trouver un mec

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 29 octobre 2009

H1N1

De ma vie je pense, je n'avais jamais eu une maladie aussi nulle. Que ce soit clair, je n'ai jamais été malade, pas le moindre petit arrêt maladie à mon compteur, mes élèves savent qu'ils ne pourront jamais se réjouir de mon absence impromptue, je suis un pilier disait mon vieil inspecteur, un peu le professeur Rogue quoi, une vieille ganache. Je finirai comme François Mauriac : dans mon fauteuil, avec mon chat et mes livres, et je terminerai ma grandiose existence, même respirant encore, à faire partie du mobilier, et puis un jour, on fera la poussière et on se rendra compte que la bête ne respirait plus depuis une bonne semaine... Passons, on n'y est pas encore.
Et là, paf, en pleines vacances, la grippe, la soi-disant bien méchante et tout ça. Certes, pendant trois jours, vous ressemblez à Joan Collins enrhumée : ça tousse, ça doliprane, ça courbature, ça dort, ça stagne, ça sue, ça pue, et puis pouiffff plus rien, si ce n'est une toux absolument carabinée et qui vous colle à la plèvre comme un morpion à une couille.

Donc voilà, c'est fait. Il fallait que la chose soit dite, en 2009, j'aurai été deux fois modernes : un Iphone et la grippe A, après, qu'on ne vienne pas me reprocher d'être un tantinet altmödisch. La maladie, néanmoins, favorise on ne peut mieux la réflexion, d'où ces quelques lignes vacancières et encore passablement parsemées de miasmes divers et plus ou moins avouables. Il faut quand même que je vous raconte le truc qui m'est arrivé...
Je suis donc en train de mourir, que ce soit clair, la grippe, ça pète la gueule à n'importe qui. Un mec me contacte sur mon mobile (ces trucs-là ne vous fichent jamais la paix), je pense qu'il voulait tirer son coup. Je lui explique en quelques mots que la chose ne va pas être techniquement possible : d'une, j'ai autant d'énergie qu'une limande à marée basse, de deux, franchement, comme tue-l'amour, on ne fait pas mieux. Je l'envoie donc chier, gentiment, mais clairement. Il insiste et trouve l'argument le plus couillon que je n'avais jamais entendu : "mais je vais m'occuper de toi", non pas comme vous pensez, bande de sottes lubriques. Là, brusquement, je me suis souvenu d'Harvey Finstein dans Torch Song Trilogy, qui réplique à Ed : "J'ai été capable de virer ma propre mère de chez moi, et tu me demandes de vivre avec moi..." ; bon, quelque chose dans le genre... Qu'un mec, qui en plus s'appelle Gérald, ait tellement envie de se faire défoncer le fion qu'il ne trouve pas d'autres arguments que jouer les Mère Thérésa avec une morte en sueur et encore plus désagréable que lorsqu'elle a 37,2°, je trouve ça juste pathétique. Je lui répond qu'il risque de chopper la grippe, il me rétorque que ce n'est pas grave. Je me pose quand même parfois des questions très nulles sur mes congénères... Que cherchait ce type en fait ? Que s'est-il dit ?
Il faut que je tire mon coup maintenant, et celle-là n'a pas l'air trop coincée, donc j'y vais ? Dans ce cas, il pouvait annoncer la couleur... Non, il a préféré jouer les âmes charitables, pis, il a inversé une sorte de pseudo-rapport de force en exigeant presque de venir chez moi pour me soigner. Je n'ai jamais eu besoin du moindre Gérald pour me retaper ; là où je voulais en venir, c'est qu'on en serait, à mon avis, arrivé à un degré tel de dépendance entre les mecs que n'importe quel Gérald est prêt à jouer la comédie juste parce que ses hormones l'engagent à le faire. Voilà qui pose d'évidentes questions sur notre morale : aider son prochain, certes, mais dans mon intérêt avant tout. Deuxième option : ce type était peut-être amoureux, et il considère qu'être amoureux, c'est être dans la disponibilité exclusive pour l'autre. Là, à mon avis, c'est une bonne cure de psy dont il a besoin, parce qu'instaurer un tel rapport délétère (besoin, dépendance) avec un mec, ce n'est ni plus ni moins s'effacer et accepter de ne plus exister ; d'ailleurs, pas une seule seconde il ne m'expliqua qu'il avait la trouille d'être malade. Je fais un autre lien dans ce genre de rapport presque christique et sacrificiel à l'autre : le VIH. Des mecs, j'en suis sûr, acceptent de jouer les bons samaritains juste parce que ça les rendra plus heureux au contact de l'autre, ils soignent, s'oublient, et mettent de côté leur propre personnalité, dans la mesure où cette dernière n'a plus qu'un objectif : plaire à l'autre, quitte à sacrifier sa santé pour lui.
Bon, je ne sais pas trop si je ne délire pas un peu, mais cette manière insistante, voire très lourde, de vouloir s'attacher à quelqu'un sans en mesurer la moindre conséquence m'a fait l'effet d'une petite fable que je laisse mijoter dans vos saines circonvolutions cérébrales.
Bon vent !

