Dieu, j'aime ce Monde !
Par Jérôme le mardi 22 juillet 2008, 00:04 - anti depressive delivery - Lien permanent
Eté oblige, nous devons sourire ! Passons donc la crème solaire sur
notre cervelle (parfois trop) en ébullition, épilons nous les fesses de la
mélancolie, et sourions à la vie, car quelques anecdotes, quelques pétillements
dans le regard, vont achever de vous montrer cette chance unique que vous avez
tous, ce trésor que vous détenez : celui d'être une pédale, et donc, ce
bonheur ultime que nous portons en chacun de nous... !
Tout a commencé il y a quelques années, dans un restaurant de la rue des
Lombards qui aujourd'hui n'existe plus. J'étais avec quelques amis du Piano
Zinc (qui aujourd'hui n'existe plus, non plus... Purée...) et nous mangions.
Vous savez, ces menus si pédales : langoustines sur duvet de ciboulette
ciselée, filet mignon à la sauce youpala et son coulis de pêches de vigne du
Languedoc, et pour finir, dessert en farandoles avec la bise du chef... Je n'ai
plus trop de mémoire, mais c'était dans ce goût-là... J'avais 22, 23, un minot.
Et j'étais avec des folles intégrales, celles que j'aime et auxquelles je
finirai peut-être par ressembler, un jour : les drôles, les cassantes, les
cyniques, mais les au grand coeur.
Brusquement, la musique de fond a changé. D'une techno merdique, on a entendu
quelques notes bien familières : "Il venait d'avoir 18 ans, il était beau
comme un enfant..." Et là, on entendit, dans toute cette cave voûtée qui
dégustait un fin sorbet abricot-basilic sur velouté de framboises
marocaines : FORT COMME UN HOOOOMMMMMMMMMEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUHHHHHHH
!!!!!!!!
Toutes, oui, toutes, les bears, les poilues, les crevettes, les TBM, les TTBM,
elles ont chanté et repris le couplet de sainte Yolanda... Là, un de mes potes
s'exclame : "Dieu, j'aime ce monde !"
Tout est dans cette phrase, et voici le récit d'une folle journée, qui montre
que ce monde, justement, n'est pas prêt de crever...
Midi : un plan cul, hétéro refoulé. Super canon, plein de gentillesse,
le feu au derrière, quand même. Il me demande si j'ai un copain (après
éjaculation, je précise...)
Après-Midi : Balade avec un vieil ami, un qui sait, un qui a vu, connu, un
qui donne les bons conseils. On se ressource, on écoute l'eau couler, les
oiseaux qui chantent, on mate les mecs torse nu, on fait des commentaires.
C'est l'amitié, l'expérience. C'est juste bien.
Je rentre à Châtelet, croise un contact internet. Discussion flamboyante. On
refait le monde, parlons d'amour, de mecs, des ex, de la vie. De cette putain
de vie qui continue malgré les petits découragements qui ne sont rien d'autre
que la vie, finalement...
Près du BHV, je croise un vieux pote, pas vu depuis 10 ans.
Lui : Purée, t'as pas changé !
Moi : Menteuse ! Tu deviens quoi ?
Lui : Je suis prof
Moi : Bienvenue au club ! Et sinon, les amours ??
Lui : Je viens de larguer mon mec...
Moi : Paix à son âme. C'était mérité au moins ?
Lui : Oui, on n'avais plus rien à se dire, je dois l'oublier.
Moi : Donc, maintenant, tu le détestes.
Lui : Effectivement.
Moi : C'est normal, tu es tout à fait normal.
Lui : J'ai recraqué y'a pas longtemps
Moi : Ah oué ?... Et Pourquoi ?
Lui : Après notre séparation, il a pris un chien (il ajoute : bonjour
Monsieur Freud...), et la bête est morte trois semaines après d'une crise
cardiaque. Il était en larmes, je l'ai consolé.
NB : Je jure que c'est vrai
Moi : Laisse-le crever, il ne te méritait pas.
Lui : Tu as raison, tu as msn ?
Moi : Oui (je lui donne).
Lui : Cool, on va pouvoir parler, en plus j'ai une cam...
Et ce n'est pas fini, tandis que je me dis qu'il faudrait que je m'achète une
cam mais que quand même, ça fait un peu début de la fin... Atterrissage au
bistrot. Le serveur me demande mon téléphone, après quand même deux semaines
d'intenses oeillades. Nous parlons de choses et d'autres, parce que bon, dans
ces cas-là, on ne sait pas parler de quoi que ce soit d'autres que de choses
sans intérêts.... Il m'a quand même dit que j'étais démodé, parce que je ne
connaissais pas je ne sais plus qui, Nathalie Imburgéra, un nom comme ça...
C'est donc aujourd'hui 22 juillet 2008 qu'un barman me dit que je suis démodé,
dans la vie d'une tapette, c'est notable..
(barman qui je crois me drague, mais je ne suis pas sûr : demander un
numéro de téléphone, de mon temps, c'était draguer, mais en 2008 ??).
Yolanda siffle dans mes oreilles, elle me sourit, elle irradie. Elle était avec
moi aujourd'hui... Elle est très fière de son boulot, apparemment...
Bilan : dans cette journée : le sexe, l'attention, l'amitié,
l'expérience, l'humour, l'autodérision, l'intelligence, l'échange, la mauvaise
foi, le cynisme, la séduction, l'espoir.... La vie en somme !!!
N'oubliez jamais pourquoi vous êtes une pédale !!!
Bon vent !
"Le bonheur c'est le jour qui me réveille C'est le ciel sur les arbres que
je vois C'est laisser tous mes rêves de la veille Pour ce que tu
m'apporteras"
Dalida...

Je reprends le micro parce qu'on me souffle dans l'oreillette que Trouver
Un Mec en 10 leçons est numéro 1 des ventes sur Adventice. Au nom de tous les
deux (P & J) : Merci Merci Merci !
Commentaires
Madame,
Vraiment, vous avez le chic...
Décidément, j'aime beaucoup ton style... Je serais presque jalouse...
Continue, tu éclaires ma journée à chaque fois que je lis un de tes textes...
C.M.
PS : j'aime les message subliminaux
Mon Dieu ! Vous ici. On ne dira rien, c'est promis
J'adore l'image des bears, des crevettes et des TTBM main dans la main en train de chanter avec un arc-en-ciel en toile de fond ! Une bonne bouffée d'air frais que cet article ... qui me donne encore pleins d'idées cochonnes. Beaucoup d'amis gays me disent "oui nous on ne veut pas s'enfermer dans un ghetto gay et du coup nos amis c'est presque tout des hétéros et tout". Je suis d'accord sur le principe de ne pas voir que des homos mais pas à ce point-là. Il y a quand même des choses qu'on ne peut vivre "qu'entre filles" ... notamment tout ce que tu décris dans ton article.
PS : c'est marrant j'ai l'impression que l'expression purée revient en force, elle me fait beaucoup rire ! il faut que je le recase tiens.
Je ne suis pas totalement (encore) hétérophobe.. -quoique-, mais voilà une des raisons pour lesquelles je conchie le droit à l'indifférence, au mariage et à la mixité... ceci dit, il faut des nuances (et je hais les nuances
salut ca va madam sex avec moi pls
ca va