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  <title>trouver un mec</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 20:09:19 +0100</pubDate>
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    <title>Rien à voir...</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2010/03/09/Rien-%C3%A0-voir...</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 21:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>you and me</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le 22 Mars sort l'album du leader des Sigur Ròs, Jònsi. Je reçois l'album en
promo, je suis invité au concert et peut-être une interview. Si ça marche, je
l'épouse et j'arrête le blog !!! &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch#!v=UBgPmw3JCN4&amp;amp;feature=related&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>I like it, me gusta eso, j'aime.</title>
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    <pubDate>Thu, 04 Mar 2010 10:34:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>love, etc.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Facebook est à mon avis devenu, avec le 11 septembre, le bling bling,
l'Iphone, les tweets et Lady Gaga la marque angulaire de la première décennie
du XXIème siècle. Inutile de gloser, je suis inconditionnellement accroc à ce
machin : nombrilisme persistant, quête d'attention, réactivité, tout se
conjugue pour que ce nouveau cercle tribal me séduise autant qu'il effraie. En
fait, je ne sais pas vous, mais j'ai un mal considérable à ne pas passer un
moment sur mon profil, et de guetter les commentaires, et de partager, et de
raconter des âneries toutes les deux heures. Je me dis parfois que si ce truc
avait existé quand je préparais le bachot, je ne l'aurais jamais
décroché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du strict point de vue amoureux, c'est assez rigolo. Déjà, on retrouve ses
ex. Comme si le passage désormais obligé sur la toile normalisait les écueils
amoureux, comme si cette ultime incursion dans le quotidien achevait
paisiblement une histoire qui a priori ne regardait personne d'autre que les
deux impétrants. J'ai viré un ex il doit y avoir un an, parce que ça me
dérangeait de constater qu'il avait une vie largement pleine et épanouie tandis
que ma présence était réduite à sa portion congrue (narcisse, narcisse...). De
temps en temps, je constate qu'il est encore vivant et la tentation de le
réintégrer dans mon cercle se pointe, et puis non en fait, je ne sais pas,
c'est presque une manière de respecter le passé, maintenant qu'il est loin
derrière moi. Un de mes amis m'avait un jour dit : &amp;quot;Mais je n'ai même pas
envie de savoir s'il va bien ou mal, je m'en fous, et c'est plus sain.&amp;quot;&lt;br /&gt;
L'autre truc, c'est le facebookage (ça fait &amp;quot;flicage&amp;quot; un peu) avant la
relation : genre on rencontre un mec. Autrefois, on échangeait un numéro
de fixe et basta, maintenant, putain, il faut être largement plus équipé :
msn, mail, portable, portail FB, tweet, cam, enfin la totale. En se
débrouillant bien, on connaît tout du mec avant d'avoir baiser avec lui :
quelques plans cams, ses copains, son boulot, ce qu'il écoute, tout ça
machin.&lt;br /&gt;
Bon, c'est ni bien ni mal, c'est ainsi. C'est finalement une nouvelle forme de
séduction et cela répond à une question lancinante dans la vie amoureuse :
&amp;quot;Mais que pense-t-il en réalité ?&amp;quot; On a toujours envie de savoir, c'est
ainsi : ce qu'il a dans le crâne, ce qu'il se dit. On a tous connu cette
expérience du truc difficile à sortir en Face to Face et qui passe comme une
lettre à la poste sur un statut ou sur MSN, genre &amp;quot;I'm in love&amp;quot; alors que
devant le mec, tout l'après-midi, on est resté à niaiser, en buvant un café
froid et en parlant d'Europe Ecologie... J'ai même connu un mec qui ne voulait
pas baiser en réel mais qui le soir, rentré chez lui, m'a proposé une
cam...&lt;br /&gt;
Facebook, objectivement, ne sert à rien, mais vu son succès, a un rôle social à
jouer. A mon avis, il est de deux ordres : le retour à la tribu, et le
recours à une boule de cristal techno et taxée d'efficacité. On cherche,
déniche, les goûts, les amis, les photos de l'être convoité. Ce qui me rassure,
c'est que malgré tout ce bordel, on n'est pas plus avancé sur la poursuite de
l'histoire, pour le coup bien réelle.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Je suis ce Hollandais Volant ; je ne peux m'arrêter d'errer (d'aimer)
en vertu d'une ancienne marque qui me voua, dans les temps reculés de mon
enfance profonde, au dieu Imaginaire, m'affligeant d'une compulsion de parole
qui m'entraîne à dire &amp;quot;Je t'aime&amp;quot;, d'escale en escale, jusqu'à ce que quelque
autre recueille cette parole et me la retourne ; mais nul ne peut assumer
la réponse impossible, et l'errance continue.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
Roland Barthes-Fragments d'un discours amoureux.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Valentin, aux chiottes !</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2010/02/13/Valentin%2C-aux-chiottes-%21</link>
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    <pubDate>Sat, 13 Feb 2010 14:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>love, etc.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;Avertissement : Ceci est un billet de mauvaise foi...&lt;/ins&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais un peu faire dans l'aigreur, après tout, rire de soi est paraît-il
la meilleure des thérapies.&lt;br /&gt;
Il me semble quand même que cette débauche indécente et royalement kitsch de
coeurs rose-bonbon, de petits mots doux égrainés au Monoprix, à la radio, dans
les journaux gratuits, en somme toute une vulgate officielle visant à rendre au
couple une image d'absolu incompressible est loin d'être anodine. Bizarrement,
des tas de publications mettent au jour un flamboyant paradoxe : Belinda
Cannone nous explique que le couple gay, qui inventa pendant près de trente ans
de nouvelles manières de s'aimer devient (un comble) plus normatif qu'un
hétéro. Pascal Bruckner, dans le paradoxe amoureux, essaie de nous éclairer sur
cette rupture apparente, dans notre monde occidental, entre le souhait que tout
un chacun énonce de se coller en couple et son envie de rester tout de même un
peu libre, sans compte à rendre. Enfin, mais elle je ne l'ai pas encore lue (le
seul fait qu'elle ait été critiquée par cette gourde de Cécile Duflot me la
rend toutefois sympathique), Elisabeth-respect-Badinter a apparemment publié un
brillant opuscule sur cette nouvelle névrose féminine : être mère, faire
des enfants, les allaiter, en somme, vivre conformément à des canons qu'on
pensait hors d'âge ou de propos. Chez ces trois auteurs, un constat : le
tiraillement entre une vie qui se délite de partout, professionnellement,
socialement, identitairement, plus généralement culturellement, et le refuge
dans des concepts communs jugés un peu promptement confortables : l'amour,
le couple, la vie tranquille.&lt;br /&gt;
Comme cette vie de couple fait également peur, on essaie de trouver des
compromis, et la lente quête de ces compromis entraîne parfois une sérieuse
procrastination, votre serviteur en témoigne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aère, sinon, on va encore me dire que mes post ne sont pas Feng Shui...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Saint Valentin résonne en moi comme un sévère rappel à l'ordre d'une chape
morale aux apparences doucereuses et inoffensives. Le couple serait donc le
terminus post quem à partir duquel toute vie épanouissante serait garantie. Je
vous l'ai dit, je fais dans l'aigreur... Comme si les mecs seuls faisaient
exprès d'être seuls, comme si on anéantissait leur vie, leurs quêtes, leurs
aspirations, leurs envies, leurs désirs partiellement comblés, leurs
hésitations, leurs interrogations, en somme ce qui les fait humains, pour les
substituer à un vague concept glorieusement marketing se résumant à &amp;quot;Sois en
couple, tu seras heureux...&amp;quot; On se croirait sous le Maccarthysme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Air, air, air....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le couple appartient à l'imaginaire : il est à mon humble avis difficile à
mettre en place parce qu'on se limite à la forme plus qu'au fond. La Saint
Valentin fait songer à ces pilules de bonheur qu'on avalait sur les dance floor
dans nos jeunes années et qui nous faisaient tenir 36 heures d'affilée dans la
joie et l'allégresse. Les gays se sont emparés de ce truc d'une manière limite
indécente, à force de copier ce que les hétéros ont fait de pire, on va
vraiment finir par paumer notre identité. Cette &amp;quot;fête&amp;quot; engendre un
monstre : Le Couple, ou plutôt une idée du couple rose-fuchsia hors duquel
aucune autre identité n'est pensée, réfléchie. Cette fête dénie le droit aux
autres d'être ce qu'ils sont, avec leurs imperfections et leurs malaises, qui
sont somme toute légitimes. Même avec mes ex, je trouvais que cette connerie
était indécente, ça me fait vraiment penser au Téléthon (Pierre Bergé, Love'u
!) : dans la rue se baladent les éclopés du célibat, les grosses, les
moches, les vieilles, les dépressives, les connes, les pauvres filles de tous
les genres, brandies devant les vitrines des restaurants où se goinfrent des
mecs en couples devant leur menu à 38 euros pour l'occasion et qui se gobergent
de ce qu'ils jugent promptement être du mal être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon, en plus, le temps est pourri !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;La libération des moeurs portait en elle une grande promesse : celle
d'un festin ouvert à tous. Mais notre carrière amoureuse commence aussi par
l'expérience de la rebuffade. L'émerveillement se paie d'une fin de non
recevoir : le regard commande d'impérieuses étreintes qu'aucun contact ne
confirme. Les grandes cités proclament : tout est possible. Alors,
pourquoi ne m'arrive-t-il rien, ou si peu ? Avant tout chagrin concret, le
sujet amoureux fait l'épreuve de son invisibilité.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Pascal Bruckner-Le paradoxe amoureux&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Une théorie amoureuse de la grâce</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2010/01/03/Une-th%C3%A9orie-amoureuse-de-la-gr%C3%A2ce</link>
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    <pubDate>Sun, 03 Jan 2010 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;La question des accointances entre foi et amour m'a toujours un peu perturbé
les méninges, et je vais essayer d'amener quelques conclusions vaguement
lisibles pour vous faire partager ces réflexions (inabouties, et qui devraient
le rester longtemps). Après tout, une petite vaguelette d'optimisme n'est pas
superflue en ces temps de résolutions à tenir (levez la main, ceux qui ont
écrit avec espoir sur leur to do-list l'ineffable &amp;quot;cette année, je trouve un
mec, crénom !&amp;quot;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me lancerai pas dans une définition de la foi. Les gens qui l'ont
m'ont toujours fasciné, parce que cet état dépasse la raison. La foi, en quoi
que ce soit, admet une fidélité inébranlable et indiscutée en une idée, une
présence, un concept, enfin, ce que vous voulez. Elle se heurte en cela à notre
esprit, forcément réfléchi, toujours prêt à pinailler sur le premier fait
illogique venu.&lt;br /&gt;
Ce que j'aime chez les quelques amis animés par cet esprit, c'est ce redoutable
esprit de synthèse et la porte ouverte sur un espoir, l'espoir d'aller mieux,
l'espoir d'accompagner son prochain, l'espoir de progresser, que sais-je...