"De toute évidence, ce n'était pas bien, ce que faisait papa : pousser des femmes parfaitement normales à se comporter comme dans les Feux de l'Amour. Mais je me demandais si papa était le seul responsable. Il ne cachait jamais qu'il avait déjà connu l'amour de sa vie. Or, tout le monde sait qu'en ce domaine, UN, est un maximum..."
Marisha Pessl-La physique des Catastrophes.
grippe

mercredi 30 septembre 2009

Vies parallèles

Je lui avais vaguement répondu : "Tu sais, moi-même, je ne saurais me définir avec précision... Je suis absolument tout et son contraire : posé et fantasque, excessif et mesuré, calme et électrique, érudit et primaire, voire primal, rhéteur et poujadiste, tantôt de gauche, parfois de droite, chrétien mais pas croyant, scientifique mais pas méthodique, en quête de relations sans pour autant m'enfermer. Je suis un paradoxe ambulant, et c'est mon équilibre..."
Lui, au contraire, était précis, sec et taiseux, éminemment taiseux. Il savait façonner ces silences amusés et longs, pesants, parfois aussi lourds et à mes yeux aussi indigestes que des pâtisseries autrichiennes. Voyant ma gêne devant cette invraisemblable et terrifiante emprise, il m'avait déclaré : "Le silence semble t'angoisser..." Il est vrai que celui qui se tait détient plus les clefs du pouvoir que celui qui parle. Il m'avait cité l'exemple de Mitterrand, le sphinx, qui capturait les autres par ses regards et ses silences, comparé à l'autre petit roquet hululant et vulgaire qui nous sert de président. "Lequel des deux est le plus crédible dans son pouvoir ?" m'avait-il demandé. "Lequel des deux détient réellement le pouvoir ?"
La rencontre est un jeu, un enjeu, de pouvoir de l'un sur l'autre ; la rencontre est une indéniable épreuve de force et celui qui vainc est celui qui ne se dérobe pas, ou ne s'encombre pas, derrière mille faussetés. Repensons à nos deux présidents, ces deux exemples illustrent le propos à merveille...
Habitué à abattre toutes mes cartes, à faire défiler mes mille personnages tous aussi flamboyants les uns que les autres, je ne m'attendais pas à rencontrer ce sphinx, souriant, magnifique, méthodique et analytique. La nuit commença, mon studio ressemblait à un studio de prof, le lit n'était pas fait. Lui repliait ses habits et regardait, sans qu'une once de jugement ne pût être décelable sur son visage. J'imaginais que ses absences de mots provoquaient en lui mille constats, allez savoir si je ne me trompais pas, tandis que ma cervelle entrait quant à elle en éruptions successives, cratérisée par mille questions... "Que pense-t-il ? que se dit-il ? qu'imagine-t-il ? qu'attend-il ?" Plus mes interrogations se suivaient à la vitesse de la lumière, plus il était lent, calme, hermétique.
Bien entendu il ne rappela pas, et ne rappellera jamais.
Je ne sais lequel des deux fut finalement le plus hermétique, je sais en tous les cas lequel des deux remporta le bras de fer.
Bon vent !

Arlequin : J'ai une commission à vous faire.
Sméraldine : De la part de qui ?
Arlequin : Oh de la part d'un brave homme, dites-moi, est-ce que vous connaissez, par hasard, un certain Arlequin Battochio ?
Sméraldine : Ouh, il me semble en avoir entendu parler...
Arlequin : C'est un bel homme , trapu, râblé, amusant, qui cause bien, maître de cérémonie...
Sméraldine : Je ne le connais vraiment pas...
Arlequin : Et pourtant, lui, il vous connaît, et il est amoureux de vous...
Sméraldine : Oh, vous me faites marcher...
Arlequin : Voulez-vous que je vous le fasse voir ?
Sméraldine : Je le verrais volontiers !
Arlequin : Tout de suite ! Sur le champ !
Sméraldine : Ce serait donc vous celui qui dit m'aimer ??
Arlequin : C'est moi !
Sméraldine : Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit en premier ?
Arlequin : Parce que ce suis un tout petit peu timide...
Comedia dell arte...

arlequin



Reagan_Mitterand_1984__cropped_.jpg

vendredi 28 août 2009

C'est la rentrée !

