Pourquoi j'irai à la gay pride
Par Philippe le vendredi 27 juin 2008, 23:07 - people have the power ! - Lien permanent
Il y a quelques jours, au hasard des rayons d'une librairie, je suis tombé
sur un livre relatant les parades de Christopher street, dans les années 70.
C'est là que sont nées les gay prides, il y a une trentaine d'années. Sur les
photos, pour beaucoup en noir et blanc, des hommes sortis d'un clip de Village
People. De policiers, des cow boys, des cuirs moustachus... Des looks d'un
autre temps, mais de très beaux mecs. Et des revendications. Le droit d'aimer.
Le respect. Le militantisme gay naissait. C'était avant le sida. Ça fait si
longtemps.
Que reste-t-il de ces mecs aujourd'hui ? Ces photos. Et surtout ce qu'ils
nous ont transmis. Des droits. Le militantisme. La fierté. Et cette journée de
fête. Je marcherai pour eux, entre autres.
Je marcherai aussi pour ceux que j'aime. Et avec eux. Les amis. Les militants.
Les mecs d'un soir. Les ex, aussi. Et tous ces inconnus. Les exubérants, les
timides, les jeunes, les vieux... J'aime cette communauté, ses couleurs, sa
diversité. Oui, il y a des crétins. Oui, il y a des connards. Oui, il y a moins
de militants qu'hier. Oui, certaines associations ne me conviennent pas. Je
n'ai pas à juger. Ce qui importe, c'est cette journée de fête partagée. C'est
un moment rare. Demain, nous serons des centaines de milliers, amis, amants,
amours, inconnus. Ensemble.
Je marcherai aussi pour rendre hommage aux militants. Je connais bien mon
co-blogueur et je me doute que ses écrits ont dépassé sa pensée. Les militants
ne s'achètent pas une bonne conscience pour 15€. Des centaines de militants
bossent comme des fous, tard le soir, tôt le week end. Ils donnent leur temps,
leur énergie, prennent parfois des risques personnels. Et nombre d'entre eux le
font de façon totalement désintéressée. Simplement parce qu'ils souhaitent
améliorer notre vie. Aucun des droits que nous avons acquis ces 30 dernières
années ne nous a été donné par hasard. La dépénalisation de l'homosexualité,
l'âge de consentement à 16 ans, la destruction des fichiers d'homosexuels dans
les préfectures, le pacs, la pénalisation de l'homophobie, les droits des
malades du sida... Toutes les avancées ont été le fruit d'une lutte et d'un
travail de militants, anonymes ou célèbres. Venir demain, c'est également
rendre hommage à cet immense travail.
Enfin, et surtout, je marcherai pour tous ces lycéens et ces collégiens, pour
qui l'homosexualité est loin d'être une fête, que ce soit à l'école ou dans au
sein de leur famille. J'espère les aider, d'une façon ou d'une autre. Et
j'espère qu'ils viendront à leur tour, un jour.
Bien sûr, comme tout le monde, je préfèrerais que la gay pride soit plus ceci,
moins cela. Qu'importe. Même récupérée politiquement, commercialement, ou
n'importe comment, elle reste la fête qui nous unit tous. Nous n'avons pas le
droit d'abandonner ce que nos glorieux ancêtres ont créé. Nous ne pouvons pas
nous priver de ce moment de communion. Nous ne devons pas oublier l'adolescent
d'aujourd'hui, qui nous rejoindra dans quelques années. Et nous allons nous
amuser, bordel !
Commentaires
100 % d'accord, mais en marchant, si vous le faites comme c'est dit ici, pensez aussi à tous ces mecs seuls, que la communauté rejette, et qui, progressivement, se perdent. Etre gay, c'est à la fois être engagé et affectif, c'est se battre pour des idées qui nous permettront de mieux vivre nos amours. Encore faut-il que ces amours existent, et, de moins en moins, elles existent. Deux types de combats sont à mener, ceux décrits par P, mais aussi ceux contre nous-mêmes, nos préjugés, nos craintes. Quand vous verrez un mec seul, emmenez-le avec vous, écoutez-le, même s'il vous saoule avec sa vie, ses ex et ce que je sais...C'est ça aussi la communauté, la solidarité. Bonne marche les petits, à l'année prochaine...
We're here, we're queer ! Get used to it !