Mêlé à ces espoirs successifs et complémentaires règne également
l'accomplissement : celui qui est animé par la foi ouvre son âme vers une
véritable re-création, il s'extrait de sa condition humaine en ayant acquis la
certitude un peu mystérieuse que sa vie est dotée d'un sens, d'une direction,
d'une envolée, pas forcément vers du mieux, mais en tous les cas vers une
stabilité, un mieux-être. La foi impose avec douceur un ciment aux multiples
circonvolutions qui agitent notre condition humaine. J'ai idée qu'on se sent
plus heureux, plus sécurisé, en admettant qu'on peut accomplir sa vie sans
seulement se fier au monde terrestre qui nous entoure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est génial dans cette conception, c'est que la fidélité en une idée
ne rime jamais avec aveuglement : il est possible d'agir tous les jours
conformément à sa foi, en respectant quelques principes humanistes, simples, à
commencer par ce qui est à mon avis le ciment de tout : &amp;quot;aime ton prochain
comme toi-même&amp;quot;, on rappelle souvent la première proposition, on néglige trop
la seconde. Il est d'ailleurs difficile d'aimer son prochain, je trouve même
que ça demande un dépassement de ce qui nous fait homme, avec nos colères, nos
hargnes, nos fatigues, nos découragements, dans le même temps, cet axiome
simpliste recèle des trésors de bienfaits, pour soi et notre Monde, bien
difficile à vivre, il faut l'admettre. La foi n'extrait pas du monde des
hommes, elle permet d'y pénétrer et d'en jouir pleinement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'envisage la foi dans son sens très large : la religion, certes, mais la
foi en un idéal politique, la foi en une idée, par exemple la république,
l'égalité, la fraternité. Toutes ces idées ne sont pas seulement des
mots : elles remplissent les exigences que j'ai essayé de présenter plus
haut. Ces fois indiquent en effet un progrès, le chemin vers un absolu, une
ultime forme de l'esprit humain à laquelle, paradoxalement, l'esprit humain se
heurtera parce qu'il ne saura la comprendre dans son intégralité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela n'est guère éloigné de l'amour. Les gens qui ne savent pas aimer sont
ceux qui confondent deux fois : la foi en l'autre, et celle en l'amour. La
foi en l'autre est, sur le papier, louable, mais elle intègre des logiques trop
humaines, les dimensions vers lesquelles elle oriente restent limitées à un
esprit, une histoire, une personnalité. Ainsi, la foi en l'autre ira se heurter
à des sentiments humains qui, poussés à leur paroxysme, peuvent devenir
néfastes : la crainte de la perte, la peur du deuil, la jalousie, etc. La
foi en l'amour pousse pour sa part vers des contrées bien moins facilement
définissables : ce n'est plus la fidélité qui ici est exigée, parfois de
manière malsaine, mais une forme de grâce. C'est en effet, chaque jour, en
admettant le miracle de notre histoire qu'on s'acheminera vers un mieux être à
deux. En acceptant que notre histoire d'amour ne soit pas simplement un fruit
de nos deux histoires, mais que viennent s'y nicher également des ressorts plus
mystérieux, moins définissables, nous prenons conscience d'une aspiration vers
quelque chose nous dépassant.&lt;br /&gt;
Un pédé pourrait très bien consacrer sa vie à ne pas aimer, il n'est pas mu par
des considérations naturelles : il ne procréera jamais. Pourtant, la
plupart d'entre nous, si ce n'est nous tous sans exceptions, cherchons à nous
orienter vers cet état amoureux, à propos duquel nous multiplions
interprétations et questionnements. Même si nous savons qu'une histoire d'amour
ne nous accomplira jamais, nous ne pouvons nous empêcher de l'attendre, de
faire notre vie en fonction de cette perspective, conscient du mieux-être
vaguement indéfinissable que cet état provoquera(it). Cela prouve que nous
avons la foi. CQFD.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce matin, j'entendais une pasteure (quel épouvantable mot, il faudra revenir
sur cette réforme de l'orthographe, elle enlaidit à un point...) expliquer que
dans un couple, l'essentiel n'était pas l'attente de l'amour de l'autre, dont
les ressorts sont parfois trop complexes ou mal lisibles, mais la
reconnaissance quotidienne de la grâce que notre histoire d'amour octroyait.
Cette grâce, en étant amoureux, vous la recevez, quant à ceux qui sont seuls,
rien ni personne ne peut vous empêcher de la recevoir. C'est sans doute le plus
difficile à comprendre : le mystère est accordé à tous, mais reste un
mystère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois qu'on a saisi qu'une histoire d'amour dépassait notre stricte
condition d'homme tout en contribuant à l'embellir, je pense, je ne sais pas,
mais je me doute qu'on commence, enfin, malgré tout, peut-être, je dis bien
peut-être, à un peu mieux croire en soi, en ses chances, sa vie, son
bonheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Notre âme comme un oiseau s'est échappée du filet de
l'oiseleur.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
Psaume 124-7&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.trouverunmec.net/post/2010/01/03/Une-th%C3%A9orie-amoureuse-de-la-gr%C3%A2ce#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Identité</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/12/16/Identit%C3%A9</link>
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    <pubDate>Wed, 16 Dec 2009 21:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>love, etc.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Qu'est-ce qui fait que nous soyons pédales ? Je veux dire :
aujourd'hui, en 2009, bientôt 10, dans un monde finissant où la banquise se
liquéfie, quelles sont les liens entre nous, quelles sont nos forces, nos
saveurs, nos couleurs, la petite chose en plus qui permet à ce Monde débile de
tourner un peu plus rond ? J'en suis convaincu, je l'ai déjà mainte fois
ressassé ici : être pédé est une chance inouïe, un miracle. Notre vie
n'est pas portée vers la procréation, l'accomplissement, mais autre chose...
C'est cet autre chose-là qui va nous arrêter.&lt;br /&gt;
Un couple de mecs, c'est un moment un peu bizarre à passer dans la vie :
il faut construire, mais sur des bases relativement inédites tout de
même ; certains mettent tout dans leur petit appart à deux, d'autres
vivent de manière plus indépendantes, d'autres enfin sont en couple sans
l'être, il y a du sentiment, mais sans enjeux démesurés, avec une petite
certitude qui gratte le fond de la cervelle et qui chuchote que rien ne dure
dans ce monde. Héraclite l'obscur, celui qui pensait que tout devait perdurer
en ce bas-monde, n'a pas vaincu. Notre vie change, se feuillette, s'emporte, et
nous changeons avec elle, emportant nos anciennes amours, nos relations
d'autrefois, les remisant dans les boîtes à souvenirs, parfois dans l'oubli.
S'estompent haines, peurs et rancoeurs, et un renouveau perpétuel se fait
jour ; nous agissons pour que la chose se déroule avec le moins
d'encombres possibles, certains savent s'y prendre mieux que d'autres, et c'est
ainsi.&lt;br /&gt;
L'identité, on le voit avec le débat actuel, impliquerait un vieux fond
maurassien : celui de la durée, de la pierre rugueuse qui graduellement se
recouvre de mousse. Que pouvons-nous faire durer lorsque nous sommes avec un
autre mec ? Une seule et unique chose à mon avis : l'humour. Le pédé
a de l'humour, il doit en avoir, et je déplore que nos associations et autres
sidacrates soient aussi amusants qu'un congrès de jansénistes lettons. Nous ne
rions plus, de rien. Or, la douce ironie, le clin d'oeil complice, le rire
ensemble émaillent nos esprits de quantités de souvenirs qui, avec le temps,
forgent un lien indéfectible, même si dans le même temps les sentiments
s'émoussent. Tous mes mecs avaient de l'humour, moi-même, je dois plaisanter
deux heures par jour. C'est le rire qui fit notre force, c'est le brocard qui
aura raison de nos normes, de nos familles parfois chiantes, de la coincitude
généralisée. L'identité gaie ne mourra pas tant que la mort n'aura pas refermé
à jamais nos sourires. Riez, vous aimerez.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Alors il paraît que vous êtes amie avec la duchesse d'Arcourt..., et même
très amie... On prétend partout que vous êtes très liées, c'est vrai ?&amp;quot;&lt;br /&gt;
Arletty, lassée, se tourna vers lui et lui jeta :&lt;br /&gt;
&amp;quot;Monsieur, je ne peux rien dire, je suis un gentleman !&amp;quot;&lt;br /&gt;
Jean-Claude Brialy-Le Ruisseau des Singes.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ce qu'il reste.</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/11/02/Ce-qu-il-reste.</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Nov 2009 12:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'ai perdu mon passeport. C'est ennuyeux, je dois partir en Egypte dans
quatre mois, et il va falloir reprendre tout à zéro. En retournant mon
appartement dans à peu près tous les sens, j'ai retrouvé des vestiges
archéologiques. Des cartes postales, des photos, des petits mots écrits
rapidement un soir, un matin, quelques places de ciné, de concert, des entrées
d'expo, des cartes de voeux, c'était à l'époque du Franc ; tout un
assemblage finalement assez cohérent d'une vie passée aux côtés de mecs,
d'amis, de vieilles connaissances professionnelles et étudiantes qui ont
réintégré les placards de l'oubli.&lt;br /&gt;
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait bizarre. Revoir des photos de
nous du temps de notre triomphe (quand je pense que je me trouvais moche à 21
ans, putain le canon de sa race, j'aurais dû plus en profiter...), revoir des
photos des quelques mecs qui comptèrent, là aussi, c'est un peu bizarre.
Certains ont disparu corps et biens de mon existence, d'autres laissent
quelques nouvelles épisodiques, je ne suis resté ami qu'avec un seul d'entre
tous, qui vit à 1200 km d'ici, ceci devant sans doute expliquer cela.&lt;br /&gt;
Les fiches, cartons, petits manuscrits sont des témoins, c'est d'un banal
affligeant de dire cela, mais les retrouver, c'est toujours très émouvant. Le
temps a lissé ces objets, les a patinés, a rendu émouvantes des petites
parcelles d'existence qui à l'époque étaient pour le moins de simples détails
anecdotiques (une place de ciné, une carte...). L'objet archéologique a
toujours eu une signification démesurée ; quand j'étais archéologue, on
avait appris à banaliser les éclats de silex, les tessons de poterie, les
ossements. On les trouvait, on mettait un numéro, on les dessinait si cela
valait la peine, on rédigeait un rapport et basta. De l'autre côté de la
barrière, autrement dit aux yeux du commun des mortels, l'objet du passé
devient pourtant mythifié, enjolivé, il se recouvre d'un enrobage pétri de bons
moments, de bienveillance et c'est finalement assez agréable de contempler tout
ceci, qui reste certes une vie parmi tant d'autres, et qui, pour cette raison
est aussi une des choses les plus précieuses qui soit.&lt;br /&gt;
Je crains qu'avec le numérique et les mails, nous ne soyons plus aussi
sensibles à ces souvenirs usés et vieillis par le temps ; toutes ces
petites choses qui s'empoussièrent et sombrent dans l'oubli n'ont certes guère
de sens, mais à la manière de petites chansonnettes ou de la table de 9
coincées quelque part dans notre mémoire, elles trouvent parfois l'occasion de
remonter à la surface, en nous soufflant aux oreilles que finalement, tout cela
ne fut vraiment pas si mal. Ne vivons pas dans notre passé, mais s'il s'offre
incidemment à nous, n'en ayons pas démesurément honte, il choisit ses moments,
respectons-les, chaque chose fait sens et ces quelques oeillades des années
d'avant doivent bien avoir encore quelques conseils à distiller ; je vous
laisse en juger...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Emblèmes nets, tableau parfait d'une fortune irrémédiable. Qui donne à
penser que le Diable fait toujours bien tout ce qu'il fait !.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Charles Baudelaire. L'Irrémédiable-Les Fleurs du Mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je reprends le micro pour signaler que ce post est le centième, vous
êtes environ 600 à venir vous perdre ici. Thanks guies, and keep havin' fun
!&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>H1N1</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/10/29/H1N1</link>
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    <pubDate>Thu, 29 Oct 2009 14:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>my men and me</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;De ma vie je pense, je n'avais jamais eu une maladie aussi nulle. Que ce
soit clair, je n'ai jamais été malade, pas le moindre petit arrêt maladie à mon
compteur, mes élèves savent qu'ils ne pourront jamais se réjouir de mon absence
impromptue, je suis un pilier disait mon vieil inspecteur, un peu le professeur
Rogue quoi, une vieille ganache. Je finirai comme François Mauriac : dans
mon fauteuil, avec mon chat et mes livres, et je terminerai ma grandiose
existence, même respirant encore, à faire partie du mobilier, et puis un jour,
on fera la poussière et on se rendra compte que la bête ne respirait plus
depuis une bonne semaine... Passons, on n'y est pas encore.&lt;br /&gt;
Et là, paf, en pleines vacances, la grippe, la soi-disant bien méchante et tout
ça. Certes, pendant trois jours, vous ressemblez à Joan Collins enrhumée :
ça tousse, ça doliprane, ça courbature, ça dort, ça stagne, ça sue, ça pue, et
puis pouiffff plus rien, si ce n'est une toux absolument carabinée et qui vous
colle à la plèvre comme un morpion à une couille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc voilà, c'est fait. Il fallait que la chose soit dite, en 2009, j'aurai
été deux fois modernes : un Iphone et la grippe A, après, qu'on ne vienne
pas me reprocher d'être un tantinet altmödisch. La maladie, néanmoins, favorise
on ne peut mieux la réflexion, d'où ces quelques lignes vacancières et encore
passablement parsemées de miasmes divers et plus ou moins avouables. Il faut
quand même que je vous raconte le truc qui m'est arrivé...&lt;br /&gt;
Je suis donc en train de mourir, que ce soit clair, la grippe, ça pète la
gueule à n'importe qui. Un mec me contacte sur mon mobile (ces trucs-là ne vous
fichent jamais la paix), je pense qu'il voulait tirer son coup. Je lui explique
en quelques mots que la chose ne va pas être techniquement possible :
d'une, j'ai autant d'énergie qu'une limande à marée basse, de deux,
franchement, comme tue-l'amour, on ne fait pas mieux. Je l'envoie donc chier,
gentiment, mais clairement. Il insiste et trouve l'argument le plus couillon
que je n'avais jamais entendu : &amp;quot;&lt;em&gt;mais je vais m'occuper de toi&lt;/em&gt;&amp;quot;,
non pas comme vous pensez, bande de sottes lubriques. Là, brusquement, je me
suis souvenu d'Harvey Finstein dans Torch Song Trilogy, qui réplique à
Ed : &amp;quot;&lt;em&gt;J'ai été capable de virer ma propre mère de chez moi, et tu me
demandes de vivre avec moi...&lt;/em&gt;&amp;quot; ; bon, quelque chose dans le genre...
