontanéïté. Je ne sais pas vous, moi, ça donnerait sans doute : "personnalité curieuse et complexe, difficile à cerner, mi provocante, mi attachante, cherchant du compliqué là où il y a du simple , aussi attaché à autrui qu'à son indépendance..." ; dans un sens, c'est plus difficile à vendre que BM35a19eme cho act/pass, mais vaguement plus conforme à la réalité. Nos pages blanches, nous devons nous efforcer de les remplir (sans les obscurcir) chaque jour. Nous vivons dans un monde effroyable où tout doit être aligné vers des objectifs à tenir, tout doit s'insérer dans des projets, des perspectives, des examens de prérequis (le monde de la pédagogie, que je connais un peu, est pétri de toutes ces conneries) ; nous sommes submergés par cette idée idiote de mettre de l'inhumain et du prévisible dans l'humain imprévisible : signer des contrats, prévoir, justifier, raisonner, élaborer des stratégies, notre monde regorge de ces âneries. Noircissons nos pages avec spontanéïté, il en ressortira bien quelque chose de constructif, et dans le cas contraire, on se sera rapproché de soi-même, ce qui est finalement tout aussi honorable.
Bon vent !
"Son regard est pareil au regard des statues, et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a l'inflexion des voix chères qui se sont tues."
Paul Verlaine, Mon rêve familier, poèmes saturniens.