Il y a ceux qui disparaissent. Une rupture douloureuse, pour l'un, pour l'autre, ou pour les deux. Écoute, je n'ai rien contre toi, mais je préfère ne pas te voir pendant quelque temps. Un mois passe. Un an. Plus encore.

Et puis, plus rien. Le silence. L'absence. L'oubli.

Le garçon à qui l'on a pensé à chaque instant, celui avec qui on a partagé les jours et les nuits, ce garçon sort totalement de votre vie. Je ne sais pas comment vous le vivez. Pour ma part, j'avoue que j'ai du mal à me faire à l'idée que je ne reverrai jamais une personne que j'ai aimée, même brièvement. Le lien n'est jamais tout à fait rompu.

Alors je vis avec quelques fantômes. Il y ce petit libraire, en banlieue, auquel je pense parfois. Et ce journaliste, un garçon très maladroit, qui m'a tant apporté. Ce prof d'histoire-géo. Ils me manquent. Ce n'est pas de la nostalgie, ni des regrets. Juste l'envie de savoir s'ils sont heureux. Quel chemin ils ont suivi. Je me surprends parfois à faire une recherche Google, histoire de. Avec le soutien de Big Brother, j'ai retrouvé la trace de certains. Et comme un idiot, je n'ose pas les recontacter. La peur de raviver chez eux des souvenirs, de leur rappeler un passé qu'ils veulent peut-être oublier... Ou de laisser croire, à tort, que je voudrais recommencer une histoire...