Qu'un mec, qui en plus s'appelle Gérald, ait tellement envie de se faire
défoncer le fion qu'il ne trouve pas d'autres arguments que jouer les Mère
Thérésa avec une morte en sueur et encore plus désagréable que lorsqu'elle a
37,2°, je trouve ça juste pathétique. Je lui répond qu'il risque de chopper la
grippe, il me rétorque que ce n'est pas grave. Je me pose quand même parfois
des questions très nulles sur mes congénères... Que cherchait ce type en
fait ? Que s'est-il dit ?&lt;br /&gt;
Il faut que je tire mon coup maintenant, et celle-là n'a pas l'air trop
coincée, donc j'y vais ? Dans ce cas, il pouvait annoncer la couleur...
Non, il a préféré jouer les âmes charitables, pis, il a inversé une sorte de
pseudo-rapport de force en exigeant presque de venir chez moi pour me soigner.
Je n'ai jamais eu besoin du moindre Gérald pour me retaper ; là où je
voulais en venir, c'est qu'on en serait, à mon avis, arrivé à un degré tel de
dépendance entre les mecs que n'importe quel Gérald est prêt à jouer la comédie
juste parce que ses hormones l'engagent à le faire. Voilà qui pose d'évidentes
questions sur notre morale : aider son prochain, certes, mais dans mon
intérêt avant tout. Deuxième option : ce type était peut-être amoureux, et
il considère qu'être amoureux, c'est être dans la disponibilité exclusive pour
l'autre. Là, à mon avis, c'est une bonne cure de psy dont il a besoin, parce
qu'instaurer un tel rapport délétère (besoin, dépendance) avec un mec, ce n'est
ni plus ni moins s'effacer et accepter de ne plus exister ; d'ailleurs,
pas une seule seconde il ne m'expliqua qu'il avait la trouille d'être malade.
Je fais un autre lien dans ce genre de rapport presque christique et
sacrificiel à l'autre : le VIH. Des mecs, j'en suis sûr, acceptent de
jouer les bons samaritains juste parce que ça les rendra plus heureux au
contact de l'autre, ils soignent, s'oublient, et mettent de côté leur propre
personnalité, dans la mesure où cette dernière n'a plus qu'un objectif :
plaire à l'autre, quitte à sacrifier sa santé pour lui.&lt;br /&gt;
Bon, je ne sais pas trop si je ne délire pas un peu, mais cette manière
insistante, voire très lourde, de vouloir s'attacher à quelqu'un sans en
mesurer la moindre conséquence m'a fait l'effet d'une petite fable que je
laisse mijoter dans vos saines circonvolutions cérébrales.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;De toute évidence, ce n'était pas bien, ce que faisait papa :
pousser des femmes parfaitement normales à se comporter comme dans les Feux de
l'Amour. Mais je me demandais si papa était le seul responsable. Il ne cachait
jamais qu'il avait déjà connu l'amour de sa vie. Or, tout le monde sait qu'en
ce domaine, UN, est un maximum...&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Marisha Pessl-La physique des Catastrophes.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.trouverunmec.net/public/.1042291_f520_s.jpg&quot; alt=&quot;grippe&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;grippe, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Caniveau</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/10/12/Caniveau</link>
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    <pubDate>Mon, 12 Oct 2009 19:27:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>people have the power !</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'aimais bien Frédéric Mitterrand. Je veux dire, avant qu'il soit Ministre.
Je n'aime pas les gens qui courent au plat de lentilles, surtout quand la
lentille est sarkozyste. Je suis viscéralement et bêtement antisarkozyste, il
suffit que NS dise qu'il fasse beau pour que je trouve que le temps est à
l'orage. Cet homme ne me donne aucune envie de faire un effort, il sape un à un
ce qui a construit notre nation : notre Ecole, nos protections sociales,
notre justice, nos institutions. Cette homme est petit, vil, vulgaire, inculte,
grossier et foule du pied une mission, une fonction, qu'il ne maîtrise
aucunement. Les habits qu'il porte sont trop amples pour lui, avec un peu de
chance, l'histoire fera en sorte qu'il s'empêtre dedans ; il est à
craindre que nos concitoyens en feront les frais. Je n'aime plus Frédéric
Mitterrand, comme je n'aime plus &amp;quot;Claudia&amp;quot; Bruni, comme je conchie Fadela
Amara, comme je trouve ridicule Martin Hirsch qui propose de rémunérer les
élèves s'ils se donnent la peine d'écouter leurs maîtres. Cette créature est un
avatar néfaste, une erreur historique ; c'est la victoire de la médiocrité
et c'est à mon humble avis l'ultime sursaut vital de la démocratie telle que
nous l'entendons depuis 50 ans. Avec Sarkozy, le suffrage universel direct a
atteint ses limites : nous n'élisons plus un homme, mais une image, un
produit, un affect, une émotion, une névrose. Cet homme est détestable et il
infecte irrémédiablement tous ceux qu'il approche. Je serai antisarkozyste
primaire tant que ce pantin sera au pouvoir, je ne demande aucune
justification. Je le hais parce que je hais ce qui est médiocre.&lt;br /&gt;
Frédéric Mitterrand m'était d'une indifférence somptueuse jusqu'à ce que je
lise &amp;quot;La Mauvaise Vie&amp;quot;. Dans ce roman, aux relents proustiens, il y avait tout
ce qui me fait vibrer : la sensibilité, l'honnêteté, et le regard mi-doux,
mi-compassé, mi-amer que toutes les vieilles tarlouzes qui ont passé la
cinquantaine doivent ressentir. Ce type a voulu dresser un bilan, il était
suffisamment nombriliste, et aussi suffisamment pudique, pour que ses écrits
fissent mouche.&lt;br /&gt;
Il voulut entrer en politique, il voulut défendre un oxymore : une
politique culturelle à l'heure où des pans entiers de notre culture et de notre
identité s'effondrent. Il eût pu se battre pour la défense des langues
anciennes à l'école, le statut des intermittents, la politique de subventions,
le soutiens aux jeunes précaires, le mécénat, la reconnaissance des arts du
vivant (danse et théâtre) aux heures de grande écoute, il préféra défendre
Hadopi. Mitterrand (je parle de lui au passé) ne fut qu'un prête-nom, un alibi
grossier, une petite parenthèse people dans une politique sans projet, sans
antennes, sans buts, sans socles, dénuée de la moindre sensibilité culturelle
et morale.&lt;br /&gt;
Mitterrand avait un atout : il était homosexuel. Pendant la semaine où le
feu des projecteurs le noya autant qu'il nous aveugla, Mitterrand aurait pu,
aurait dû, reconnaître que pour une folle de son rang, de son âge, de son
style, les pulsions de la jeunesse ne s'en laissent pas compter, l'attrait du
jeune minet est intact, et que son voyage en Thaïlande, malgré son éthique, ses
valeurs, ses principes, était là aussi pour le rassurer, lui faire du bien.
Oui, on va en Thaïlande aussi parce que le sexe est facile, parce que la
jeunesse (même &amp;quot;majeure&amp;quot;) s'offre à vous sans difficultés. Je ne vais
certainement pas faire l'apologie du sexe tarifé avec les mineurs, mais le fait
est, et de nombreux mecs y succombent, et je pense qu'ils ne sont pas pour
autant pervers.&lt;br /&gt;
Si le couple gay avait un sens, si on ne s'efforçait pas de le faire ressembler
à une copie-carbone du couple hétéro, avec le gosse, le chien et le pavillon,
si la communauté associative valorisait les couples au lieu de les brocarder,
si les vieux pédés étaient membres à part entière des lieux de sexe (à quand un
sauna qui propose du moins 20 % pour les plus de 50 ans ?), si l'itinéraire de
tous les pédés était envisagé avec la lumière et non, comme c'est le cas
aujourd'hui, comme une lente et inexorable descente vers la solitude et
l'oubli, sans doute, je dis bien sans doute, la plupart des mecs n'irait pas
chercher loin et illégalement ce qu'ils réclament à corps et à cris ici.&lt;br /&gt;
Mitterrand n'est qu'un tout petit ministre, mais il avait la chance, la tâche,
la responsabilité, de parler au nom des siens. Il préféra sauver son
maroquin.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;Le monde du mal échappe tellement, en somme, à la prise de notre esprit
!... L'historien, le moraliste, le philosophe même, ne veulent voir que le
criminel, ils refont le mal à l'image et à la ressemblance de l'homme. Ils ne
se forment aucune idée du mal lui-même, cette énorme aspiration du vide, du
néant.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Georges Bernanos-Journal d'un Curé de Campagne.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Vies parallèles</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/09/30/Vies-parall%C3%A8les</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3437ac80296b7f9c8048c2757fc6f09b</guid>
    <pubDate>Wed, 30 Sep 2009 12:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>my men and me</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je lui avais vaguement répondu : &amp;quot;Tu sais, moi-même, je ne saurais me
définir avec précision... Je suis absolument tout et son contraire : posé
et fantasque, excessif et mesuré, calme et électrique, érudit et primaire,
voire primal, rhéteur et poujadiste, tantôt de gauche, parfois de droite,
chrétien mais pas croyant, scientifique mais pas méthodique, en quête de
relations sans pour autant m'enfermer. Je suis un paradoxe ambulant, et c'est
mon équilibre...&amp;quot;&lt;br /&gt;
Lui, au contraire, était précis, sec et taiseux, éminemment taiseux. Il savait
façonner ces silences amusés et longs, pesants, parfois aussi lourds et à mes
yeux aussi indigestes que des pâtisseries autrichiennes. Voyant ma gêne devant
cette invraisemblable et terrifiante emprise, il m'avait déclaré : &amp;quot;Le
silence semble t'angoisser...&amp;quot; Il est vrai que celui qui se tait détient plus
les clefs du pouvoir que celui qui parle. Il m'avait cité l'exemple de
Mitterrand, le sphinx, qui capturait les autres par ses regards et ses
silences, comparé à l'autre petit roquet hululant et vulgaire qui nous sert de
président. &amp;quot;Lequel des deux est le plus crédible dans son pouvoir ?&amp;quot; m'avait-il
demandé. &amp;quot;&lt;em&gt;Lequel des deux détient réellement le pouvoir&lt;/em&gt; ?&amp;quot;&lt;br /&gt;
La rencontre est un jeu, un enjeu, de pouvoir de l'un sur l'autre ; la
rencontre est une indéniable épreuve de force et celui qui vainc est celui qui
ne se dérobe pas, ou ne s'encombre pas, derrière mille faussetés. Repensons à
nos deux présidents, ces deux exemples illustrent le propos à
merveille...&lt;br /&gt;
Habitué à abattre toutes mes cartes, à faire défiler mes mille personnages tous
aussi flamboyants les uns que les autres, je ne m'attendais pas à rencontrer ce
sphinx, souriant, magnifique, méthodique et analytique. La nuit commença, mon
studio ressemblait à un studio de prof, le lit n'était pas fait. Lui repliait
ses habits et regardait, sans qu'une once de jugement ne pût être décelable sur
son visage. J'imaginais que ses absences de mots provoquaient en lui mille
constats, allez savoir si je ne me trompais pas, tandis que ma cervelle entrait
quant à elle en éruptions successives, cratérisée par mille questions... &amp;quot;Que
pense-t-il ? que se dit-il ? qu'imagine-t-il ? qu'attend-il ?&amp;quot;
Plus mes interrogations se suivaient à la vitesse de la lumière, plus il était
lent, calme, hermétique.&lt;br /&gt;
Bien entendu il ne rappela pas, et ne rappellera jamais.&lt;br /&gt;
Je ne sais lequel des deux fut finalement le plus hermétique, je sais en tous
les cas lequel des deux remporta le bras de fer.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arlequin : &lt;em&gt;J'ai une commission à vous faire.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;De la part de qui ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;Oh de la part d'un brave homme, dites-moi, est-ce que vous
connaissez, par hasard, un certain Arlequin Battochio ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;Ouh, il me semble en avoir entendu parler...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;C'est un bel homme , trapu, râblé, amusant, qui cause bien,
