Pages blanches
Par Jérôme le samedi 29 novembre 2008, 15:03 - anti depressive delivery - Lien permanent
Oui, facile. Pas ou peu d'inspiration depuis près d'un mois, des morceaux
d'idées mal structurées, quelques vagues impulsions pour évoquer telle ou telle
chose, mais finalement, du rien, du néant, nada, peau d'balle ! Ce blog
arrive, je pense, à son acmé, voilà notre entrée dans sa troisième période.
Après le travail conjoint à quatre mains, après les interrogations, règlements
de compte et autres réflexions à l'esprit adolescent mal dissimulé, voici la
nouvelle étape et avant dernière. Celle, sans doute, d'un vague (ré)équilibre.
Dans la recherche amoureuse s'édifient de petits échafaudages qui, à mesure que
le temps passe et que la confiance et conscience de soi recupèrent un peu de
terrain, disparaissent, recouverts par d'autres constructions. Une chose est
claire, ne pas faire part ici des dérives de l'esprit et autres DDC (déprime
dominicale du célibataire, sans traitement connu à ce jour) mais, sans cesse,
construire et reconstruire. Le couple gay n'a pas sa vérité, il en existe
autant que de mecs : être bien dans sa tête, avoir des occupations, des
plaisirs, des centres d'intérêt, oui, c'est une évidence, et les échanges
longuement élaborés dans ces pages sont la preuve que tout cela doit un peu
fonctionner. Ne plus attendre, faire comme si l'emprise du sentiment amoureux
avait progressivement desserrer ses liens tenaces, liens directement issus des
douleurs et des pages mal tournées du passé. Ne plus rien attendre, tout
simplement, regarder de la rive les flots qui se succèdent avec une grande
tranquillité tout en creusant leur lit, insidieusement et avec douceur,
sculptant ainsi de nouveaux paysages. Ne plus attendre signifie ne plus
orienter ses projets de vie dans la constitution d'un couple dont personne n'a
une idée vraiment commune. Ne plus chercher, mais sentir, progressivement,
qu'une enveloppe ancienne, une mue parsemée de trous et d'escarres git à côté
de ce que nous sommes peu à peu devenus et prend la poussière.
Certains psychologues recommandent, par exemple une fois dans le mois, de
décrire ce que nous sommes en quelques lignes, sans jugement, avec spontanéïté.
Je ne sais pas vous, moi, ça donnerait sans doute : "personnalité curieuse
et complexe, difficile à cerner, mi provocante, mi attachante, cherchant du
compliqué là où il y a du simple , aussi attaché à autrui qu'à son
indépendance..." ; dans un sens, c'est plus difficile à vendre que
BM35a19eme cho act/pass, mais vaguement plus conforme à la réalité. Nos pages
blanches, nous devons nous efforcer de les remplir (sans les obscurcir) chaque
jour. Nous vivons dans un monde effroyable où tout doit être aligné vers des
objectifs à tenir, tout doit s'insérer dans des projets, des perspectives, des
examens de prérequis (le monde de la pédagogie, que je connais un peu, est
pétri de toutes ces conneries) ; nous sommes submergés par cette idée
idiote de mettre de l'inhumain et du prévisible dans l'humain
imprévisible : signer des contrats, prévoir, justifier, raisonner,
élaborer des stratégies, notre monde regorge de ces âneries. Noircissons nos
pages avec spontanéïté, il en ressortira bien quelque chose de constructif, et
dans le cas contraire, on se sera rapproché de soi-même, ce qui est finalement
tout aussi honorable.
Bon vent !
"Son regard est pareil au regard des statues, et pour sa voix, lointaine,
et calme, et grave, elle a l'inflexion des voix chères qui se sont
tues."
Paul Verlaine, Mon rêve familier, poèmes saturniens.
Commentaires
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant.
Bizzz
Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d'intervalle qui les écrit.
Marcel Proust
Le Temps retrouvé
c ce qui epice notre vie