Je ne sais pas vous, mais moi, je frétille comme un gamin une bonne semaine avant la rentrée scolaire. Comme tous les profs qui se respectent, mon calendrier est très différent de celui du commun des mortels. Les années commencent en septembre, s'achèvent en juin. Les deux mois de vacances scolaires sont "hors du temps", comme dans le calendrier maya : liberté, frénésie, aucun horaire, aucune règle. On se lâche, au sens primal du terme. Après ces deux mois de liberté, il faut rentrer, en même temps que l'automne. Temps des bilans, des résolutions, ayant en ligne de mire le mois d'avril et le printemps.
C'est sans doute pour cette raison que l'été connaît un développement hormonal relativement hors du commun : en deux mois, soyons honnêtes, j'ai dû niquer près d'une cinquantaine de mecs (partouzes comprises). C'est dingue quand on y pense. Je raconte une anecdote, véridique, et je conclus doctoralement, parce qu'il y a une morale, me dis-je.
C'était donc dans les dunes : petits groupes qui se reniflent, moyenne d'âges d'environ 58 ans, pas franchement de mecs glamours. Bon, je ne suis pas une bombe, non plus, mais j'ai encore mes exigences. Je repère LE beau type, le suit, timidement (je précise, c'est nudiste, on est tous à poil là dedans) et il m'ignore, copieusement. C'est souvent comme ça : on attire ceux qu'on ne veut pas, etc. etc. Le jeu se met en route, ça tourne, ça mate, ça transpire, ça s'excite trop pour ne pas tenter quelque chose. Le beau mec entre dans un buisson, se fait sauter dessus par quatre types, franchement pas terribles. Je me dis, insère-toi : tout se passe avec un succès non démérité. Le type se fait prendre par quelques mecs (votre serviteur participe, qui avait une capote sous sa casquette) et la chose se déroule dans la bonne humeur.
Au moment de se rebraguetter (c'est une image) pour aller piquer une tête dans la Méditerranée, un pépé, genre Tom Bombaldil assis sur une souche, me regarde en souriant. "C'était bien" me dit-il (il me semble que ses propos étaient affirmatifs), j'opine. Il poursuit : "Quand je pense que j'ai 60 ans, j'aurais dû en profiter un peu. Moi, je préfère les femmes, parce qu'elles crient plus, mais là, franchement, j'ai aimé." Il était vraiment touchant, d'honnêteté, de candeur, il avait envie de s'informer, il était open, et on a causé. Il termine par : "Tu as remarqué, je ne vous ai pas dérangés", ce qui vu le contexte, était vraiment drôle.
Bon, ben c'était un plan cul parmi d'autres ; vous avez échappé à la salle de sport hétéro, aux Tuileries, à Jaurès, au jogging aux Buttes Chaumont, au mec de 18 ans, aux plans Aka Aki et Grindr et à l'addiction qu'ils engendrent.
Je vais cependant en tirer une leçon : nous avons des périodes de cul, c'est normal et logique. Et nous en profitons, cela se fait dans la bonne humeur, la prudence, la convivialité et le respect de chacun. Ce vieux mec, je ne le connais pas, mais c'est un fait, j'aurais aimé qu'il eût ma chance. Il avait l'air un peu dépité, et m'a vaguement fait comprendre, que nous autres, pédales bientôt quadragénaires, nous connaissions peut-être notre chant du cygne. Ces périodes hors du temps, il faut que chacun se les octroie : être dans le non-jugement, lâcher-prise, aimer ce que nous sommes et s'épargner. Ovide nous invitait à entr'ouvrir notre porte, je pense que la leçon ne doit jamais s'arrêter de porter.
Profitez-en, protégez-vous et bon vent !

"Portier, toi que chargent, ô indignité ! de lourdes chaînes, fais rouler sur ses gonds cette porte rebelle. Ce que je te demande est peu de chose : entr'ouvre-la seulement, et que cette demi-ouverture me permette de me glisser de côté ; un long amour m'a assez aminci la taille, et a rendu mes membres assez maigres pour qu'ils puissent y passer ; c'est lui qui m'apprend à m'insinuer sans bruit au milieu, des gardes, c'est lui qui guide et protège mes pas. Autrefois je redoutais la nuit et ses vains fantômes ; je m'étonnais qu'on pût marcher au milieu des ténèbres ; alors Cupidon se prit à rire avec sa tendre mère, assez haut pour se faire entendre de moi ; puis il me dit tout bas : "Toi aussi tu deviendras brave." L'Amour vint me surprendre bientôt, et maintenant je ne crains ni les ombres qui voltigent dans la nuit ni la main meurtrière armée contre moi." Ovide-De l'Amour. Elégie VII.

lundi 3 août 2009

Leurs bibliothèques

Il y a ceux qui en prennent soin, la rangent consciencieusement, l'actualisent, trient par thème et ordre alphabétique. Les romans, les essais, les revues : chaque chose est à sa place. Vous glissez un doigt (sur les rayons), pas de poussière. Les classiques sont là, j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de littérature contemporaine. On y retrouve aussi, immanquablement, quelques chroniques de San Francisco. Ces garçons-là sont ordonnés, calmes, plutôt cultivés et prévisibles.