maître de cérémonie...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;Je ne le connais vraiment pas...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;Et pourtant, lui, il vous connaît, et il est amoureux de
vous...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;Oh, vous me faites marcher...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;Voulez-vous que je vous le fasse voir ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;Je le verrais volontiers !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;Tout de suite ! Sur le champ !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;Ce serait donc vous celui qui dit m'aimer ??&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;C'est moi !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Sméraldine : &lt;em&gt;Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit en premier
?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Arlequin : &lt;em&gt;Parce que ce suis un tout petit peu timide...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Comedia dell arte...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.trouverunmec.net/public/.200px-SAND_Maurice_Masques_et_bouffons_01_s.jpg&quot; alt=&quot;arlequin&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;arlequin, sept. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.trouverunmec.net/public/.Reagan_Mitterand_1984__cropped__sq.jpg&quot; alt=&quot;Reagan_Mitterand_1984__cropped_.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Reagan_Mitterand_1984__cropped_.jpg, sept. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/09/30/Vies-parall%C3%A8les#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le vain devant soi.</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/09/20/Le-vain-devant-soi.</link>
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    <pubDate>Sun, 20 Sep 2009 13:10:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Voilà, la rentrée des classe est passée.&lt;br /&gt;
Un peu agitée cette année, une fois n'est pas coutume, il faut que nous en
parlions. Traditionnellement, la rentrée des classes est un des moments pivots
de mon existence, comme nombre d'autres profs je suppute. C'est l'occasion
d'une nouvelle rencontre : soi et la classe, une entité de prime abord
vague et indéfinissable qu'il va falloir apprendre à connaître. J'aime l'image
de la motte d'argile, mal dégrossie et enflée d'impuretés, que,
consciencieusement, avec patience, parfois avec pas mal d'énervement aussi,
l'on élève. J'aime aussi cette homonymie : &amp;quot;l'élève&amp;quot;. Jamais, je pense,
que n'ai pris ces petits bonshommes ou ces petites bonnes femmes pour des
enfants. Je vous fais une confidence, les enfants m'emmerdent. En revanche,
j'aime ces futurs adultes : il y en a des biens, il y a des cons, il y a
des gens brillants. Mon rôle n'est pas de juger mais d'instruire, le reste,
c'est du bla bla.&lt;br /&gt;
Il y a quelque chose de christique dans mon métier, je le dis sans orgueil. De
rien, ou de si peu, on édifie, construit, fait cheminer, du mieux possible,
sans par ailleurs détenir la moindre vérité sur la méthode à employer.&lt;br /&gt;
La rentrée des classes, tout comme mon métier, est éminemment rituelle. Tout
est calculé dès le premier jour : la tenue vestimentaire, la diction, le
phrasé, le ton de la voix, la posture. Aucun geste n'est laissé au hasard.
Lorsque je lis nonchalamment devant mes élèves, je le fais exprès, pour qu'ils
me voient lire lorsque j'ai un moment de libre. J'ai une autre manie
aussi : je ne supporte pas de nettoyer le tableau au chiffon. Je passe
l'éponge, puis la serpillère, puis un coup de torchon sec, pour leur montrer
qu'on doit toujours travailler sur quelque chose de propre. J'ai plein d'autres
marottes de ce genre : l'emplacement de la règle sur les pupitres, qui
doit être devant soi pour éviter qu'elle ne tombe bruyamment, les cahiers que
l'on referme et qu'on place en haut à droite dès que le travail est terminé,
pour que je voie qui n'a plus rien à faire en un simple coup d'oeil. Ils
croisent les bras tandis qu'ils m'écoutent, sans jouer avec leurs stylos ou
quoi que ce soit, tout simplement parce que je suis convaincu qu'on apprend
mieux dans le silence et la quiétude. Ma classe est une aire, un hâvre hors du
temps, coupé du monde, qui sent bon la IIIème République et les dictées
d'antan. Je ne le fais pas par nostalgie, mais par pur bon sens. Tous ces
petits rituels sont nécessaires car ils cadrent un enfant, devenant élève 6
heures par jour et quatre fois par semaine (seulement quatre...), ce n'est pas
être réac, c'est être pratique. Le reste, les Piaget, Meirieux et consorts, la
psychologie de l'enfant, le bien être, ce sont des conneries. Un gosse apprend
dans le calme, un point c'est tout. Je suis l'instit que les élèves ne veulent
pas avoir le 2 septembre, je suis aussi celui qu'ils réclament comme des fans
le 3 juillet. That's my life.&lt;br /&gt;
Il s'avère que ce boulot, que je fais bien, avec passion, et sans jamais, en 10
années, avoir une seule fois regardé ma montre, est mis à mal. Mis à mal par
les syndicats, d'abord, qui m'ont flingué ma rentrée sous prétexte qu'il aurait
fallu que nous exigions une ouverture de classe qui était illégitime.
Bilan : une matinée de foutue, et pas n'importe laquelle : les trois
premières heures, si décisives, vous l'avez compris. Les parents d'élèves bobo
ensuite. Je bosse dans une ZEP du XIXème, 303 élèves et une petite clique de
bourges télérama-Cohn Bendit-RESF-France Inter qui se complaît à nous servir de
conscience politique. Ces gens-là, pour défendre leurs gosses et calmer leurs
névroses, peignent des banderoles, hurlent que l'école est en danger, qu'elle
doit être un lieu de vie, organisent des taboulés party, et nous enjoignent de
signer des pétitions. Je ne les porte pas trop dans mon coeur, et c'est
réciproque. Quand j'ai un de leurs enfants dans ma classe, ils se la jouent
profil bas. Je fais partie de ces instits qui n'ont aucune leçon à recevoir de
qui que ce soit lorsque je pratique mon job. Je suis celui qui sait, et je
connais mon affaire. Si un parent vient gueuler, je le reçois, avec l'absence
de diplomatie qui me caractérise dans ces cas-là. Le dernier en date, une
espèce de grand débile sorti d'un Dupuy-Berberian avec un serre-tête dans les
cheveux (si ! si !) qui voulait des clarifications sur les devoirs de sa
fille (consigne : &amp;quot;copier 5 fois et apprendre par coeur les mots de la
dictée&amp;quot;, soit-disant que ce n'était pas clair). Dans ces situations, je suis
comme avec les mecs : hautain et cassant. En fait, il trouve ma manière
d'agir un peu débile, voire franchement réac. Vous savez, ces parents qui
considèrent qu'il est plus important que leurs gosses réfléchissent sur le sens
de la vie et fassent des projets solidaires sur le développement durable en
Ouganda au lieu de saisir la nuance entre un H aspiré et un H muet... Ce genre
de type : chasse d'eau, direct.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ceux qui ont tenu le fil de la lecture à ce stade, une question doit
s'imposer : &amp;quot;mais pourquoi diable aborde-t-il ce sujet qui ne nous
concerne pas vraiment ?&amp;quot; Ben en fait si. Sur le papier : ma vie
professionnelle est accomplie. Elle n'évoluera plus. Je pourrais passer un
diplôme, j'ai par exemple essayer d'envisager celui de formateur d'instit, mais
le discours débile et marketing qu'on nous a vendu (&amp;quot;vous serez l'école du
XXIème siècle&amp;quot;) m'a fait immédiatement fuir. Je me suis vaguement lancé dans la
préparation d'une agrégation d'histoire-géo, mais à supposer que je l'aie, je
ne me vois pas enseigner à des grands dadets boutonneux. Au mieux du mieux, ce
serait la fac qui me plairait, je ne dis pas que je ne me lancerai pas un jour
dans une thèse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela pour dire qu'avec les années, notamment celles qui commencent par
un 4 qui se profilent à l'horizon, une certaine forme d'accomplissement
apparaît. Cet accomplissement s'accompagne néanmoins d'une relative
incomplétude. En d'autres termes, il manque quelque chose. Le boulot :
c'est au point, et rien ne m'y fera évoluer (sauf si je choppe le Goncourt...),
arrivé à 37 ans, on n'a pas non plus forcément envie de se lancer dans des
choix hasardeux, par exemple enseigner en lycée dans le 94... Et d'un autre
côté, vivre à Paris avec 1800 euros par mois, surtout quand on est pédé et
qu'on sort quatre fois par semaine au minimum, c'est limité.&lt;br /&gt;
La &amp;quot;Crise du milieu de vie&amp;quot;, c'est exactement cela : être accompli mais se
rendre compte que quelque chose finira toujours par manquer. Nous vaquons,
courons, nous interrogeons, nous orientons, en nous demandant si ces étapes
franchies, nous ne serons pas (maybe so) un peu plus heureux. Certes, il est
légitime d'aspirer à davantage de confort matériel, mais est-ce vraiment &amp;quot;the
key point&amp;quot; comme disent les Anglo-Sax ?&lt;br /&gt;
Jusqu'à 35 ans, nous passons notre temps à construire. C'est comme les
élèves : on joue avec de l'argile, on modèle, on déforme, on tente, on
cogite. Les mecs que nous rencontrons pendant ce temps-là sont exactement
ça : un objet / sujet d'expérience. Une personne qui convient parfaitement
bien pour répondre à nos interrogations du moment (interrogations qui se
nichent dans les espaces les plus inconscients et redoutés de notre esprit tout
juste sorti de l'enfance). Puis, lorsque tout est en place, nous nous rendons
compte que c'est sur un véritable royaume que nous régnons, et la tâche qui
nous incombe est alors de le visiter, de le dompter, si possible de le
respecter.&lt;br /&gt;
Il est difficile en ce moment de rencontrer un mec avec qui ça &amp;quot;accroche&amp;quot;. Des
rencontres, avec les copines, on en fait, un max. Mais ça ne tient pas, il n'y
a pas le déclic comme me le disait un plan cul la semaine dernière, alors que
finalement, on cherche pourtant tous un peu cela... Je crois, je pense, que si
l'accroche est plus ardue, c'est avant tout parce que nous ne sommes plus en
questionnement. Nous sommes désormais capables de proposer à l'autre, et au
monde, ce que nous sommes. Je dis &amp;quot;nous&amp;quot;, pas &amp;quot;moi&amp;quot;, parce que j'ai le
sentiment que ces situations (interrogations professionnelles, errements
sexuels, procrastination sentimentale) nous sont communes. Cependant, comme me
le dit un de mes grands amis : &amp;quot;dis &amp;quot;je&amp;quot;, sinon, tu parles à la place des
autres...&amp;quot; Je vous laisse donc juge.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Les hommes commencent par l'amour, finissent par l'ambition, et ne se
trouvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent.&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
La Bruyère-Caractères-III&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>C'est la rentrée !</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/08/28/C-est-la-rentr%C3%A9e-%21</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Aug 2009 18:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>my men and me</category>
        <category>du cul ! du cul ! du cul !</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Je ne sais pas vous, mais moi, je frétille comme un gamin une bonne semaine
avant la rentrée scolaire. Comme tous les profs qui se respectent, mon
calendrier est très différent de celui du commun des mortels. Les années
commencent en septembre, s'achèvent en juin. Les deux mois de vacances
scolaires sont &amp;quot;hors du temps&amp;quot;, comme dans le calendrier maya : liberté,
frénésie, aucun horaire, aucune règle. On se lâche, au sens primal du terme.
