Il y a quelques jours, au hasard des rayons d'une librairie, je suis tombé sur un livre relatant les parades de Christopher street, dans les années 70. C'est là que sont nées les gay prides, il y a une trentaine d'années. Sur les photos, pour beaucoup en noir et blanc, des hommes sortis d'un clip de Village People. De policiers, des cow boys, des cuirs moustachus... Des looks d'un autre temps, mais de très beaux mecs. Et des revendications. Le droit d'aimer. Le respect. Le militantisme gay naissait. C'était avant le sida. Ça fait si longtemps.
Que reste-t-il de ces mecs aujourd'hui ? Ces photos. Et surtout ce qu'ils nous ont transmis. Des droits. Le militantisme. La fierté. Et cette journée de fête. Je marcherai pour eux, entre autres.

Je marcherai aussi pour ceux que j'aime. Et avec eux. Les amis. Les militants. Les mecs d'un soir. Les ex, aussi. Et tous ces inconnus. Les exubérants, les timides, les jeunes, les vieux... J'aime cette communauté, ses couleurs, sa diversité. Oui, il y a des crétins. Oui, il y a des connards. Oui, il y a moins de militants qu'hier. Oui, certaines associations ne me conviennent pas. Je n'ai pas à juger. Ce qui importe, c'est cette journée de fête partagée. C'est un moment rare. Demain, nous serons des centaines de milliers, amis, amants, amours, inconnus. Ensemble.
Je marcherai aussi pour rendre hommage aux militants. Je connais bien mon co-blogueur et je me doute que ses écrits ont dépassé sa pensée. Les militants ne s'achètent pas une bonne conscience pour 15€. Des centaines de militants bossent comme des fous, tard le soir, tôt le week end. Ils donnent leur temps, leur énergie, prennent parfois des risques personnels. Et nombre d'entre eux le font de façon totalement désintéressée. Simplement parce qu'ils souhaitent améliorer notre vie. Aucun des droits que nous avons acquis ces 30 dernières années ne nous a été donné par hasard. La dépénalisation de l'homosexualité, l'âge de consentement à 16 ans, la destruction des fichiers d'homosexuels dans les préfectures, le pacs, la pénalisation de l'homophobie, les droits des malades du sida... Toutes les avancées ont été le fruit d'une lutte et d'un travail de militants, anonymes ou célèbres. Venir demain, c'est également rendre hommage à cet immense travail.
Enfin, et surtout, je marcherai pour tous ces lycéens et ces collégiens, pour qui l'homosexualité est loin d'être une fête, que ce soit à l'école ou dans au sein de leur famille. J'espère les aider, d'une façon ou d'une autre. Et j'espère qu'ils viendront à leur tour, un jour.

Bien sûr, comme tout le monde, je préfèrerais que la gay pride soit plus ceci, moins cela. Qu'importe. Même récupérée politiquement, commercialement, ou n'importe comment, elle reste la fête qui nous unit tous. Nous n'avons pas le droit d'abandonner ce que nos glorieux ancêtres ont créé. Nous ne pouvons pas nous priver de ce moment de communion. Nous ne devons pas oublier l'adolescent d'aujourd'hui, qui nous rejoindra dans quelques années. Et nous allons nous amuser, bordel !