Il y a ceux qui ne rangent rien, mélangent, entassent et font tomber. Des piles sur les cartons, de tout, des choses lues, d'autres ne le seront jamais. Tout s'y côtoie, le pire comme le meilleur : des livres sur l'Antiquité, des Philippe Roth, un Bernard Schlinck et un Ralf Köning. Ces garçons-là risquent de vous surprendre, ils ne sont pas très rangés, ne savent pas trop s'organiser, et sont assez peu sûrs d'eux.

Il y a ceux qui sont monomaniaques : récemment, j'étais chez un mec qui n'avait lu que des livres en rapport avec la Révolution Française. Des biographies, des essais, des romans : tout s'enchaînait autour d'un seul thème. Ils sont fiers de leur érudition, mais et c'est heureux, n'en parlent guère. Ce ne sont pas de grands lecteurs, vous risquez peut-être de vous ennuyer.

Il y a ceux qui ne lisent pas mais ont tout de même une bibliothèque. Vous les reconnaissez facilement, ne figurent que les romans et recueils enseignés au lycée (pour l'instant en tout cas ; il paraît qu'Amélie Nothomb entre au programme de Première). Du Flaubert, du Daudet, du Maupassant et les Contemplations. Les tranches sont peu usées. Dans les deux derniers rayonnages, il y a des DVD.

Et puis il y en a d'autres, et d'autres encore, qui ne regardent même pas vos étagères, qui vous écoutent, et vous apprécient, simplement, pour ce que vous êtes, dites et faites. Ceux-là sont légions, mais on les repère moins facilement.

Bon vent !

"Reconnaître que l'âme de l'homme est inconnaissable est le suprême accomplissement de la sagesse. Le mystère final est soi-même."
Oscar Wilde-De Profundis.

mercredi 27 mai 2009

Soulagement

Je me souviens. C'était il y a environ trois ans, une conversation au téléphone. Ce fut très simple. Je me souviens, je sortais d'un film que j'avais trouvé mauvais, que j'avais quitté à mi-chemin. Ce film (La Môme), je le revis depuis, chez des amis, il ne fut pas si mal. Je me suis évadé du MK2, j'avais besoin de trouver un interlocuteur, et je n'avais personne. Alors, je t'ai téléphoné. C'était la première fois depuis le fameux mail... Machinalement, ton numéro s'est naturellement composé : formidable, cette technologie nouvelle, qui brise d'une part, et rapproche de l'autre. Tu décrochas, aimable, sans doute, même, souriant. La conversation dura peu de temps, mais il est une phrase qui depuis, me hante : "je suis soulagé". Je vais être franc, c'est moi qui ai introduit le thème : "Alors, soulagé ?", et ce "oui", à peine murmuré, résonne encore.
Soulagement.
C'est donc ce que tu exprimas. Je le l'ai pas un seul moment envisagé. Je me doutais que tout n'allait pas si bien à ton regard. J'avais bien perçu quelques défaillances, mais pas une seule seconde j'ai pu envisager qu'elle fussent de ma plus stricte responsabilité. Tu me l'accordas d'ailleurs, quelques temps après : nous étions deux ; après tout, c'était d'une histoire dont il était question, pas d'un règlement de compte. Cette histoire, il aura fallu pourtant la "régler", et tu me fis comprendre que les responsabilités étaient partagées. Pourtant, tu as employé ce terme : "soulagé". Il a fait mal. On soulage la douleur. En ai-je été une ? On soulage d'un fardeau. Fut-ce à ce point ? Il me semble que non.
Soulagé, pourtant... Les fins d'histoire sont rarement paisibles, c'est un fait. Je l'admets. En tous les cas, elles ont cette fâcheuse tendance à littéralement anéantir ce qui a pu être. Disons, pour rester modeste, avoir été... Pourtant, tu le sais, sans doute, l'espérè-je en tout cas, j'ai fait en sorte de... J'ai fait de mon mieux. Je t'avais rencontré, je me suis lié, contre mon gré, c'est un fait, je me suis habitué, nous avons cohabité et je maintiens que ce ne fut pas si mal. Nous avons même été un couple, c'est dire... Tu as été soulagé, et pourtant, je le sais, nous ne fûmes l'un pour l'autre simplement ni fardeau, ni douleur. Les écrivains d'aujourd'hui appellent cela de la lassitude, quel mot de merde... Il ne veut rien dire, et pourtant, il en dit tant.
Soulagement... Ce nom commun fait mal. Je n'ai pas pensé une seule seconde de ma vie qu'être hors de portée de quelqu'un eût pu lui faire du bien, moi ne me suis jamais vraiment jugé malfaisant. Voilà où mène parfois l'amour... Et pourtant, ce fut l'amour, non ?
Tout cela est décidément bien compliqué. Les esprits étriqués diront que nous n'avions pas été faits l'un pour l'autre, pourtant, ce fut le cas. Paradoxes, paradoxes, encore et encore. De cette complexité naissent des royaumes, et à admirer ce paysage, je suis, à mon tour, soulagé...