Après ces deux mois de liberté, il faut rentrer, en même temps que l'automne.
Temps des bilans, des résolutions, ayant en ligne de mire le mois d'avril et le
printemps.&lt;br /&gt;
C'est sans doute pour cette raison que l'été connaît un développement hormonal
relativement hors du commun : en deux mois, soyons honnêtes, j'ai dû
niquer près d'une cinquantaine de mecs (partouzes comprises). C'est dingue
quand on y pense. Je raconte une anecdote, véridique, et je conclus
doctoralement, parce qu'il y a une morale, me dis-je.&lt;br /&gt;
C'était donc dans les dunes : petits groupes qui se reniflent, moyenne
d'âges d'environ 58 ans, pas franchement de mecs glamours. Bon, je ne suis pas
une bombe, non plus, mais j'ai encore mes exigences. Je repère LE beau type, le
suit, timidement (je précise, c'est nudiste, on est tous à poil là dedans) et
il m'ignore, copieusement. C'est souvent comme ça : on attire ceux qu'on
ne veut pas, etc. etc. Le jeu se met en route, ça tourne, ça mate, ça
transpire, ça s'excite trop pour ne pas tenter quelque chose. Le beau mec entre
dans un buisson, se fait sauter dessus par quatre types, franchement pas
terribles. Je me dis, insère-toi : tout se passe avec un succès non
démérité. Le type se fait prendre par quelques mecs (votre serviteur participe,
qui avait une capote sous sa casquette) et la chose se déroule dans la bonne
humeur.&lt;br /&gt;
Au moment de se rebraguetter (c'est une image) pour aller piquer une tête dans
la Méditerranée, un pépé, genre Tom Bombaldil assis sur une souche, me regarde
en souriant. &amp;quot;&lt;em&gt;C'était bien&lt;/em&gt;&amp;quot; me dit-il (il me semble que ses propos
étaient affirmatifs), j'opine. Il poursuit : &amp;quot;&lt;em&gt;Quand je pense que j'ai
60 ans, j'aurais dû en profiter un peu. Moi, je préfère les femmes, parce
qu'elles crient plus, mais là, franchement, j'ai aimé&lt;/em&gt;.&amp;quot; Il était vraiment
touchant, d'honnêteté, de candeur, il avait envie de s'informer, il était open,
et on a causé. Il termine par : &amp;quot;&lt;em&gt;Tu as remarqué, je ne vous ai pas
dérangés&lt;/em&gt;&amp;quot;, ce qui vu le contexte, était vraiment drôle.&lt;br /&gt;
Bon, ben c'était un plan cul parmi d'autres ; vous avez échappé à la salle
de sport hétéro, aux Tuileries, à Jaurès, au jogging aux Buttes Chaumont, au
mec de 18 ans, aux plans Aka Aki et Grindr et à l'addiction qu'ils
engendrent.&lt;br /&gt;
Je vais cependant en tirer une leçon : nous avons des périodes de cul,
c'est normal et logique. Et nous en profitons, cela se fait dans la bonne
humeur, la prudence, la convivialité et le respect de chacun. Ce vieux mec, je
ne le connais pas, mais c'est un fait, j'aurais aimé qu'il eût ma chance. Il
avait l'air un peu dépité, et m'a vaguement fait comprendre, que nous autres,
pédales bientôt quadragénaires, nous connaissions peut-être notre chant du
cygne. Ces périodes hors du temps, il faut que chacun se les octroie :
être dans le non-jugement, lâcher-prise, aimer ce que nous sommes et
s'épargner. Ovide nous invitait à entr'ouvrir notre porte, je pense que la
leçon ne doit jamais s'arrêter de porter.&lt;br /&gt;
Profitez-en, protégez-vous et bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Portier, toi que chargent, ô indignité ! de lourdes chaînes, fais
rouler sur ses gonds cette porte rebelle. Ce que je te demande est peu de
chose : entr'ouvre-la seulement, et que cette demi-ouverture me permette
de me glisser de côté ; un long amour m'a assez aminci la taille, et a
rendu mes membres assez maigres pour qu'ils puissent y passer ; c'est lui
qui m'apprend à m'insinuer sans bruit au milieu, des gardes, c'est lui qui
guide et protège mes pas. Autrefois je redoutais la nuit et ses vains
fantômes ; je m'étonnais qu'on pût marcher au milieu des ténèbres ;
alors Cupidon se prit à rire avec sa tendre mère, assez haut pour se faire
entendre de moi ; puis il me dit tout bas : &amp;quot;Toi aussi tu deviendras
brave.&amp;quot; L'Amour vint me surprendre bientôt, et maintenant je ne crains ni les
ombres qui voltigent dans la nuit ni la main meurtrière armée contre moi.&lt;/em&gt;&amp;quot;
Ovide-De l'Amour. Elégie VII.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Le parti pris des chieuses</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/08/10/Le-parti-pris-des-chieuses</link>
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    <pubDate>Mon, 10 Aug 2009 11:41:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>you and me</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Voilà plus d'un an que vous lisez ces lignes et que je vous fais part des
mes divagations philosophico-nombrilistes sur le couple, l'amour, les grands
marées et la cours du Mark. Voilà plus de deux ans que j'enchaîne d'agréables
expériences sexuelles zé autres afin d'alimenter de manière conséquente et
utile ces quelques pages. J'ai l'impression que la boucle est bouclée,
honnêtement, si si, ça me gonfle de branler mes petits synapses en remuant des
vérités sempiternelles. J'ai envie de bloguer normalement, en racontant ma vie,
mes plans cul, mes plantages, et tout ça, j'ai surtout envie d'être drôle et
caustique parce que ce blog a pris un tour trop sérieux, et il y a bien une
chose qui m'exaspère, ce sont les choses trop sérieuses. C'est précisément
parce que j'ai pris ma rupture trop au sérieux que ces lignes sont nées. Alors,
voilà, la mue est faite. Officiellement, avec quelques copines, on s'est mis
dans la folle idée de chercher un mec durable. Inutile de me demander ce que
j'entends par là, mais les plans cul à répétition sont devenus d'un banal
(dit-elle en se rebraguettant). Soit je tombe sur des coups moyens, soit
moi-même, comment dire, je manque d'inspiration, mais le fait est. Des trucs me
manquent, je crois que je deviens normative. Alors, ce qui manque, je vous
rassure, ce ne sont que des débilités : la petite pipe dominicale du matin
avec l'amoureux, une vraie scène de ménage sur des prétextes fallacieux et sans
intérêts où je pourrais enfin gueuler : &amp;quot;Mais putain, tu es vraiment trop
con quand tu t'y mets !&amp;quot;, faire des plans à trois et rentrer à deux &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt; en
disant que Tristan est un super coup et qu'il faudra penser à le recontacter
pour la crémaillère, réserver une chambre double pour les vacances, enfin tout
ça machin. Hormis ces menus détails dont le commun des mortels semble très bien
se passer, je pense être absolument autonome.&lt;br /&gt;
Dans trouver un mec en 10 leçons (mon éditeur m'a demandé de remettre une
louche, alors je me plie), nous avions commencé avec un constat simple :
qu'est-ce que je veux en étant avec un mec ? Tant que je n'ai pas d'idée
claire à ce sujet, en gros, tant que je ne me connais pas vraiment, je pense,
très sincèrement, que cela ne vaut pas la peine de s'évertuer à chercher. Se
connaître prend du temps, mais il me semble qu'une fois cette petite étape
franchie, les choses se décantent très facilement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En réalité, pour rencontrer un mec, il faut donc qu'il ne manque que
d'apparentes futilités (et merde, je redeviens professorale). Voilà, Ita Misa
Est, je pars en vacances, et en rentrant, je vous informerai point par point de
l'avancée des opérations. Il est probable que vous n'en ayez strictement rien à
foutre, ce qui me laisse à penser que ces excès de futilités pourraient par
conséquent vous être utiles.&lt;br /&gt;
Je vous embrasse ! Bon vent !&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Je résume d'un mot : le mauvais homo a une vie sexuelle. Le bon homo
(...) respecte les lois, la majorité, la minorité, l'enfance, la famille,
l'ordre, l'épargne, les sens interdits, la pudeur. Il ne drague pas, ne se
masturbe pas, garde l'anus clos, dédaigne les pénis (surtout en érection),
s'habille en employé plutôt qu'en homme ou en femme, prend volontiers modèle
sur les prêtres en civil...&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
Tony Duvert-L'enfant au Masculin. &lt;em&gt;Le titre de ce billet, dont je ne suis
pas peu fière, vous laissera envisager à quelle catégorie je suis censée
appartenir...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Leurs bibliothèques</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/08/03/Leurs-bibliotheques</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:66f3179ec414455e67ebca424df743ec</guid>
    <pubDate>Mon, 03 Aug 2009 19:13:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>my men and me</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il y a ceux qui en prennent soin, la rangent consciencieusement,
l'actualisent, trient par thème et ordre alphabétique. Les romans, les essais,
les revues : chaque chose est à sa place. Vous glissez un doigt (sur les
rayons), pas de poussière. Les classiques sont là, j'ai remarqué qu'il y avait
beaucoup de littérature contemporaine. On y retrouve aussi, immanquablement,
quelques chroniques de San Francisco. Ces garçons-là sont ordonnés, calmes,
plutôt cultivés et prévisibles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ceux qui ne rangent rien, mélangent, entassent et font tomber. Des
piles sur les cartons, de tout, des choses lues, d'autres ne le seront jamais.
