De temps en temps, au coin d'une rue, il existe des preuves tangibles que le monde gay existe, qu'il est solidaire, qu'il porte en lui une empathie, un partage...
Juillet est un mois merveilleux ; à Paris, les visages changent, de nouvelles têtes font leur apparition, on se surprend à reparler anglais, allemand, espagnol. Un flot de touristes pénètrent la Marais. On les reconnaît facilement : ils ont le même plan, ils fréquentent les mêmes lieux : Le Dépôt, le Central, l'Open, ces établissements qui sont dans tous les guides.
Ils prennent un verre, et nous regardent du coin de l'oeil. Hier, j'en ai rencontré un. J'aime bien les étrangers, je me suis toujours dit que mon prochain mari (oui, je suis contre le mariage gay, et pourtant je dis "mari", il y a une nuance...) ne parlerait pas ma langue. Il y a quelque chose chez ces mecs : de la douceur, la soif d'apprendre, le sourire, l'échange ; et puis, il leur manque cette musique névrotique très française dont il faudra que nous causions un jour.... On se sent également plus à l'aise avec eux, l'impression d'avoir moins de choses à justifier, à expliquer, je ne sais pas... Immédiatement, on sort des lieux communs, on parle de pays, de cultures, et dans le même temps -et c'est ce qui fait la magie de notre communauté- on se rend compte que nous avons eu la même vie, les mêmes questions, sur nous-mêmes, nos ex, notre tronche, notre estime de soi.
Ce touriste venait de Sacramento, il vote Obama, il était paumé, sans hôtel. Evidemment, je suis une tapette intégrale et triomphante ; pas sûr que s'il avait eu 60 balais, des cheveux blancs, une sale tronche, je lui aurais proposé de dormir chez moi, mais que celui qui n'a jamais péché etc. etc. Je l'ai raccompagné, on a parlé, un peu dîné. Ce qui est fascinant avec les touristes, c'est qu'on touche du doigt une véritable internationale gay, une communauté au sens le plus humain du terme. Il y a des gestes, des expressions, des mimiques, des sourires, des craintes, des complexes, qui montrent que nous sommes tous faits du même bois, qui montrent que le magnifique petit papillon arc en ciel nous a tous survolés quand nous étions dans notre berceau. J'ai passé une belle nuit, et cet inconnu aussi. Là est l'essentiel, mais il y a aussi le principal : chaque type est unique, mais chaque type est également membre d'une bien belle famille, qui est prête à nous accueillir les bras ouverts, pour peu qu'on se force un peu la main.

Nota bene : sur Adventice, Trouver un Mec en 10 leçons a enfin dépassé le Big Penis Book, l'amour dépasse la grosse queue, on est sur la bonne voie, non ? Merci à vous...

Bon vent !