Bon vent !
"Personne n'allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière." Luc 11-33.
rocky
piaf

dimanche 7 décembre 2008

Champs-Elysées

C'était sur un réseau tout ce qu'il y a de plus réseau ; depuis deux ans que je fréquente ce machin auquel je ne comprends pas toujours grand-chose (entre les descriptifs ultra-perfectionnés que personne ne lit, les propositions et les items aussi proches de la réalité qu'un discours de Roselyne Bachelot sur le VIH, les payants pas vraiment payants et les gratuits pas toujours gratuits, je suis perdu dans mes repères...), bon, toujours est-il qu'il y a une fonction que j'apprécie particulièrement : qui est venu vous visiter ? C'est crétin, mais ça évite nombre de râteaux, au moins, vous avez la vague impression que le mec en face pourrait être intéressé si vous le contactez, ce que je ne manquai pas de faire ce soir-là.
Il me réponds, aussi sec, et rendez-vous est pris pour le lendemain. Mal à l'aise il était ce garçon, pourtant, j'avais bien rangé mon appartement tout repeint, tout joli, je lui propose un verre d'eau (c'est le seul truc qui me vienne à l'idée dans ces cas-là) et après s'être désaltéré, nous faisons plus intimement connaissance. Bon, il faisait partie de ceux qui m'ennuient prodigieusement : les mecs qui n'embrassent pas. Des fléaux, ces trucs-là. Il y en a deux sortes : ceux pour lesquels embrasser signifie mettre dans la partie de cul une once de sentiments, et là, c'est péché, ou (et mon visiteur appartenait à cette deuxième catégorie), ceux qui croient encore qu'ils vont attraper plein de maladies en mélangeant leur salive à celle d'un inconnu. J'explique vaguement qu'il ne risque pas la mort, mais bon, visiblement, il y avait un véritable chantier à entreprendre, donc, nous nous activons à la tâche. Le fait est, quand le mec n'embrasse pas, c'est embêtant, à part les tétons, quelques caresses, et deux trois bricoles, ça limite le champ des possibles (il se faisait sucer avec capote aussi...). Finalement, la chose se termine vaillamment et triomphalement, même s'il ne pouvait s'empêcher de me poser des questions sur mon boulot, ma vie, mon oeuvre tandis que mes yeux étaient face à son nombril (si vous voyez ce que je veux dire...).
Lorsqu'il but finalement son verre d'eau, il me demande mon âge. Bonne fille, je lui dis la vérité, après tout, on avait déjà baisé, et là, il me répond : "Mais c'est génial, tu as dû connaître Champs-Elysées" (pour les plus jeunes d'entre vous, c'était une émission de variétés très Carpentier dans l'âme présentée par Drucker, déjà...). Quelque part, je me dis que là, ça y est, les jeunes nous ont envahis, jusque dans nos maisons, il y a des gens qui n'ont pas connu ce que j'ai connu ; je passerai sous silence toutes formes de commentaires sur cette extraordinaire référence télévisuelle. Je suis bien obligé de lui répondre par l'affirmative, bizarrement, ça ne me fait pas drôle, au contraire, ça donne un début de respectabilité. Toujours est-il que ça m'a bien fait rire.
Bon vent !