Tout s'y côtoie, le pire comme le meilleur : des livres sur l'Antiquité,
des Philippe Roth, un Bernard Schlinck et un Ralf Köning. Ces garçons-là
risquent de vous surprendre, ils ne sont pas très rangés, ne savent pas trop
s'organiser, et sont assez peu sûrs d'eux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ceux qui sont monomaniaques : récemment, j'étais chez un mec qui
n'avait lu que des livres en rapport avec la Révolution Française. Des
biographies, des essais, des romans : tout s'enchaînait autour d'un seul
thème. Ils sont fiers de leur érudition, mais et c'est heureux, n'en parlent
guère. Ce ne sont pas de grands lecteurs, vous risquez peut-être de vous
ennuyer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ceux qui ne lisent pas mais ont tout de même une bibliothèque. Vous
les reconnaissez facilement, ne figurent que les romans et recueils enseignés
au lycée (pour l'instant en tout cas ; il paraît qu'Amélie Nothomb entre
au programme de Première). Du Flaubert, du Daudet, du Maupassant et les
Contemplations. Les tranches sont peu usées. Dans les deux derniers rayonnages,
il y a des DVD.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y en a d'autres, et d'autres encore, qui ne regardent même pas
vos étagères, qui vous écoutent, et vous apprécient, simplement, pour ce que
vous êtes, dites et faites. Ceux-là sont légions, mais on les repère moins
facilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;Reconnaître que l'âme de l'homme est inconnaissable est le suprême
accomplissement de la sagesse. Le mystère final est soi-même.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Oscar Wilde-De Profundis.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le hérisson</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/07/14/Le-herisson</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:077edd2178de9b4ba89ac43eac860d55</guid>
    <pubDate>Tue, 14 Jul 2009 14:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Titre paresseux, j'en conviens, mais parfaitement adapté à la situation du
moment. En préambule, un petit avertissement : je vais (promis, dans la
mesure du possible) essayer de passer plein de lignes, rédiger des kyrielles de
paragraphes aériens et clairs comme de l'eau de roche, enfin, veiller à faire
un minimum attention à la forme, mais je sens que ça va vite me fatiguer cette
histoire là. Point à la ligne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas vous parler du livre de Muriel Barbery, que je n'ai
d'ailleurs pas lu, ni du film avec Balasko, que j'ai pris un réel plaisir à
regarder il y a quelques jours. Le thème de la fiction, en revanche, a retenu
mon attention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je veux parler de la &lt;em&gt;théâtralisation&lt;/em&gt; de nos sentiments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense, et je ne crois guère me tromper, que tout, strictement tout ce qui
nous arrive n'est jamais anodin ou lié exclusivement à une conjoncture externe
(pléonasme ?). Nous suscitons, provoquons, sommes responsables du monde qui
gravite autour de nous et qui nous influence.&lt;br /&gt;
Sartre disait quelque chose comme : &amp;quot;&lt;em&gt;Ce que je pense pour moi-même
sert au monde entier&lt;/em&gt;&amp;quot;. Ce qu'il voulait signifier, ce que la moindre de
nos pensées, de nos opinions, de nos actes, de nos comportements, de nos
manières d'être au monde, influencent autrui qui, à son tour, intervient dans
nos existences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je ne pense pas que le sort s'acharne sur le célibataire qui &amp;quot;ne
rencontre pas&amp;quot;, sincèrement. Je n'ai pas vraiment de recettes mais j'observe
mes congénères, et moi-même aussi : tout est mis en place pour que la
rencontre ne se fasse pas. A titre personnel, je peux endosser un costume
effroyable : être pétri de morgue, antipathique au dernier degré, peu
aimable, goguenard, moqueur, et très rapidement, mon interlocuteur ira
s'épuiser. Mon objectif d'auto-sabotage a parfaitement réussi. D'autres fois,
nous pouvons déglinguer une relation naissante en surenchérissant nos appels
téléphoniques, sachant pertinemment que ces harcèlements successifs vont
étouffer l'autre, le faire s'enfuir, le rejeter.&lt;br /&gt;
Balasko, dans ce film, a endossé un costume parfait : petite, laide,
désagréable, sans intérêt. Ainsi, tout le monde l'ignore, et, tranquillement,
elle peut lire, prendre son temps, jusqu'à ce qu'un amoureux réussisse à percer
sa carapace, pour son plus grand bien.&lt;br /&gt;
Je ne condamne pas trop les gens qui se transforment en hérisson : c'est
une protection, nécessaire. Je dois confesser que je fais partie de cette
catégorie, peu affable de prime abord, méfiant, sur le qui vive, voire
désagréable si je suis mal luné. Il s'agit, à mon sens, d'une réaction presque
darwinienne. La crainte est un fait, un comportement légitimes. Pis, la crainte
peut devenir un excellent moyen de se protéger, d'exister. Il est logique,
naturel, je dirais, de considérer qu'un homme, éconduit, ou ayant souffert
suite à des ruptures successives, ou des deuils, ou d'autres drames, décide de
se protéger. Cela ne semble pas inopportun, c'est même, au contraire, très
sain.&lt;br /&gt;
M'est avis que cette carapace partira seule, sans qu'il y ait un quelconque
besoin de se forcer. Un beau jour, un ami vous dira : &amp;quot;&lt;em&gt;aime ton
prochain&lt;/em&gt;&amp;quot;, un autre vous avertira : &amp;quot;&lt;em&gt;baisse les armes&lt;/em&gt;&amp;quot;, le
troisième expliquera : &amp;quot;&lt;em&gt;tu peux appeler, si ça ne va pas, on dîne
ensemble mercredi ?&lt;/em&gt;&amp;quot;. Progressivement, des failles dans la carapace vont
faire leur apparition, sans douleurs, sans forcer. Là est la force d'autrui,
notre pire gardien, mais notre meilleur guide aussi...&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant, tapissé de
nombreuses plantes appartenant à de nombreuses espèces abritant des oiseaux qui
chantent dans les buissons, des insectes variés qui voltigent çà et là, des
vers qui rampent dans la terre humide, si l'on songe que ces formes si
admirablement construites, si différemment conformées, et dépendantes les unes
des autres d'une manière si complexe, ont toutes été produites par des lois qui
agissent autour de nous.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Charles Darwin-L'origine des espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Le méchant est pris dans ses propres iniquités... Il mourra faute
d'instruction, Il chancellera par l'excès de sa folie.&lt;/em&gt;&amp;quot; (Proverbes 5,
22-23).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.trouverunmec.net/public/./.herisson_s.jpg&quot; alt=&quot;hérisson&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;hérisson, juil 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/07/14/Le-herisson#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lobotomie</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/07/09/Lobotomie</link>
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    <pubDate>Thu, 09 Jul 2009 14:31:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'ai reçu un mail hier. La plupart, je réponds en tête à tête mais celui-ci
m'a donné envie de diffuser plus amplement la bonne parole. Ludovic
(appelons-le Ludovic, ce prénom m'a toujours excité) m'a proposé en un nombre
considérable de paragraphes ma psychothérapie et, sous couvert de me dire que
ton-blog-est-génial-ne-change-rien -mais tes billets sont trop longs (ça, c'est
moi qui ajoute)-, il clôt par la sentence que je n'avais vraiment jusqu'ici
jamais entendu de ma petite vie : &amp;quot;tu te prends trop la tête, laisse
aller, à mon avis, ton blog, il te sert juste de thérapie et t'empêche de voir
ce qui se passe autour de toi, l'amour est à ta portée, c'est clair...&amp;quot;&lt;br /&gt;
Sacré Ludo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi j'me mêle, non mais zut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fait chier...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lune tourne autour de la Terre et la pluie ça mouille aussi, non ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une, ce jeune mirliflore ne me connaît pas et j'aurai sans doute été un de
ses fantasmes virtuels de plus, de deux, chez moi, la &amp;quot;prise de tête&amp;quot; est à peu
près aussi naturelle que se gratter le derrière pour un babouin, d'avoir de la
laine sur le dos pour un mouton ou d'être conne pour Roselyne Bachelot. C'est
un fait, un fait lourd. On me propose le moindre sujet insignifiant,
j'intellectualise, je rhétorise, j'analyse, je détricote. J'ai même une fois
lancé à mon ex toute une théorie sociologique sur la vie des schtroumpfs et le
patriarcat (note à mon futur mec qui me lit peut-être : parfois, je suis
moins chiant, paraît-il... Ah, et puis, tant que je te tiens, quand est-ce que
tu me rencontres ?).&lt;br /&gt;
C'est comme ça, je ne vais pas me changer maintenant, et de toute façon, c'est
mon cerveau qui est ainsi. Je ne reviens pas en arrière, ça coûte cher une
psy.&lt;br /&gt;
Cette introduction nombriliste pour vous signifier que je vais encore
intellectualiser un truc à mort, mais je trouve ça vraiment intéressant. Il
existe deux modes, en ce moment, dans les études pas chères sur la relation à
deux : &amp;quot;pourquoi je t'aimeuh, pourquoi tu ne m'aimeuh plus, et tout le
toutim&amp;quot;. La première tendance, que je qualifierais de &amp;quot;zen-new age&amp;quot;, c'est tous
les conseils adorables sur le &amp;quot;être soi-même&amp;quot;, &amp;quot;être son propre ami&amp;quot;, &amp;quot;se faire
confiance&amp;quot;, &amp;quot;sourire à la vie&amp;quot;, tout ça machin. Bon, on en a déjà parlé, c'est
évident que le dépressif chronique et suicidaire thuriféraire de Lautréamont et
Céline a moins de chance de rencontrer l'âme soeur que Candy Neige André (oui,
je suis vieille), on ne va pas y revenir, ces petites saillies pleines
d'optimisme ont le don de me les gonfler grave sa mère. Non qu'elles soient
inutiles, mais sont proprement exaspérantes les pédales maquées depuis peu qui
vous assènent les &amp;quot;ça viendra&amp;quot;, &amp;quot;il faut d'abord que tu t'aimes toi-même avant
d'aimer quelqu'un&amp;quot;, &amp;quot;aie confiance&amp;quot;, &amp;quot;c'est quand on ne s'y attend pas,
taratata&amp;quot;, &amp;quot;et au fond, finalement, est-ce que cette situation ne t'arrange pas
?&amp;quot;, j'en passe, et des plus connes encore...&lt;br /&gt;
L'autre tendance est apparemment plus médicale : c'est une question de
cerveau. On en avait déjà un peu parlé aux débuts de ce blog : le
fonctionnement de nos synapses est loin d'être anodin dans notre rapport à la
rencontre. J'ai appris récemment, au cours d'une conférence, que des cerveaux,
nous en avions trois : le cortiqué, l'émotionnel et le reptilien. Dans ces
trois zones se nichent trois facettes de notre être : le mental et le
spirituel dans le cortiqué, le sentiment et la culture dans l'émotionnel et le
physique dans le reptilien.&lt;br /&gt;
Pour entrer dans l'autre (c'est une image) : il faut délivrer un message,
c'est-à-dire &amp;quot;se métamorphoser&amp;quot;. Il me plaît physiquement (reptilien :
j'ai la gaule), je dois exprimer ma passion (émotionnel) en tâchant de rester
sage (cortiqué). Trois circuits, formant une sorte de triangle, vont
s'entrechoquer, et je vais, par trois fois, me métamorphoser.&lt;br /&gt;
Autrement dit, le corps de l'autre, celui que mon reptilien trouve bandant, va
me permettre d'élaborer un message qui va viser à transformer cette simple
pulsion en quelque chose de, comment dire ? plus éthéré. Nos réponses au
mec sont une triple élaboration, et le tout est de savoir équilibrer les
trois.&lt;br /&gt;
Comment faire ?&lt;br /&gt;
Le neurologue explique la chose suivante : dans chaque rencontre, le
partenaire voit des choses de l'autre que l'autre ignore, c'est ce qui se nomme
&amp;quot;le jardin secret&amp;quot;, une part d'insoupçonné est en nous et n'est révélé que par
les métamorphoses successives que nous mettons en branle au contact d'autrui
(ce qu'autrui voit très bien). Notre travail consiste alors à faire passer le
maximum d'émotions (cerveau émotionnel) pour que Bidule saisisse le
message : tu es beau, tu me plais, j'ai du désir (littéralement : le
désir signifiant &amp;quot;aller vers&amp;quot;) lorsque je suis à ton contact.&lt;br /&gt;
Bon, je vais m'arrêter là, ça a duré deux heures, c'était passionnant et je
n'ai pas tout compris, n'ayant retenu que ce qui m'intéressait. Ceux qui ont
capté peuvent témoigner...&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;Un jour, je me suis réveillé, aveugle comme le destin. Je me demande
parfois si je ne dors pas encore&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Samuel Beckett-En Attendant Godot&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les hommes, leur I-Phone et Baudrillard</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/07/03/Les-hommes-leur-I-Phone-et-Baudrillard</link>
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    <pubDate>Fri, 03 Jul 2009 13:29:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>love, etc.</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Dire que la chose masculine est complexe est un doux et délicat euphémisme.
