Il est 16h17 !...
Par Jérôme le samedi 25 octobre 2008, 13:46 - anti depressive delivery - Lien permanent
La timidité. Bon sang, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? C'est
elle la coupable, c'est cette petite coquine qui nous empêche d'alpaguer le
premier mec qui nous plaît, qui nous fait bafouiller, qui nous enjoint à ne pas
tenter notre chance, si tant est que la relation sentimentale soit comparable à
une vulgaire partie de bingo. Des mecs qu'on n'ose pas aborder, parce que nous
sommes la victime, déjà, de l'image qu'on se fait d'eux : trop beau, trop
intelligent, trop con, trop ceci, il n'est pas pour moi, et puis bon, ça va
foirer, alors à quoi bon essayer ? ...
Nous avons tous ces anecdotes, ces moments où on n'a jamais osé, les événements
étaient amenés sur un plateau d'argent, et, comme un plat inconnu, on n'a pas
osé y goûter : suivre ce type dans la rue qui pourtant n'arrête pas de se
retourner depuis qu'il nous a croisé, s'inviter chez ce voisin chez lequel on a
malencontreusement sonné en confondant les étages, demander le numéro de
téléphone à ce type croisé au bordel... On met tout cela sur le compte de la
timidité, et elle nous bloque, nous heurte, nous joue de bien mauvais tours.
Non, bien sûr, ces types, si on avait osé, n'auraient peut-être pas été le
ferment d'histoires longues, mais sans essayer, comment le savoir ? Nous
passons notre vie à lutter contre nos craintes, nos peurs, nos angoisses, notre
mutisme, notre manque de confiance en soi...
Je me souviens, c'était au sport, ce type, sublime, qui n'arrêtait pas de me
regarder, qui me souriait, qui me suivait ; et moi, avec mes "ce n'est pas
possible", avec des mimiques d'être inaccessible et hautain, qui fait mine de
montrer qu'il ne s'est pas rendu compte du petit manège... Combien d'histoires
avortées ? Combien de bonnes conversations restées dans les lymbes ?
Combien de fou-rire étouffés ? Combien de jours perdus à se poser mainte
questions alors que là, à côté, des garçons abordables, il y en a pléthore,
reste juste à les aborder...
Pour se rassurer, on se dit qu'en étant timide, on attendrit un peu. Pas sûr,
un timide qui rencontre un autre timide ne vas pas se métamorphoser, il n'y a à
mon avis que trois moments où cette connasse de timidité disparaît de notre
vie : quand on a envie de baiser, quand on est un peu alcoolisé et quand
on est amoureux. Parfois, les trois vont ensemble d'ailleurs, mais ne nous
égarons pas. J'avais pensé, en voulant rédiger ce billet, essayer de comprendre
ce que la timidité avait de physiologiquement positif : elle est certes
animale, elle nous empêche de nous aventurer dans des mondes hostiles, elle
nous enjoint à la prudence. Mais seulement, en 2008, où les rencontres sont si
fugaces, les agendas si blindés de choses inutiles, les moments de conversation
un peu enrichissantes se raréfient tant et plus, je me demande si on ne devrait
pas tordre le cou une bonne fois pour toute à cette timidité. L'abattre ne nous
nuirait pas, au pire, un râteau ou deux, et c'est tellement la vie que de
redescendre de son pied d'estale, c'est tellement la vie aussi de réaliser avec
stupéfaction que ce mec splendide, qui ne semble avoir aucun problème, était
lui aussi tout aussi timide et réservé à votre égard... Pourquoi certaines
pédales se travelotent-elles ? Pour casser cette réserve, pour briser la
glace, pour être, non un personnage, mais finalement, aller chercher dans des
sédimentations très personnelles et très enfouies ce qui est la véritable
essence de notre être.
Travelotons-nous les esprits : osons. Milton Erickson, le fondateur de
l'hypnothérapie, conseillait à ses patients atteints de timidité maladive, de
faire une chose très simple : aborder un inconnu et lui donner, en
souriant, une heure fantaisiste, d'abord une fois par mois, puis une fois par
semaine, puis quotidiennement. On vous prendra pour un barjot, mais vous, vous
savez ce que vous valez, et vous aurez osé. La timidité n'apporte rien de bon,
exorcisons-là. Il est 16h17.....
Bon vent !
"Elle s'éloigna de Jeff sans lui laisser le temps de poser une seule
question. il était prêt à lui en poser; mais elle était partie... Au match
suivant, elle l'aperçut dans la foule, en train de parler avec ardeur à un
autre garçon. Elle se faufila furtivement, assez près pour capter l'essentiel
de la conversation, et puis elle s'eclipsa, et quand Jeff le quitta, elle
retourna près de lui pour continuer la conversation. Sans présentations. Ils
ont simplement évoqué ce problème, un point c'est tout. Au troisième match,
Kirsti Erickson partit à la recherche de l'autre garçon et écouta la
conversation ; lorsque Jeff arriva, l'autre garçon dit : "Salut Jeff,
laisse moi te présenter... euh, et bien, nous ne sommes pas encore
présentés..." "Je crois que c'est à toi de le faire", dit-elle à
Jeff..."
Milton H Erickson. Ma voix t'accompagnera...
Commentaires
Quelle salope effectivement que cette timidité. Et surtout quelle injustice quand on se fait piquer sous les yeux un petit mec avec qui on a des regards depuis un quart d'heure mais qui va se jeter dans les bras d'un connard arrogant et sûr de lui qui lui fait directement des propositions cochonnes à l'oreille. Mais ça, c'est pour le cul.
En même temps s'il n'y avait pas un minimum de timidité, ça serait l'orgie permanente ! ça doit permettre de réguler les rapports humains de manière naturelle
Elle s'apprivoise aussi avec le temps et l'expérience par contre et même si on arrive à la faire passer de bloquante à partiellement-inhibante-selon-les-situations c'est déjà un grand pas !
J'aime beaucoup... beaucoup, beaucoup...
La Timidité ne serait-elle pas une peur d'être soi...!
Nous sommes tous des timides. Sauf que cette timidité à des degrés divers. Celle qui rend les joues rouge comme un coquelicot on, plus embêtant, celle qui nous fait refuser de nombreuses propositions... Entre petit stress et grande angoisse paralysante, l'arc en ciel de la timidité est très variée !.