mardi 30 septembre 2008

Rompre à Jaurès

Une histoire parisienne. La rencontre : au sauna. Comme d'habitude, un mec trop beau pour moi que je n'osais pas draguer, et puis, tandis que la résignation avait pris le dessus, quelques gestes, quelques regards, et finalement, un contact, lent, puis sensuel, puis finalement sexuel. Une promesse, se revoir après les vacances, quelques gestes : deux numéros de téléphone échangés. Et puis... Rien. Pendant tout l'été, l'oubli. Un jour de septembre, un texto : "Je suis rentré, voyons-nous" ; un rendez-vous, au BHV de l'Hôtel de Ville, comme tant d'autres. Une conversation : des points communs, une culture partagée, un même amour des lettres, des accointances professionnelles intéressantes sans être envahissantes. Quelques nuits, un petit déjeuner royal, que des mets neufs, achetés la veille, sans doute ce détail m'a-t-il gêné. Ce petit déjeuner, à bien y réfléchir, c'est là que ça a commencé, ou que ça s'est terminé : le même lait de soja, le même thé, le même jus de fruits. Tout cela était trop semblable, tout cela était trop comme moi, alors que je préférais sans doute que ce fût comme lui. Comme dans 2001 Odyssée de l'Espace : une mise en scène finale, faite pour mon seul plaisir, mais le sien ? le nôtre ? Où étaient-ils ? Puis quelques jours encore, la reprise du boulot, des messages, trouvant chez moi de moins en moins d'écho, quelques feintes pour ne pas se revoir de suite, et quelques nuits aussi, qui, de folles et amoureuses, sont devenues hypocrites et mensongères, encore des rendez-vous remis, peu d'envie d'aller ensemble à la Fête de l'Huma, guère envie non plus d'aller au théâtre avec lui, et finalement, une décision : "je me mens, je te mens, voyons-nous".
Nous nous sommes retrouvés à Jaurès. Il souriait, de ce sourire curieux qu'ont les hommes qui ne sont plus aimés. Un sourire qui n'était pas encore de l'amitié, mais qui n'était plus de l'amour. Un sourire bravache, où se mêlaient des relents de fierté, où était ravalée la honte d'être éconduit, peut-être le chagrin, ou la douleur, je ne sais pas. Nous sommes allés prendre un verre, très vite, l'objet de notre rencontre fut facilement évacué, quelques mots, des je m'en doutais, des ne te force pas, des je ne t'en veux pas. Tout cela ce prit que quelques minutes.
Une discussion, portant bizarrement sur François Truffaut. Je racontais une anecdote entendue quelques jours auparavant, et en même temps, je voyais ce regard, son regard. J'y lisais du bonheur, mêlé d'une évidente déception. Dans ses yeux que je ne pouvais m'empêcher de fixer tandis que je pérorais, il y avait des regrets, le regret de ces rencontres qui en apparence doivent fonctionner mais dans lesquelles quelque chose d'incontrôlable se niche, et vient tout démolir, le regret de n'oser proposer : "change d'avis", le regret de se dire que ce type, en face, moi, aurait dû être le bon, si..., le regret de penser aux sacrifices faits pendant ces quelques jours, le regret d'avoir cru que ça pouvait marcher, le regret de son apparente erreur de jugement, tout en sachant que personne n'avait fait d'erreur là-dedans. N'est pas homme celui qui ne se trompe pas. Dans ce regard, je lisais tant de choses, et, tous les deux, nous étions allés trop loin, nous ne pouvions plus reculer. Il aimait Truffaut, lui aussi, sans doute nous le serions-nous partagés, si..., sans doute nous serions-nous rappelé de cette anecdote sans que..., sans doute l'amour avait-il entrouvert la porte mais, aussitôt, il s'est enfui, effrayé par ces wagons de craintes, de peurs du lendemain, par ces hésitations, par cet impérieux besoin de rester seul, encore un peu. Ce regard, je ne l'oublierai jamais, c'est celui de l'amour conditionnel. En latin, on appelle le conditionnel présent "l'irréel du passé". Ce regard fut celui de l'amour irréel.

"Réussir, c'est rater" François Truffaut

truffaut03.jpg

mardi 16 septembre 2008

Ils ont cassé le Dépôt...