Mais il y a bien un domaine dans lequel nous nous opposons, nous pédales
éconduites et pérégrinantes, en deux camps bien distincts, c'est dans notre
gestion de la chose portable et numérique. Deux camps s'affrontent, et je
paraphraserai Michael Jackson (The Girl is Mine) : &amp;quot;There are lovers,
there are fighters&amp;quot;. J'appartiens à la première des deux, vous trouverez votre
catégorie lorsque la chose sera explicitée plus allant. Prenons un exemple à
peine personnel, on l'a tous vécu, c'est même presque un lieu commun.&lt;br /&gt;
Une rencontre, admettons à une soirée, chez des amis, un anniversaire, peu
importe. Une rencontre qu'on va qualifier &amp;quot;hors normes&amp;quot; : pas sur le
réseau, pas dans le Marais, pas dans un bar, autrement dit, une rencontre
rendue intéressante grâce à son particulier contexte. Dans ces cas en effet, le
hasard a joué son plus joli coup de maître, rien, strictement rien n'était
attendu. Un regard, des sourires, une conversation, quelques hésitations, et
plaf, on se lance, et la folle nuit blanche insoupçonnée prend racine et
s'entiche d'une incursion dans le réel. Le fantasme est devenu concret. L'amour
est finalement à portée de main.&lt;br /&gt;
Très important le contexte de la rencontre, il faudrait y revenir. Il est à mon
avis clair que &amp;quot;l'autre&amp;quot; devient affublé d'une aura supérieure lorsqu'il est
rencontré au moment le plus inopportun qui soit. Dans le même temps, ce
contexte n'est pas gage de succès, ce serait encore trop facile. Mais venons-en
au fait.&lt;br /&gt;
La nuit fut extatique (prenons un exemple optimal si vous le voulez bien), on
se lève tôt, très tôt, parce que le lendemain, il faut travailler (admettons
que la-dite soirée eût lieu en semaine ou que nos impétrants travaillassent le
week-end) et on s'échange nos numéros de téléphone portable. Je ne sais pas si
c'est parce que je suis devenu l'heureux propriétaire d'un I-Phone depuis peu,
mais l'irruption de ce magnifique et inutile objet transitionnel entre nous
deux eut tendance à accroître mon sentiment de toute puissance sur
&amp;quot;l'autre&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Baudrillard a écrit des tas de choses fascinantes là-dessus. Lorsqu'il
dit : « &lt;em&gt;La séduction représente la maîtrise de l'univers
symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers
réel.&lt;/em&gt; », il est loin d'avoir tort... Nous confondons évidemment, dans nos
rapports à l'amour, la séduction et le pouvoir sur l'autre. Aujourd'hui, sortir
son jouet high tech et demander un numéro après une nuit de baise explosive,
implique de facto que l'autre soit sur la même longueur d'onde. Ici, pas de
séduction de l'autre, mais sa simple chosification. Celui qui a un I-Phone
aujourd'hui, c'est le même pantin qui sortait son portable SAGEM au restaurant
en 1995 : il est dans le vent, il a l'objet absolu, la marque d'argent, de
pouvoir, il est fun, il est grand et puissant. Rappelez-vous en 1985, nous
voulions tous des walkman, un peu pour ces raisons-là : disposer
facilement d'une touche, d'un regard différent d'autrui à notre endroit. Notre
rapport à l'objet est indissociable de notre rapport à nous-mêmes. L'objet, et
celui-là en particulier, c'est l'enfant qui dort en nous qui vient à se
réveiller, et qui veut l'exprimer haut et fort, il veut se distinguer des
autres, être dans le vent. Son sentiment de puissance devient aussitôt
avéré : Nietzsche disait : l'enfance est une innocence, mais aussi
une négligence. J'ajouterais : le sentiment d'enfance est une innocence
surpuissante, et tout autant une négligence surpuissante, de soi-même comme de
l'autre....&lt;br /&gt;
Evidemment, arrivent les deux camps : ceux qui résistent à l'envie
d'appeler, et ceux qui y succombent et ne peuvent s'empêcher d'envoyer des
textos, des mails, des messages sur FB (l'I-Phone renforce notre idée de
pouvoir sur le monde, non la séduction du monde) : tous les moyens sont
bons pour que l'autre devienne partie prenante de notre univers ;
techniquement, la mécanique est très au point. Il est impossible de ne pas
avoir accès électronique à l'autre.&lt;br /&gt;
Humainement, et heureusement, l'autre a encore le choix de ne pas rappeler,
avec des raisons qui lui sont propres. Quel que pût avoir été le contexte de la
rencontre ou le moment fabuleux passé au pieux...&lt;br /&gt;
Ce petit billet simplement pour signifier à l'aimable engeance qui lit ces
lignes qu'il n'est pas si important qu'on soit transit devant son téléphone ou
qu'on joue l'indifférence, il faut simplement accepter que l'autre est un
humain, pas un numéro de téléphone ou un profil twitter, il n'est pas un
périphérique plus ou moins bien harmonisé avec notre petit monde de pédale
urbaine, et ça, malgré le râteau mémorable que je me suis pris, je trouve ça
vachement bien !&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;Avant que l'oeil ne perde sa capacité de voir, il verra jusqu'à un poil de
duvet. Quand l'oreille approche de la surdité, elle entend voleter un menu
insecte. Avant que sa bouche ne s'affadisse en buvant, elle distingue l'eau de
chaque source (...). Seul ce qui n'est pas poussé à l'extrême ne connaît pas de
retour.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Lie-Tseu-Sur le Destin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;En ce siècle finissant, la mondialisation galopante et l'extension
vertigineuse des réseaux de communication de tous bords nous conduisent à être
livrés en pâture à notre toute-puissance infantile quand elle nous fait
comprendre la célébration et la consommation et nous amène à flirter
périlleusement avec nos propres frontières intérieures.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Jacques Salomé-Le Courage d'être Soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le beau et vénérable Matoo rencontré à la Pride m'a donné envie d'accélérer
une petite idée qui germait dans mes synapses depuis peu. Le monde des
pédéblogueurs est vaste, varié, et sur un certain point complémentaire. L'idée
de se rencontrer autour d'un verre m'est venue, fin août, début septembre par
exemple. Nous pourrions échanger sur tout cela, se voir en vrai, savoir ce qui
nous anime dans nos lignes, etc. Ceux qui sont intéressés peuvent écrire ici,
et relayer l'info sur leur propre blog. A bientôt, maybe...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/07/03/Les-hommes-leur-I-Phone-et-Baudrillard#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le puits de solitude (billet joyeux)</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/06/18/Le-puits-de-solitude-billet-joyeux</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8754bc388e349e2b7e7d5cfd999dd8ff</guid>
    <pubDate>Thu, 18 Jun 2009 21:37:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Encore un livre que je n'ai pas lu. Un couple d'amies m'en avait parlé, et
paraît-il que ça cartonne chez la Lesbienne trendy en ce moment. L'idée du
roman est simple : une fille naît tandis qu'on attendait un fils. Elle
grandit, se sent différente mais ne sait mettre de nom là-dessus, et elle
s'enfonce dans &amp;quot;le puits&amp;quot; : elle est seule, elle vit sa solitude en
pensant être unique. Alors, dans cette Angleterre du début du siècle, elle
casse, brise, dévergonde, provoque, patine... Puis, brusquement, la
révélation : &amp;quot;je suis seule, et alors, le monde me prendra telle que je
suis&amp;quot; ; elle ne se compromet plus. Mon amie était scotchée, ce livre lui
fut apparemment thérapeutique.&lt;br /&gt;
Cette petite anecdote, après un silence glamour et people (qui au passage a
fait exploser la fréquentation de ce site) pour signifier que si j'ai moins
envie de parler du célibat, c'est simplement parce que je me sens de moins en
moins célibataire. Non, personne en vue, pas de polichinelle dans le tiroir. Un
simple état d'esprit, l'idée selon laquelle pour rencontrer quelqu'un, il
faille être soi, prend enfin de la substance. Ce que nous sommes est unique,
important, fantastique, et il est probable que nous soyons de pauvres et
piètres explorateurs de cette géographie surprenante, qui évolue, se meut mois
après mois, année après année. &lt;em&gt;Le puits de solitude&lt;/em&gt; raconte aussi
cela : cette femme est heureuse lorsqu'elle se transforme en bulldozer, se
moquant du qu'en dira-t-on ; étant, simplement, et se rendant quitte de
ses erreurs, échecs et grandeurs passés.&lt;br /&gt;
On entend toujours cette petite sonate : &amp;quot;&lt;em&gt;sois en phase avec
toi-même&lt;/em&gt;&amp;quot;, l'injonction est aisée, la réponse est, on l'a déjà évoqué,
difficile. Sans doute cherche-t-on à rester dans le puits : ne pas
déranger, se morfondre, car la tristesse construit aussi finalement, rester
timide... Puis, brusquement, quelque chose éclot, il faut un détonateur, un
petit pas vers d'autres horizons, de mon point de vue, ce fut l'arrêt du tabac,
mais ce peut être aussi chercher à évoluer professionnellement, rentrer dans
une association, choisir un lieu jusqu'alors inconnu, partir seul à l'aventure
pour une week-end. Ce qui est nécessaire, pour se rapprocher de soi, c'est
créer une situation qui nous oblige à penser : &amp;quot;on verra bien&amp;quot;. Cette
petite phrase est en effet une prémisse amoureuse, lorsqu'on rencontre un mec,
c'est un peu elle qui va se mettre à résonner. Alors, entraînez-vous, avec des
choses simples, à la vivre au préalable. Le premier pas permet d'entamer un
marathon...&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Dès qu'il commença à se moquer d'elle, elle se sentit rassurée. En outre,
elle avait su, dès son entrée dans la pièce, que le miracle s'était
produit : elle était nimbée de son halo doré. Parfois il était là, parfois
non. Elle ne savait jamais pourquoi il disparaissait, ni même si il était là,
avant d'entrer dans une pièce, mais alors elle le savait tout de suite à la
façon dont un homme ou un autre la regardait&lt;/em&gt;.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Virginia Woolf-Vers le Phare.&lt;br /&gt;
&amp;quot;''Celui dont les pensers, comme des alouettes,&lt;br /&gt;
Vers les cieux le matin prennent leur libre essor,&lt;br /&gt;
Qui plane sur la vie et comprend sans effort&lt;br /&gt;
Le langage des fleurs et des choses muettes''.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Baudelaire-Elévation.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/06/18/Le-puits-de-solitude-billet-joyeux#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Susan, For Ever !</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/05/28/Susan-For-Ever</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:015f7de2eac9a88599ec1208a246d071</guid>
    <pubDate>Thu, 28 May 2009 22:14:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je n'ai pas la télévision mais cette chose-là m'intriguait. Dieu, quel
monstre. Mal attifée, mal coiffée, vieille, sujette aux moqueries, aux
brocards, à l'ignorance, aux petits sourires en coin. La vieille bonne copine
un peu greluche, limite humaine, tellement différente, tellement d'ailleurs.
Elle arrive, sans doute sait-elle qu'elle a du talent, mais elle seule, pour
l'instant, le sait. Tout le monde se moque, rit en coin, se regarde, complice,
de ces complicités coupables qui rapprochent les médiocres. Elle parle, sourit,
mi-gênée, mi-arrogante, parce qu'elle sait. Elle sait ce qu'elle vaut, elle
sait qu'elle est immense et que dans quelques minutes, elle sera simplement
impériale. Se présente, avec candeur, décline son âge, son identité, son
émotion aussi, mais l'émotion d'une laide, la regarde-t-on ? Et puis, la
musique démarre, tout le monde rit, attend goulument le moment de jouissance,
ce moment malfaisant où chacun pourra devenir goguenard à bas prix. Tout cela,
elle le sait, et puis, elle ouvre la bouche...&lt;br /&gt;
Alors, la beauté fait irruption. En quelques accords, elle abat tous les
préjugés, elle renvoie dans ses quartiers toute la petitesse de la classe belle
et triomphante. Elle chante, et tout le monde pleure, la regarde différemment.
Chacun sent que se réveillent des émotions, des souvenirs, des joies, des
tristesses, cette voix, cette voix seule, entre chez nous, en nous, pour nous.
