Paris, le 19 mars 2008

Cher Y,

Tu vois, je n'ai pas téléphoné, j'ai su attendre, j'ai certes beaucoup pleuré, je me suis bien pris la tête, mais j'ai trouvé la force de ne pas te harceler de questions qui ne cessent de me tourmenter. Que te répondre ? Je te comprends.. Je ne comprends pas, mais te comprends. C'est un peu bizarre, je sais, disons que je me mets bien à ta place, je comprends ta lassitude, mais je ne comprends pas pourquoi elle s'est installée sans qu'on ne remarque quoi que ce soit.
Il faut croire que ces choses-là demandent un peu d'expérience, nous ne savions pas, nous nous faisions confiance, sans doute un peu trop, et nous n'avons pas vu que peu à peu, les liens se distendaient. Nous faisions des choses ensemble, mais étions-nous ensemble ? La nuance est là, je n'arrive pas trop à mettre des mots dessus mais je suis persuadé que c'est à ce stade que le bât blesse.
Je ne vais pas t'ennuyer longtemps, il n'y a pas grand chose à dire. Nous nous séparons et il faudra que je t'oublie. Dans une histoire, on ne souffre jamais en même temps. Desproges disait qu'il y en avait toujours un qui souffrait et l'autre qui s'emmerdait, j'étais le premier, toi le second. Je ne sais que te dire de plus, il y a des regrets, mais paradoxalement, je ne regrette rien....

Impossible de te dire que nous nous reverrons.

Je t'embrasse, prends soin de toi !

X


Dans quelques mois, nous verrons ce que ces deux jeunes garçons sont devenus, ils se donneront quelques nouvelles, à suivre donc... Je me suis dis que le style épistolaire était sans doute celui qui parlait le mieux de la rupture et de la question du pourquoi... Maintenant, comme on dit à l'ORTF (c'est de saison), nous allons reprendre le cours de nos programmes habituels... Bon vent !