Je me souviens, c'était en 1998. Je sortais avec un garçon qui m'a copieusement oublié depuis, et qui coule des jours heureux depuis quatre ans, m'a-t-on dit, avec un type sans doute moins insupportable que moi. Nous étions vraisemblablement amoureux, tout cela dura un an et demi, mais avec le recul des années, de cette histoire, il ne me reste rien : ni souvenirs heureux, ni moments de complicité (qui ont bien dû exister...), juste quelques engueulades mémorables, quelques prises de tête, ma première expérience à quatre, deux cartes postales, une scène parce que j'avais passé Stefan Eicher pendant une soirée et une chemise à carreaux bleue qui a déteint depuis. Aujourd'hui, nous nous recroisons, nous saluons cordialement, nous promettons de nous rappeler sans évidemment instiller la moindre concrétisation à ce qui n'est que de la courtoisie, ma foi un peu hypocrite, mais somme toute légitime.
Un souvenir est toutefois resté plus particulièrement ancré dans ma mémoire : c'est pendant que je sortais avec O que le Dépôt fut inauguré. Dans ma grande candeur juvénile, je pensais que c'était un bistrot de plus, avec un nom moche certes, mais un bistrot quand même. Une fois, pour crâner, je lui avais dit que j'y étais allé boire un verre : il m'a regardé avec des yeux ronds comme des soucoupes, comme si je lui avais annoncé que je venais de m'adonner à je ne sais quelle nouvelle pratique inavouable ou que j'allais le demander en mariage.
Les années et les mecs ont passé, et j'ai fréquenté cette antre du démon plus assidûment, me rendant compte que la consommation du verre était un détail au regard de ce qui s'y passait ordinairement, ce qui n'était pas pour me déplaire... Je ne vais pas écrire un billet sur le Dépôt, sa vie et ses moeurs, d'une part parce que ç'a été fait mille fois, mieux que je ne saurais le faire, et aussi parce que je ne suis pas farouchement opposé au principe, je trouve juste que ça sent vraiment mauvais et qu'on y choppe un peu trop souvent des morpions.
Entre 1996 et 2004, hormis quelques parenthèses étroitement associées à une sensible et néanmoins épisodique amélioration de mon état conjugal, j'y allais, pour y faire des rencontres et accessoirement tirer un coup. La plupart des mecs déclarent : "au Dépôt, on n'y fait pas de rencontres, les mecs ne pensent qu'à baiser..." ; je réponds non sur la première proposition, et oui sur la seconde. Je ne vois pas en quoi le fait que nous soyons des hormones sur pattes serait incompatibles avec la rencontre amoureuse, je pense même que le passage par la case couette et guilou-guilou est un indispensable préalable à l'amour, mais je suis une traînée...
Des dizaines de mecs vus pendant cette période, trois sont restés dans ma mémoire. Le premier, c'est moi qui étais amoureux, qui attendais les coups de fil qui n'arrivaient pas, qui me languissais pendant le travail en espérant que le portable vibre, et finalement, ces signes, qui ne trompent jamais, indiquaient que cette attirance était à sens unique. En revanche, deux autres mecs rencontrés dans ce lieu fongique ont été les deux mecs de ma vie. Ces deux-là, c'était l'amour : l'histoire a duré, elle a été belle, épanouissante, complice, constructive, tout ça.
Il ne s'agit pas de décrire ces mecs, ni ces histoires, ça ne regarde personne ; mais, sans qu'ils se connaissent, et à quatre années d'intervalles, je les ai rencontrés exactement au même endroit.
En bas de l'escalier, un peu à gauche, on continuait vers le fond de la salle, il y avait une espèce de banquette en angle pas trop dégueulasse. Des cabines à gauche, et le porno qui défilait en face. Dans ces deux cas, en février 2000 et en octobre 2004, à cet endroit précis, j'y ai donc rencontré l'amour, le vrai, celui qui ne dure pas toujours.
J'y suis retourné avant les vacances, un an après ma rupture avec Monsieur Dépôt n°2. Le lieu était tout en travaux, l'odeur de la cigarette avait cédé la place à toute une kyrielle d'humeurs corporelles assez nauséabondes, et surtout, ils avaient viré MA banquette, celle où Cupidon visait (apparemment juste) à chaque Olympiade...


"Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n'étaient qu'une mince tranche au milieu d'impressions contiguës qui formaient notre vie d'alors ; le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années."
Marcel Proust, Du côté de chez Swann.

Bon vent !

mardi 15 juillet 2008

Que deviennent les ex quand ils sortent de notre vie ?

Il y a ceux qui disparaissent. Une rupture douloureuse, pour l'un, pour l'autre, ou pour les deux. Écoute, je n'ai rien contre toi, mais je préfère ne pas te voir pendant quelque temps. Un mois passe. Un an. Plus encore.

Et puis, plus rien. Le silence. L'absence. L'oubli.

Le garçon à qui l'on a pensé à chaque instant, celui avec qui on a partagé les jours et les nuits, ce garçon sort totalement de votre vie. Je ne sais pas comment vous le vivez. Pour ma part, j'avoue que j'ai du mal à me faire à l'idée que je ne reverrai jamais une personne que j'ai aimée, même brièvement. Le lien n'est jamais tout à fait rompu.

Alors je vis avec quelques fantômes. Il y ce petit libraire, en banlieue, auquel je pense parfois. Et ce journaliste, un garçon très maladroit, qui m'a tant apporté. Ce prof d'histoire-géo. Ils me manquent. Ce n'est pas de la nostalgie, ni des regrets. Juste l'envie de savoir s'ils sont heureux. Quel chemin ils ont suivi. Je me surprends parfois à faire une recherche Google, histoire de. Avec le soutien de Big Brother, j'ai retrouvé la trace de certains. Et comme un idiot, je n'ose pas les recontacter. La peur de raviver chez eux des souvenirs, de leur rappeler un passé qu'ils veulent peut-être oublier... Ou de laisser croire, à tort, que je voudrais recommencer une histoire...

lundi 14 juillet 2008

L'ex, vie et moeurs...

L'ex est une créature faite de multiples contraires : détestée, adorée, comprise, incompréhensible, regrettée, enviée...
Il vit généralement dans des quartiers qu'on a autrefois adoré fréquenter mais dont la simple visite nous est aujourd'hui insupportable. Inutile de préciser que si votre ex habitait aux Halles, on est bien embêté...
Même s'il reste en vie (malheureusement), on parle de l'ex à l'imparfait : il n'aimait pas la soupe aux choux, il détestait Céline Dion, il était adorable, c'était un connard. Il est mauvais signe de parler de son ex au présent...
Pendant notre deuil, l'ex semble vivre de façon paradisiaque au pays des ex, tandis que vous, vous souffrez : il voit ses amis, réussit enfin à faire tout ce qu'il ne pouvait pas faire avec nous, il paraît heureux et soulagé. Tout cela vous énerve.
Pendant votre deuil, arrive une période (courte mais légitime) où la seule idée que votre ex respire le même air que vous vous est somptueusement insupportable ; pendant ce temps, il ne faut absolument pas le rencontrer. Evidemment, tandis qu'astucieusement vous évitez son quartier (en allant à la FNAC Wagram au lieu de celle du Forum), vous tombez sur lui.