Et Brusquement, nos petits égoïsmes, nos petites névroses, nos petites saillies
deviennent ridicules et pathétiques face à ce vent qui emporte tout et réjouit,
simplement, avec sourire, avec candeur, avec aussi, une estime de soi que nous
pouvons tous lui envier.&lt;br /&gt;
J'y vois une fable fabuleuse. Regardez cette vidéo, prenez le temps, peut-être
pleurerez-vous, à votre tour. La beauté, quelle chose curieuse tout de même,
cette femme est d'une si belle laideur. Merci Susan, merci et sois
heureuse ! Je connais pas mal de pédales qui vont te remercier...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=tyrxTgt4OwA&quot; title=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=tyrxTgt4OwA&quot;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=tyrx...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;&lt;em&gt;Le nouveau est le plus beau, si jeune et si gracieux. &amp;quot; Les vieux
cygnes s’inclinaient devant lui. Il était tout confus, notre petit canard, et
cachait sa tête sous l’aile, il ne savait lui-même pourquoi. Il était trop
heureux, pas du tout orgueilleux pourtant, car un grand cœur ne connaît pas
l’orgueil. Il pensait combien il avait été pourchassé et haï alors qu’il était
le même qu’aujourd’hui où on le déclarait le plus beau de tous ! Les lilas
embaumaient dans la verdure, le chaud soleil étincelait. Alors il gonfla ses
plumes, leva vers le ciel son col flexible et de tout son cœur comblé il
cria : &amp;quot;Aurais-je pu rêver semblable félicité quand je n’étais que le
vilain petit canard !&lt;/em&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
Hans Christian Andersen-Le Vilain Petit Canard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;And still I dream he'll come to me&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That we will live the years together&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But there are dreams that cannot be&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And there are storms we cannot weather&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I had a dream my life would be&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So different from this hell I'm living&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So different now from what it seemed&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now life has killed the dream I dreamed.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/05/28/Susan-For-Ever#comment-form</comments>
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    <title>Soulagement</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/05/27/Soulagement</link>
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    <pubDate>Wed, 27 May 2009 02:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>my men and me</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je me souviens. C'était il y a environ trois ans, une conversation au
téléphone. Ce fut très simple. Je me souviens, je sortais d'un film que j'avais
trouvé mauvais, que j'avais quitté à mi-chemin. Ce film (La Môme), je le revis
depuis, chez des amis, il ne fut pas si mal. Je me suis évadé du MK2, j'avais
besoin de trouver un interlocuteur, et je n'avais personne. Alors, je t'ai
téléphoné. C'était la première fois depuis le fameux mail... Machinalement, ton
numéro s'est naturellement composé : formidable, cette technologie
nouvelle, qui brise d'une part, et rapproche de l'autre. Tu décrochas, aimable,
sans doute, même, souriant. La conversation dura peu de temps, mais il est une
phrase qui depuis, me hante : &amp;quot;&lt;em&gt;je suis soulagé&lt;/em&gt;&amp;quot;. Je vais être
franc, c'est moi qui ai introduit le thème : &amp;quot;Alors, soulagé ?&amp;quot;, et ce
&amp;quot;&lt;em&gt;oui&lt;/em&gt;&amp;quot;, à peine murmuré, résonne encore.&lt;br /&gt;
Soulagement.&lt;br /&gt;
C'est donc ce que tu exprimas. Je le l'ai pas un seul moment envisagé. Je me
doutais que tout n'allait pas si bien à ton regard. J'avais bien perçu quelques
défaillances, mais pas une seule seconde j'ai pu envisager qu'elle fussent de
ma plus stricte responsabilité. Tu me l'accordas d'ailleurs, quelques temps
après : nous étions deux ; après tout, c'était d'une histoire dont il
était question, pas d'un règlement de compte. Cette histoire, il aura fallu
pourtant la &amp;quot;régler&amp;quot;, et tu me fis comprendre que les responsabilités étaient
partagées. Pourtant, tu as employé ce terme : &amp;quot;&lt;em&gt;soulagé&lt;/em&gt;&amp;quot;. Il a
fait mal. On soulage la douleur. En ai-je été une ? On soulage d'un
fardeau. Fut-ce à ce point ? Il me semble que non.&lt;br /&gt;
Soulagé, pourtant... Les fins d'histoire sont rarement paisibles, c'est un
fait. Je l'admets. En tous les cas, elles ont cette fâcheuse tendance à
littéralement anéantir ce qui a pu être. Disons, pour rester modeste, avoir
été... Pourtant, tu le sais, sans doute, l'espérè-je en tout cas, j'ai fait en
sorte de... J'ai fait de mon mieux. Je t'avais rencontré, je me suis lié,
contre mon gré, c'est un fait, je me suis habitué, nous avons cohabité et je
maintiens que ce ne fut pas si mal. Nous avons même été un couple, c'est
dire... Tu as été soulagé, et pourtant, je le sais, nous ne fûmes l'un pour
l'autre simplement ni fardeau, ni douleur. Les écrivains d'aujourd'hui
appellent cela de la lassitude, quel mot de merde... Il ne veut rien dire, et
pourtant, il en dit tant.&lt;br /&gt;
Soulagement... Ce nom commun fait mal. Je n'ai pas pensé une seule seconde de
ma vie qu'être hors de portée de quelqu'un eût pu lui faire du bien, moi ne me
suis jamais vraiment jugé malfaisant. Voilà où mène parfois l'amour... Et
pourtant, ce fut l'amour, non ?&lt;br /&gt;
Tout cela est décidément bien compliqué. Les esprits étriqués diront que nous
n'avions pas été faits l'un pour l'autre, pourtant, ce fut le cas. Paradoxes,
paradoxes, encore et encore. De cette complexité naissent des royaumes, et à
admirer ce paysage, je suis, à mon tour, soulagé...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Personne n'allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le
boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la
lumière&lt;/em&gt;.&amp;quot; Luc 11-33.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.trouverunmec.net/public/therockyhorrorpictureshow.jpg&quot; alt=&quot;rocky&quot; title=&quot;rocky, mai 2009&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.trouverunmec.net/public/./.la_mome_m.jpg&quot; alt=&quot;piaf&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;piaf, mai 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le célibataire, la psy et les mecs</title>
    <link>http://blog.trouverunmec.net/post/2009/05/19/Le-celibataire-la-psy-et-les-mecs</link>
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    <pubDate>Tue, 19 May 2009 23:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jérôme</dc:creator>
        <category>anti depressive delivery</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;La chose célibataire aurait un mérite entre mille disent les penseurs
positifs de l'hypermarché en face : renouer avec soi-même, prendre son
rythme, se réapproprier sa propre vie pour, le jour où les batteries seront à
nouveau disponibles et rechargées, rencontrer l'extase amoureuse avec une autre
pile électrique elle aussi gonflée à bloc pour l'occasion. Les mots
passe-partout, les phrases toutes faites sont légion et font leur joli petit
dégât : &amp;quot;donne-toi du temps&amp;quot;, &amp;quot;montre-toi disponible&amp;quot;, &amp;quot;apprends à vivre
pour toi&amp;quot;, et toutes ces petites sentences sorties de l'horoscope de Métro
qu'on veut nous asséner comme des principes de vie inextinguibles sans le moins
du monde nous livrer une once de mode d'emploi. Ma préférée dans ce genre de
belle petite saloperie, c'est la trop fameuse &amp;quot;sois toi-même&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Déjà, mon petit doigt me dit que même le moine chartreux retiré depuis les deux
tiers de sa vie dans son monastère n'y est jamais arrivé. Platon a écrit de
magnifiques pages là-dessus et il explique très simplement qu'être soi-même
n'existe pas, que c'est uniquement par le regard de l'autre, c'est-à-dire le
regard de celui qui reconnaît nos vices, nos vertus, nos qualités diverses, que
nous sommes à même de forger une personnalité. Je cède la parole à
Protagoras : &amp;quot;&lt;em&gt;Si quelqu'un prétend exceller sur la flûte ou en tout
autre art, alors qu'il ne s'y entend pas, on le raille, on le rebute et ses
proches viennent le chapitrer sur sa folie ; mais en ce qui concerne la
justice et les autres vertus politiques, si on connaît quelqu'un pour un homme
injuste, et si, témoignant contre lui-même, il avoue la vérité devant le
public, cette confession de la vérité qui passait tout à l'heure pour sagesse
passe ici pour folie...&lt;/em&gt;&amp;quot; (Protagoras 322d-XII).&lt;br /&gt;
Que dit-il ? Simplement que le mec qui est lui-même en jouant mal du
pipeau est perçu comme un mauvais joueur de pipeau, que l'homme injuste qui
affirme lui-même l'être (injuste) sera pris pour un sot et un jean-foutre,
quand bien même son honnêteté reflèterait pourtant le contraire... Les deux
zozos ont pourtant bel et bien été eux-mêmes, mais ont-ils pour autant
progressé ? Celui qui jouait comme un pied en est toujours au même stade,
le type qui a une réputation, même en changeant, a du mal à se faire
accepter... Lisez ce que rétorque Socrate à Protagoras pour le bouquet final,
ce qui nous suffira, pour l'instant, c'est simplement qu'être soi-même
est : d'une, très difficile, de deux, ce n'est aucunement un gage de
réussite de sa propre existence. Et toc ! Disait Bouvard, sophiste patenté
auquel je vais ressembler pour quelques paragraphes encore...&lt;br /&gt;
Retenons donc : être soi-même est une vaste arnaque. Moi, je dois bien
avoir sept ou huit moi-mêmes qui coexistent amoureusement : au boulot,
dans ma famille, avec mes potes, avec mes mecs, avec mes ex, avec des inconnus,
sur internet, avec ma boulangère, dans mon bistrot... Je ne confonds pas
convenance, familiarité et &amp;quot;être soi-même&amp;quot;, du tout ; simplement, il
m'arrive de préférer le Jérôme du boulot qui dit oui ou merde à celui d'avec
feu son mec qui se dit &amp;quot;ah oui, mais si je lui dis oui, gna gna gna, et si je
lui dis merde en revanche, gna gna gni...&amp;quot; et du coup, on ne dit rien. Et ben
&amp;quot;ne rien dire&amp;quot;, c'est aussi être soi même. Et re-toc !&lt;br /&gt;
Après, et c'est là que le bât blesse, ne rien dire, même en étant soi-même, ça
finit par être pénible. Retenons ce que Protagoras affirme : comme le
joueur de flûte, je joue comme une bouse et je me fais plaisir, mais en face on
me raille et on se détourne de moi. Dans la vie des mecs c'est : &amp;quot;je
concède, je me tais, ça tient, c'est équilibré et puis un jour, zhoufff, il
s'est barré le sale animal qui voulait que je sois moi-même, que je dise oui ou
merde, et patati et patalère...&amp;quot; (quand je dis Je, c'est un concept, vous vous
doutez bien que j'ai trouvé depuis bien longtemps le secret de la sagesse
éternelle et de la félicité amoureuse suprême...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrive le moment fatal où il faut quand même qu'on retrouve un petit peu
d'équilibre : qu'est-ce que je veux vraiment ? qu'est-ce que
j'attends exactement d'un mec ? Et là, les copines, les blogs, les
conseils, tout ça, c'est bien gentil, mais rien ne vaut la bonne vieille
psychothérapie de chez mémère... Heureux l'homme qui n'en n'a jamais eu
besoin... Tous mes ex étaient dans ce cas (des modèles d'équilibre, de force de
l'esprit et des personnalités puissantes et rationnelles), moi, j'en ai usé un
par mec (deux pour le dernier, un pendant, une après. M'aura coûté cher, la
vache...).&lt;br /&gt;
La psy, elle est cool, parce qu'elle prononce trois phrases en une heure,
empoche soixante euros et ces putains de phrases ont le don de vous
tournebouler l'esprit entre deux séances. La dernière en date était &amp;quot;Soyez
clément avec vous-même&amp;quot;. Vous riez. Vous avez raison, ça ne vaut guère mieux
que les âneries brocardées quelques kilomètres plus haut (oui, mes billets sont
trop longs, je fais ce que je veux, vous n'êtes pas obligés de tout lire non
plus...). Mais la relation avec la dame, ce que Lacan nommait la &amp;quot;neutralité
bienveillante&amp;quot;, cet oxymore qui n'existe pas avec les amis, avec la famille,
avec l'horoscope de Métro, cette petite chose-là m'a incroyablement aidé. Je
vous la souffle à l'oreille, n'étant pourtant ni neutre, ni bienveillant... En
tous les cas, pour ceux qui sont au plus bas, un petit sacrifice hebdomadaire
vaut sans doute mieux que des soirées entières de déprime. C'était là que je
voulais venir.&lt;br /&gt;
Bon vent !&lt;br /&gt;
&amp;quot;&lt;em&gt;Il faut déclarer sans détour la vanité parfaite d'un ascétisme qui n'a
d'autre idéal que le perfectionnement du &amp;quot;moi&amp;quot;, de cet ascétisme que l'on
pourrait appeler &amp;quot;égocentrique&amp;quot;. Les résultats qu'il donne sont bien maigres,
et bien décevants les fruits que l'on en tire : qui n'a semé que selon
l'homme ne récoltera que de l'humain&lt;/em&gt;.&amp;quot; Un Chartreux-Amour et Silence.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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