Il existe quatre phases après la rupture.
D'abord vous êtes abasourdi. Sans comprendre, avec une seule question en tête : "pourquoi ça ne marche plus ?"
Cette phase peut durer longtemps, elle vaut autant pour le mec qui part que pour celui qui se fait larguer, c'est juste une question de timing. Le mec qui décide d'arrêter se pose les questions avant, l'autre se les posera après. Cette phase peut durer assez longtemps, certains y demeurent éternellement. Il m'arrive de discuter avec ces garçons, que je rencontre souvent dans les bars ou les bordels : "il m'a quitté, je voudrais comprendre pourquoi." Ce "pourquoi ?" là est très paralysant, et très vite, il doit laisser la place à une seconde phase, sans doute la moins agréable : le déni.
Puisqu'on ne comprend pas pourquoi notre couple n'a pas fonctionné, il est parfois tentant de se dire que ce n'est pas possible, que lui, l'autre, celui qu'on aime toujours, forcément, n'a pas compris, ne nous a pas compris. On pense, mais on sait qu'une telle pensée est bien vaine, qu'il y aura un retour en arrière, que tout va rentrer dans l'ordre. C'est souvent durant cette étape qu'on fait des rêves bizarres : on rêve de son ex, on recouche oniriquement avec lui, et on se réveille avec un poignard dans le coeur et des toiles d'araignée dans la tête.
Passé le déni arrive l'agressivité : "ce mec n'était qu'un salaud". Un de mes bons amis me dit souvent : pour se remettre d'une histoire, il ne faut plus le voir. Mes expériences m'ont montré qu'il a raison, sauf que c'est parfois très difficile. J'ai eu trois ruptures indigestes : les deux premières étaient liées à l'éloignement géographique, paradoxalement, c'est ce qui m'a aidé à surmonter, et maintenant, on se voit sans problème. La relation entre deux vieux ex est même souvent une des plus agréables, lorsque l'amour a laissé la place d'abord à l'indifférence, puis à l'amitié. Mais une amitié si particulière, une amitié de connivence, de complicité, de non-dits. Une belle et douce amitié. Lorsqu'on se sent agressif, il faut tenir, et éviter de faire des reproches à celui qui est devenu son ex. C'est parfois très difficile... A la longue, cette phase, la moins glorieuse, permet de se détacher.
Puis arrive la dernière étape : celle du "Comment ?", qui suit donc celle du Pourquoi ? On ne se demande plus pourquoi il m'a laissé, mais comment je vais faire, maintenant, pour redémarrer ma vie. Dans la chanson d'A. Sylvestre du post précédent : cette phase du "comment "correspond au couplet des sandales et de la barrette. Je me débarrasse des impedimenta du passé et j'avance, toujours, ers le haut, forcément.
Pendant la phase du "comment", une petite voix nous dit : "c'est difficile, mais je sens que je vais y arriver". C'est pendant cette phase qu'on ressort, qu'on tient un peu plus à ses projets personnels, qu'on termine ce qu'on a toujours voulu commencer. Cette phase est un cocon, et notre métamorphose s'y opère, de petite larve fragile, nous devenons chrysalide, en attendant de redevenir le magnifique papillon amoureux que nous souhaitons être, et qui demeure bien caché, au fond de nous, en attendant.

Pendant cette dernière phase, qui peut durer quelques mois, on rencontre des mecs. Souvent des mecs bien ; d'ailleurs une remarque générale, j'ai rarement rencontré de mecs "pas bien" : des paumés, des fragiles, des sûrs d'eux, oui, mais tous avaient quelque chose de valable.
Moi, depuis ma rupture, j'ai rencontré au moins quatre mecs avec lesquels il pouvait se passer quelque chose de sérieux. Des types cultivés, intéressants, tendres, sexuellement au top, mais je n'ai pas eu envie de poursuivre. C'était trop tôt, ça ne leur aurait pas rendu service.
Dans le stade amoureux, nous ne sommes pas tous à égalité : certains sont à la première phase, d'autre à la deuxième, d'autres à la troisième, d'autres à la quatrième, et d'autres, enfin, sont redevenus papillons. Il peuvent alors voler et rencontrer d'autres papillons.
Tout est une question de moment. Le moment doit être le bon. Libre à nous de l'accélérer, ou de le ralentir. Si j'ai des projets, une déprime à faire passer, un gros découvert à combler et des économies à faire, je serais sans doute moins disponible que lorsque tout cela sera réglé. Evidemment, tout cela n'empêche pas le coup de foudre, mais dans ce cas, je dois être honnête avec le mec que je rencontre : "écoute, là, je ne peux pas sortir, j'ai du travail, il faut que je sois un peu seul, etc."
Je pense, mais je me trompe peut-être, qu'il y a un bon moment pour rencontrer son mec, en revanche, des mecs valables, le "bon mec", desquels nous pourrions être amoureux, il y en a tout le temps. Là encore, ce n'est pas une question de destin, c'est une question de "où en sommes-nous, nous-mêmes ?"
Très souvent, donc, je ne rappelle pas, parce que je sais que ce n'est pas encore prêt. J'espère que Bruno, Olivier, Fabien ou Stéphane, ces amours passagères, qui, à un autre moment, auraient pu être à la source de belles histoires, me comprendront un peu...

Bon vent !