Les autres trucs qui vous énervent chez votre ex (liste non exhaustive) :

  • Qu'il vous dise qu'il a encore beaucoup d'affection pour vous.
  • Qu'il vous raconte ses plans culs.
  • Qu'il voit des copains à lui que vous aimiez bien et que vous ne verrez plus jamais.
  • Qu'il ne soit pas aimable au téléphone quand vous l'appelez et que vous n'avez rien d'important à lui dire et qu'il le sent.
  • Quand il vous dit que vous êtes un mec bien et que vous retrouverez quelqu'un.
  • Quand il vous explique que c'était mieux de vous séparer avant que ça ne "clashe" vraiment.
  • Quand vous le rencontrez en train de tenir la main de son nouveau mec (là, ça énerve grave, surtout qu'avec vous, il n'aimait pas).
  • Quand il a l'air heureux et vous non.
  • Quand il vous dit qu'il vous a vraiment aimé (alors qu'il ne vous l'a jamais dit pendant que vous étiez ensemble).


Bon, on arrête la caricature ? Toutes ces petites choses, on les pense évidemment, mais on sait, au fond de notre coeur, que les étiquettes, si rassurantes qu'elles soient, ne nous permettront jamais de connaître à fond la personne avec laquelle nous pensions faire notre vie. On se rassure, on blâme, on se moque, on brocarde, on regrette, mais c'est une vaine tentative pour comprendre ce qui ne souffre aucune explication.

Pour vous rassurer, ouvrez votre Gaffiot (prénommé Felix, vieux dictionnaire latin-français) et regardez deux minutes quelles sont les traductions qu'il donne du préfixe Ex :

  • "enlever"
  • "chasser"
  • "puiser"
  • "tirer"
  • "demander"
  • "apprendre"
  • "point d'où part une douleur, une maladie"
  • "point de départ", "immédiatement après"
  • "anciennement" et "ci-devant".


"Point d'où part une douleur", "apprendre", "point de départ", "immédiatement après"...
Tout est là. Y a-t-il besoin d'une autre conclusion ?

Bon vent !

mercredi 9 avril 2008

Boris Vian et moi...

C'est rigolo les plans cul sur internet. Les deux mecs se connectent, ils échangent des banalités : t'es comment, t'as quel âge, tu bouges ? tu reçois ? t'as une grosse bite ? t'es actif, passif ? tout ça quoi. Le rencart se fait. Il faut donner son numéro de portable, sinon, c'est mal. Le type n'a pas confiance, il ne bouge pas comme ça. Certes, il ne peut qu'être attiré par vos photos affriolantes et votre sens de la répartie extraordinaire (qui, sur internet, consiste à aligner le plus grand nombre possible de smileys originaux et éloquents... ; on a la rhétorique qu'on mérite...). Le mec, en face (mais vous aussi, de toute façon), se la joue hyper macho, aussi sensible qu'un éditorial de l'agence Tass (pour les plus jeunes, c'était en URSS quand il y avait deux Allemagnes, un peu après la guerre de Bouvines), aussi affectueux qu'un carburateur, parce que bon, il ne faut pas mégoter, il est là pour baiser, non mais alors quoi. Il ne faudrait pas en plus qu'il soit gentil. C'est donc un homme, un vrai, une hormone turgescente et décomplexée qui se présente chez vous. Vous, nigaude, vous proposez un verre d'eau. Vous entamez un début de conversation : il fait froid pour un mois d'avril, c'est rare la neige quand même au printemps, je ne sais pas si c'est bon pour les fuchsias, tu les rentres toi, tes fuchsias, l'hiver ? Bon, l'hormone est déjà à genou, il s'en branle des fuchsias, la ceinture dégrafée et les mains occupées, il vous explique qu'il ne s'est pas tapé toute la ligne 13 pour parler horticulture. Vous vous exécutez. C'est rondement mené.

Et puis...

Et puis...

Au moment de ne pas se dire au revoir. Il voit le livre de Boris Vian sur la table de nuit. Il vous demande si vous aimez, vous répondez oui. Il chantonne la java des bombes atomiques. Finalement, vous vous dites au revoir.

Parfois, derrière une paire de couilles et un trou du cul, il y a un petit coeur qui bat. Ne l'oubliez jamais...